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Un maire qui instaure un minimum social garanti
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le maire écologiste de Grande-Synthe Damien Carême revient lundi sur franceinfo sur sa décision de faire voter l'instauration d'un minimum social garanti en conseil municipal pour les 1 500 habitants de sa commune qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

"Je pense que l'appel au secours des gilets jaunes doit nous inciter à réfléchir et à mettre en œuvre ce genre d'action", explique le maire écologiste de Grande-Synthe Damien Carême lundi 25 février sur franceinfo, qui va faire voter l'instauration d'un minimum social garanti en conseil municipal en mars pour verser 100 à 400 euros aux 1 500 habitants de sa commune qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté de 855 euros, pour un coût annuel de 2 millions d'euros.
franceinfo : Quelle est la différence entre ce minimum social garanti que vous instaurez et le revenu de base ?
Damien Carême : Ce n'est pas un revenu parce qu'une collectivité n'a pas les moyens de verser un revenu. Le revenu de base, pour moi, il doit être beaucoup plus important, il doit être de 1 500 euros par adulte, par unité de consommation, pas 855 euros, donc c'est une grosse différence pour mettre en place un revenu de base. Et j'avais dit que j'étais candidat à l'expérimentation dans ma ville à ce revenu de base. Il faut que tout le monde s'y mette, que les départements, que l'État, que l'ensemble des partenaires s'y mettent. Une ville seule ne peut pas mettre en place un revenu de base.
Ce minimum avait déjà été mis en place à Grande-Synthe, dans les années 1980. Qu'est-ce que cela avait donné ?
Oui, c'est mon père qui l'avait mis en place en 1981, il avait déjà mis ça en place avant la naissance du RMI et d'ailleurs la mission Rocard, avant de créer le RMI, était venue à Grande-Synthe voir comment cela se passait. C'est un dispositif qu'on réactive aujourd'hui parce que j'ai 17,6% des foyers de ma ville qui sont sous le seuil de pauvreté bas depuis des années et que c'est une situation qui ne peut plus durer. Je pense que l'appel au secours des gilets jaunes doit nous inciter à réfléchir et à mettre en œuvre ce genre d'action. Je pense que ça permet à beaucoup de foyers de vivre dignement, de ne pas avoir à pousser la porte des CCAS (Caisse centrale d'activités sociales) toutes les semaines ou tous les mois parce qu'ils ont une facture qui arrive et qu'ils ne peuvent pas la payer parce qu'ils ont leur frigo qui est vide et qu'il ne savent pas quoi donner à leurs enfants le lendemain. Donc dans une France qui n'a jamais été aussi riche qu'elle l'est aujourd'hui, je pense que le problème de la répartition des richesses est posé et qu'il faut qu'on vienne en aide à ces personnes, c'est ce que dénoncent de nombreuses associations auxquelles les villes peuvent répondre aujourd'hui.
Que répondez-vous à ceux qui disent que cela encourage l'assistanat ?
C'est faux. Toutes les études montrent que là où il y a eu des tests, par exemple du revenu de base, que les gens se formaient, étaient beaucoup plus actifs. Vous savez, quand on ne sait pas comment survivre, dans leur situation, c'est difficile de demander à ces personnes de s'engager dans une formation, de s'engager dans ce dispositif. Là, du coup comme ils viendront nous voir au CCAS pour mettre en œuvre cette allocation, on pourra engager un travail social d'accompagnement dans l'insertion sociale et professionnelle de ces personnes et cela va vraiment leur permettre de sortir de cette angoisse sociale, que l'on a du mal à imaginer quand on n'est jamais allé dedans, à quel point elle est paralysante pour une insertion.




