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La contestation anti-gouvernementale s'intensifie au Koweït
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les groupes de l'opposition, réunis en milieu de journée, devraient appeler à de nouvelles protestations après la brutale dispersion par la police de manifestants qui protestaient contre un amendement de la loi électorale, a indiqué à l'AFP un ex-député de l'opposition, Abdallah al-Barghash.
"Nous poursuivrons nos protestations et nos manifestations jusqu'à ce que nos revendications soient réalisées", a-t-il dit.
Plus de 100 manifestants et onze policiers ont été blessés dimanche soir à Koweït lorsque la police anti-émeutes a fait usage de gaz lacrymogène, tiré des bombes assourdissantes et des balles en caoutchouc.
La manifestation était "la plus importante de l'histoire du Koweït", selon des militants de l'opposition qui ont affirmé qu'elle comptait 200.000 participants, un chiffre ramené à 30.000 par des sources indépendantes. La police n'a pas fait d'estimation.
"Malheureusement, nous nous dirigeons vers l'inconnu. Je m'attends à de nouvelles protestations, à davantage de manifestations et de confrontations", a estimé l'analyste koweïtien Ayed al-Manna.
"Le régime peut déclarer la loi martiale, ce qui conduirait à une confrontation ouverte entre le régime et le peuple", a dit à l'AFP ce professeur de sciences politiques.
L'opposition avait appelé à manifester dimanche soir pour protester contre la décision de l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, d'amender la loi électorale avant les élections législatives anticipées du 1er décembre. Elle redoute que cette nouvelle loi permettre aux autorités de manipuler le scrutin.
"Nous sommes entrés dans une nouvelle phase où les jeunes jouent un rôle central dans l'opposition", selon Dahem al-Qahtani, un analyste indépendant.
"En l'absence d'une solution pacifique, nous pourrions aller vers un scénario similaire à celui de Bahreïn", a-t-il déclaré à l'AFP, en référence aux manifestations sporadiques mais persistantes contre la famille régnante dans ce petit royaume du Golfe.
"A ce stade, il est très difficile, voire impossible pour le mouvement populaire de faire marche arrière. La solution réside dans de véritables réformes démocratiques", a-t-il souligné.
En 1962, le Koweït a été le premier pays arabe dans le Golfe à se doter d'une Constitution et opter pour une démocratie parlementaire, jugée souvent incomplète car l'émir et sa dynastie jouissent de larges pouvoirs.
Des crises politiques à répétition ont conduit à la dissolution du Parlement à neuf reprises, dont six depuis la mi-2006.
L'opposition, formée d'islamistes, de nationalistes et des libéraux, réclame des réformes démocratiques de fond pour réduire l'emprise des Al-Sabah sur les rouages de l'Etat.
Elle souhaite notamment un gouvernement élu, de nouvelles lois pour lutter contre la corruption, et la légalisation des partis pour parvenir à une forme de monarchie constitutionnelle.
Les différends politiques ont entravé le développement de l'émirat malgré des réserves en devises de plus de 400 milliards de dollars, tirées de ses recettes pétrolières.
Mais les analystes s'accordent à souligner que l'opposition ne cherche pas à renverser la dynastie des Al-Sabah, au pouvoir depuis plus de 250 ans.
"Cela est totalement exclu. Personne n'a appelé à renverser le régime ou à changer la famille régnante", a dit M. Nanna.
L'opposition oeuvre pour une "monarchie constitutionnelle" où le peuple aura son mot à dire dans les affaires publiques et luttera contre "une monarchie absolue", a renchérit M. Qahtani.




