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Chez Comdata, les salarié·e·s réclament «la prime gilets jaunes»
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Par Pierric Marissal
Pour protester contre le refus de la direction de leur verser cette prime, des téléopérateurs de plusieurs villes de France vont arrêter le travail cette semaine, avec le soutien des gilets jaunes.
Dans les centres d’appels, la prime Macron est aussi appelée «prime gilets jaunes», car elle a été créée à la suite du mouvement. Raison pour laquelle les téléopérateurs ont décidé de se mobiliser avec leurs amis des ronds-points, solidaires de leur lutte. Ainsi, dans plusieurs villes de France, ils vont débrayer et manifester cette semaine. Pour des raisons d’organisation, ils préfèrent pour l’heure garder secret le jour choisi. Au moins quatre centres d’appels dans des villes différentes devraient être mobilisés.

À l’annonce de la création de la «prime Macron», les syndicats de Comdata, numéro 3 des centres d’appels en France, en pleine croissance, ont directement demandé à la direction d’en faire bénéficier les salarié·e·s. Celle-ci a répondu qu’elle allait y réfléchir mais n’a ouvert aucun espace de dialogue et n’a pas consulté les représentants du personnel. Le directeur du groupe a fini par envoyer, fin février, un e-mail à chaque salarié·e, dans lequel il écrivait: «Je suis conscient des difficultés rencontrées par un certain nombre de nos collaborateurs mais je ne pense pas qu’une prime uniforme y réponde de manière satisfaisante.» Une réponse qui a suscité colère et incompréhension.
«C’est vraiment ce passage qui a poussé les salariés à prendre la décision de débrayer», explique Anousone Um, délégué syndical SUD de l’un des centres d’appels nouvellement acheté par Comdata. Le directeur «reconnaît que les salarié·e·s font un boulot difficile, payé entre 800 et 1200 euros, ce sont beaucoup de mères isolées, en temps partiel ou en intérim, des gens vraiment précaires.
Une prime, ne serait-ce que de 100 euros, c’est beaucoup quand on est au Smic, et il peut largement se le permettre. Pour moi c’est une forme de mépris, à l’image de Macron, «vous pouvez parler, mais on ne vous entend pas, nous disent-ils!» s’indigne le délégué syndical.
Dans le même domaine d’activité, plusieurs entreprises ont pourtant versé ces primes: Téléperformance, 600 euros, Altice France, 1000 euros, BlueLink 400 euros, Mondial Assistance, 1000 euros… «Macron a créé une véritable attente dans certaines entreprises comme la nôtre où cette prime aurait vraiment été utile aux travailleurs. Elle a cristallisé des attentes et renforcé un sentiment d’injustice qui était déjà là, d’autant que certains groupes du secteur l’ont versée et d’autres non», analyse le syndicaliste.
Un élan de solidarité sur les ronds-points
Plusieurs représentants du personnel des centres d’appels de Comdata, sur leur temps personnel, étaient mobilisés sur les ronds-points, depuis plusieurs semaines. Ils ont partagé, échangé avec les gilets jaunes, porté le fait que les grands groupes qui font des millions en exploitant l’humain doivent aussi être au cœur des revendications des gilets jaunes. Et lorsque les salarié·e·s de ces centres d’appels ont parlé de leurs difficultés, de leurs salaires et conditions de travail, et du refus de leur patron de leur verser la prime, cela a créé immédiatement un élan de solidarité sur les ronds-points. «Cela s’est organisé tout simplement, en fait, tout naturellement, à force d’être ensemble depuis plusieurs semaines, une solidarité s’est créée et plusieurs gilets jaunes dans plusieurs villes ont décidé de venir soutenir les salariés lors de leur débrayage», raconte Anousone Um.
Comdata est un prestataire de services implanté dans plusieurs secteurs, mais il est particulièrement présent dans le domaine des télécoms en France puisque, avec le rachat récent et houleux d’un centre d’appels à Free – Mobipel –, il est sous-traitant des quatre opérateurs français. Le groupe affiche l’ambition de devenir le numéro 1 mondial du centre d’appels. Il réalise déjà plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en France et se développe à grande vitesse en Europe.
«Et, pour atteindre ce but, la stratégie est de rogner au maximum les “coûts humains”, on est à l’extrême limite basse du droit du travail, ils assument être un prestataire très low cost, et faire un maximum d’économies de bouts de chandelle», déplore Anousone Um. Par exemple, lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), il n’a pas été décidé d’augmentation collective, seulement des enveloppes fixes, centre d’appels par centre d’appels, ce qui ampute dramatiquement la marge d’action des syndicats. (Publié dans L’Humanité, le 4 mars 2019)




