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Condamné à 6 mois de prison ferme pour avoir appelé à un blocage
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le jeune Hedi, âgé de 28 ans, avait été interpellé à Port-La Nouvelle jeudi matin. Très actif au sein du mouvement des Gilets jaunes, il se présentait souvent comme un journaliste sur les ronds-points, n'hésitant pas à diffuser en direct la plupart des actions.

De tous les manifestants dits «Gilets jaunes» jugés devant le tribunal correctionnel de Narbonne, le cas d'Hedi est peut-être le plus atypique. Très impliqué au sein du mouvement, présent pendant de longues heures sur tous les ronds-points tous les jours depuis le 17 novembre, ce dernier avait fini par acquérir une «certaine notoriété» dans le Narbonnais, comme l'a rappelé le président du tribunal, Philippe Romanello.
Et pour cause, le jeune manifestant avait pris l'habitude de filmer des scènes de blocage et de se mettre en scène, n'hésitant pas parfois à se faire passer pour un journaliste.
Il était jugé hier devant le tribunal correctionnel de Narbonne pour des faits qui remontent au 2 et 3 janvier. Le mercredi, il lance un appel au blocage de la raffinerie de Port-La Nouvelle sur les réseaux sociaux, et le 3, au matin, il est arrêté par les gendarmes sur place, alors qu'il est encore en train de filmer.
Et c'est bien l'organisation d'une manifestation illégale qui a lui a longuement été reprochée après une analyse de son profil Facebook, de ses vidéos et des publications qu'il a partagées.«Ce message (posté le 2 janvier) donne l'impression que vous êtes au centre de l'information», lui indique le président du tribunal. «Il faut tenir face au CRS, ça veut dire quoi ? Vous pouvez concevoir que ce message soit ambigu ?», lui a-t-il encore lancé. «Je partage tout ce qui a trait aux Gilets jaunes», expliquera-t-il pour justifier certains posts sur Facebook de nature injurieuse envers les forces de l'ordre. «Tous ces messages peuvent avoir une double lecture. Entre ce que vous dites et les actes qui ont lieu derrière, il y a une différence», lui signifie le président du tribunal.
«J'ai été happé par ce mouvement», dira-t-il au début de l'audience, comme pour justifier ses actes. Craignant la décision des magistrats, le jeune homme a exprimé des regrets devant le tribunal. «J'ai déjà tout donné à ce mouvement. Je n'ai plus envie maintenant. En plus, nous avons obtenu des avancées».
Lors d'un réquisitoire très développé, la procureure de la République, Marie-Agnès Joly, a rappelé le «contexte de radicalisation du mouvement puisque le ministère public a été amené à exercer des poursuites contre des personnes se revendiquant des Gilets jaunes». «Il ne s'agit pas de lui reprocher le passage à l'acte (violences ou dégradations) mais bien la participation à un mouvement violent», a-t-elle encore indiqué. Comme l'avait fait le président, la procureure a aussi pointé le «double discours» d'Hedi. «Je ne touche pas une palette car je suis connu, mais en même temps il craint de se faire interpeller», signale-t-elle. Et d'évoquer les débordements et violences du péage de Croix Sud : «Quand on a vu qu'on pouvait aller aussi loin dans un mouvement, on n'attend pas d'être interpellé pour rentrer chez soi auprès de sa compagne».
Pour toutes ces raisons, la procureure a requis deux ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis et une interdiction de participer à une manifestation sur la voie publique pendant trois ans.
Pour la défense, Me Couturier a quant à elle souligné que le prévenu «ne comparait pas pour des faits de violences ou de dégradations» et que «ce n'est pas parce que des messages se trouvent sur sa page qu'il en est l'auteur».
Après délibération, le tribunal a condamné le jeune homme à six mois de prison ferme, le relaxant du chef de «participation à une association de malfaiteurs». Son maintien en détention n'a pas été ordonné. Il pourrait donc obtenir une peine aménageable auprès du juge des libertés et de la détention. Il s'est en revanche vu notifier une interdiction de participer à une manifestation sur la voie publique pendant trois ans.




