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Un proche de Macron prend la tête de GE France en pleine restructuration
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ancien conseiller industriel d'Emmanuel Macron au ministère de l'Economie, Hugh Bailey devient patron de GE France, qui a racheté la branche énergie d 'Alstom en 2015. Une nomination qui pose question au moment où l'Américain s'apprête à supprimer des centaines de postes à Belfort.
La nouvelle risque de faire du bruit de Belfort à Paris : un proche d’Emmanuel Macron vient d’être nommé directeur général de GE France, au moment où la filiale du géant américain qui a racheté la branche énergie d’Alstom en 2015 est en pleine restructuration avec des centaines de suppressions de postes à la clé. Il s’agit d’Hugh Bailey, 39 ans, actuellement directeur des affaires publiques de GE France, qui remplace à ce poste Corinne de Bilbao. Cette dernière «a décidé de quitter le Groupe pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière», a indiqué le groupe interrogé par Libération.
Hugh Bailey, qui a rejoint GE en 2017, a la particularité d’avoir été conseiller pour les affaires industrielles et le financement à l’export au sein du cabinet d’Emmanuel Macron lorsque ce dernier était Ministre de l’Economie du gouvernement Valls entre l’été 2014 et l’été 2016. A l’époque, Emmanuel Macron avait piloté la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, après avoir suivi le dossier de très près lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée auprès de François Hollande.
De Bercy à GE
Haut fonctionnaire pendant de plus de 10 ans au sein de l’administration, ingénieur, titulaire d’un master en finance d’entreprise à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Paris, Hugh Bailey a suivi un cursus à l’Ecole nationale d’administration (ENA). Il a notamment travaillé à la Direction générale de l’armement (DGA), avant de passer à la Direction générale du trésor et de rejoindre le cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy. A ce titre, il a géré de gros dossiers industriels et sociaux. Son arrivée à la tête de GE France est une nouvelle illustration de la pratique très critiquable des «portes tournantes» qui voit régulièrement des hauts fonctionnaires atterrir à des postes de responsabilités bien rémunérés dans le privé. Mais dans le cas d’Alstom-GE, elle pose question: «celui qui a piloté la vente catastrophique d’Alstom à GE va être aussi celui qui va être chargé de dépecer ce qui reste de la branche énergie d’Alstom», s’insurge un représentant syndical de GE France. Pour lui, le départ de Corinne de Bilbao montre «qu’un certain nombre de dirigeants du groupe quittent le navire pour ne pas avoir à assumer le plan social à venir».
Saignée à venir à Belfort
Mais il sera peut-être encore plus délicat pour Hugh Bailey d’assumer ce qui se prépare, compte tenu de son CV d’ancien conseiller d’Emmanuel Macron. GE France est en effet en train de procéder à une restructuration drastique de ses activités dans l’énergie : après 700 départs volontaires négociés dans différentes activités du groupe via la nouvelle rupture conventionnelle collective (RCC) mise en place par le gouvernement d’Edouard Philippe, la filiale française du conglomérat américain s’apprête à annoncer un lourd plan social dans sa branche turbines à gaz : comme l’a révélé Libération, près de 800 postes seraient menacés à l’usine de Belfort qui emploie 1 900 salariés.
Selon nos informations, un comité d’entreprise extraordinaire prévu dès le 30 avril à Belfort pour lancer le processus d’information des représentants des salariés sur ce lourd plan social qui débouchera forcément sur des licenciements secs. La mission d’Hugh Bailey est sans doute d’accompagner au mieux cette saignée sans précédent dans l'ancienne usine d'Alstom, en liaison étroite avec le gouvernement et le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Mais c’est «un pompier pyromane de Macron qu’on nous envoie», s’étrangle le syndicaliste interrogé par Libération. Pour aider à la reconversion du site et des salariés qui vont perdre leur emploi, l’Etat peut compter sur le chèque de 50 millions d’euros qu’a dû signer GE pour ne pas avoir créé les 1 000 emplois en France promis au moment du rachat d’Alstom en 2015. Mais ce ne sera sans doute pas suffisant pour calmer la colère des salariés et des élus de la région qui pointent directement la responsabilité passée et présente d’Emmanuel Macron dans ce désastre industriel et social annoncé.




