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Gilets jaunes : et maintenant la grève générale?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://www.lejdd.fr/Societe/gilets-jaunes-et-maintenant-la-greve-generale-3843467
La CGT appelle à une grève nationale le 5 février. De nombreux Gilets jaunes semblaient prêts à se rallier à cette idée.

Une grève générale pourrait avoir lieu le 5 février. (Reuters)
La CGT et le mouvement des Gilets jaunes vont-ils converger? La centrale syndicale a appelé le 18 janvier à une grève le 5 février et à "des manifestations" sur tout le territoire, pour répondre à l'"urgence sociale", réclamant de nouveau une hausse du Smic et une réforme de la fiscalité. Cette date est également plébiscitée par de nombreux Gilets jaunes pour l'entame d'une grève générale. Dans le détail, la CGT "appelle à tenir des assemblées générales, sur tous les lieux de travail et dans tous les secteurs professionnels, pour réussir la grève et les manifestions" le 5 février "et débattre des suites à construire dans la durée".
La CGT appelle ainsi à "construire un rapport de force, notamment par la grève, pour imposer au patronat la redistribution des richesses". Elle réclame une augmentation du Smic, une suppression des aides publiques aux entreprises (CICE, exonérations) de même qu'une réforme de la fiscalité avec une refonte de l'impôt sur le revenu.
Un soutien utile juridiquement
Sur les groupes Facebook des Gilets jaunes, cet appel à la grève semblait convaincre certains partisans du mouvement, alors que pendant longtemps tout rapprochement avec les syndicats paraissait exclu. L'une des figures des Gilets jaunes, Eric Drouet, a ainsi partagé mardi une affiche appelant à une "grève générale illimitée à partir du 5 février 2019". Toute mention de la CGT a toutefois été retirée.

Le soutien de la CGT s'avère pourtant bien utile d'un point de vue juridique. En effet, tout salarié d'une entreprise privée peut utiliser son droit de grève mais il ne peut pas le faire seul "sauf s'il accompagne un appel à la grève lancé au niveau national [par un syndicat]", comme l'explique le site service-public.fr. Un appel lancé uniquement sur Facebook par les Gilets jaunes n'aurait ainsi pas permis aux salariés d'obtenir une protection juridique. Comme l'explique le site service-public.fr, "le salarié participant à un mouvement illicite n'est pas protégé par le droit de grève. Il risque une sanction disciplinaire et peut être licencié sans que l'employeur ait à prouver une faute lourde."
Divergences dans le mouvement
Dans le groupe Facebook "La France en colère" (300.000 membres), des internautes s'interrogeaient toutefois sur l'opportunité de s'associer à un syndicat pour cette grève. "La CGT a ses propres revendications, qui défend les nôtres??", se demande Jessy. D'autres s'inquiètent d'un éventuel échec de la mobilisation. "Une grève générale n’est pas possible car pour y arriver il faudrait être des millions ou bien tout le peuple français entier et ce n’est pas le cas", remarque Nicolas. "J’ai peur qu’il n’y ait pas assez de monde et que ça nous discrédite", estime Yasser.
Mais plusieurs partisans du mouvement faisaient part aussi de leur enthousiasme : "Les gens me font rire. Ils se plaignent que les samedis ne servent à rien... On leur propose une vrai grève avec un vrai impact mais non on se plaint encore", s'indigne Fred. "Il était temps que ça arrive", affirme "Kals". Un sondage diffusé samedi soir sur le groupe Facebook montrait que l'idée d'une grève générale était classée 6e par les membres de "La France en colère".
Cette proposition ne fait en tout cas pas l'unanimité dans tout le mouvement. Maxime Nicolle s'est, lui, toujours opposé à une alliance avec les syndicats, comme il l'a de nouveau rappelé la semaine dernière dans un Facebook Live. "On n'arrête pas de demander une grève générale. Mais pour cela, il faudrait que les syndicats s'en mêlent et on ne veut pas de syndicats puisqu'ils vont vouloir tirer leur épingle du jeu et prendre un billet au passage [sic]. Donc c'est un peu compliqué." Sur son groupe Facebook "Fly Rider infos blocage" (160.000 abonnés), aucun post ne promouvait mardi l'idée d'une grève générale.




