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Les écoles de corrida piquées mais pas coulées
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://www.liberation.fr/france/2019/04/07/les-ecoles-de-corrida-piquees-mais-pas-coulees_1719969
Attaqués en justice, trois centres de formation viennent d’obtenir le droit de continuer d’enseigner à des mineurs. Les opposants, qui dénoncent «des tueries à l’abri des regards», vont aller devant le Conseil d’Etat.
Alors que la saison des ferias va bientôt battre son plein, les anti-corrida affûtent leurs armes. Et c’est dans les écoles de tauromachie qu’ils comptent bien planter leurs piques, même si jusqu’à présent, ils ont manqué leur cible. Le Comité radicalement anti-corrida Europe pour la protection de l’enfance (Crac Europe) vient en effet d’essuyer un nouvel échec dans ses tentatives visant à interdire ces écoles aux mineurs.
Saisie en appel au terme d’une longue procédure judiciaire, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté le 18 mars la requête du Crac. Celle-ci visait trois écoles taurines, situées à Nîmes, Arles et Béziers. Les anti-corrida faisaient notamment valoir que la violence des activités enseignées dans ces écoles portait atteinte à l’intérêt des enfants, et qu’apprendre la tauromachie les encourageait à commettre des actes de cruauté envers les animaux.
«Vraie boucherie»
En outre, le Crac estimait que si les corridas bénéficient d’une exception à la loi sanctionnant de tels actes de cruauté, cette dérogation ne peut s’appliquer aux écoles taurines. Autant d’arguments balayés par le tribunal : celui-ci estime que la thèse selon laquelle la violence des activités enseignées dans ces structures porte atteinte aux enfants n’est «pas suffisamment étayée». Pas plus que celle soutenant que les élèves sont «directement confrontés à de la maltraitance animale voire une mise à mort». Quant à la légitimité de ces écoles au regard de la loi, elle ne ferait aucun doute.
Pour Didier Bonnet, président du Crac, ce jugement ne constitue pas un échec total : «Il laisse entendre que les écoles taurines ne sont tolérées qu’à condition qu’aucun fait de maltraitance animale ne s’y déroule. Mais nous savons que des élèves se font la main sur des veaux ou de jeunes taureaux dans des arènes privées. C’est une vraie boucherie, un massacre. Nous allons poursuivre notre action en Conseil d’Etat.»
C’est donc sous l’angle de la protection de l’enfance que les mouvements anti-corrida entendent désormais désarçonner la tauromachie. En mai 2018, à Nîmes, l’Alliance anti-corrida s’était ainsi attaquée à une exposition itinérante dédiée à la tauromachie, et à laquelle de jeunes écoliers étaient conviés. La Fédération des luttes pour l’abolition des corridas (Flac) a quant à elle envoyé en mars un manifeste à tous les députés et sénateurs afin d’interdire les arènes aux moins de 16 ans.
La France compte six écoles taurines, réunissant une cinquantaine d’enfants (dès 8 ans, voire 6 ans). Les collectivités territoriales n’hésitent pas à encourager leurs activités : la mairie de Béziers alloue ainsi 30 000 euros par an à son école taurine, laquelle est dirigée par un adjoint du maire, Robert Ménard. De même, le Centre français de tauromachie (CFT), qui se présente comme «la première et la plus importante» des écoles taurines, s’est vu octroyer 15 000 euros par la ville de Nîmes et 9 000 euros par la région Occitanie en 2018. Durant leur formation, les élèves sont amenés à s’entraîner sur des animaux. Le site internet du CFT explique que des entraînements mensuels se font «avec bétail», et que des «mises à mort en privé» pratiquées par des élèves se déroulent le week-end.
Le Centre de tauromachie de Nîmes propose lui aussi des entraînements publics ou privés «avec bétail». Sa présidente, Brigitte Dubois, précise toutefois qu’«avant 16 ans, on ne peut pas tuer un taureau en public» (1). Mais pour Thierry Hély, président de la Flac, les entraînements sanglants débutent bien plus tôt : «L’association No corrida vient de prouver qu’Andy Younès, matador de 21 ans, a tué son premier veau à 13 ans. Ces tueries se déroulent dans des manades privées, à l’abri des regards.» Une pratique que ne nie pas André Viard, président de l’Observatoire national des cultures taurines : «Il n’y a pas de règle. Les jeunes se retrouvent face à du bétail de taille proportionnée quand ils sont prêts à le faire. C’est une question de talent et de capacité.»
«Banderilles»
Le collectif Protégeons les enfants des corridas, qui réunit 115 psychiatres et psychologues, se bat quant à lui pour interdire la présence d’enfants dans les arènes. «Le risque de traumatisme est plus important pour ceux qui sont amenés à une corrida par leurs parents que pour ceux qui choisissent de toréer, estime le docteur Jean-Paul Richier, initiateur du collectif. Mais il y a quelque chose de bizarre, et aussi d’un peu inquiétant, dans le fait qu’un enfant aime planter des banderilles dans des veaux et les tuer.»
(1) La Gazette de Nîmes, 7 mars 2019.




