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La reprise des ronds-points par les gilets jaunes est un symbole plus qu’un tournant
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Pour le 25e acte des gilets jaunes, le mot d’ordre appelant à retourner sur les ronds-points n’a été que partiellement suivi. Entre pressions des forces de l’ordre, accumulation des manifestations dans la même semaine et attirance irrépressible pour les défilés en centre-ville le samedi, les nœuds routiers n’ont été investis que par une petite partie des gilets jaunes.
« Le 4 mai, reprenons les villes et les ronds-points pour retrouver le goût d’une vie décente, ensemble sur une planète vivable », proposait au mois d’avril un texte signé par plusieurs groupes de gilets jaunes parmi lesquels ceux de Caen et de Rungis. L’idée a fait son chemin et a été reprise un peu partout sur le territoire. Ainsi, le premier samedi du mois de mai est devenu un rendez-vous où la fumée des barbecues aurait pu remplacer celle des gaz lacrymogènes. Avec l’arrivée des beaux jours, la question de se réinstaller là où le mouvement avait puisé sa force mi-novembre s’est imposée comme une façon de reprendre de la puissance.
Mais le 4 mai n’a pas été un 17 novembre bis. Alors que pour leur premier acte, les gilets jaunes avaient créé la surprise avec plus de 2000 points d’occupation, pour ce 25e samedi de mobilisation, tout au plus quelques centaines de ronds-points ont été investis. Entre temps, cinq mois et demi de contestation sont passés par là, 2000 manifestants ont été blessés, 8000 interpellés et 1800 condamnés selon les chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur au mois de février. Bien plus aujourd’hui dans la mesure ou une dizaine d’actes supplémentaires ont eu lieu depuis cette date.
Un mouvement encore populaire sur les ronds-points
Difficile de faire le décompte exact du nombre de ronds-points ou autres espaces investis ce week-end. Y a-t-il eu 100 ou 200 occupations, voire 300 ? En tout cas, dans la presse locale et sur les réseaux sociaux, des installations de gilets jaunes sont signalées dans de nombreux départements, quelques fois plusieurs dans un même département. À chaque fois quelques dizaines de personnes, parfois plus comme sur le rond-point des Vaches dans la région rouennaise ou sur ceux de Pau ou de Près-d’Arènes à Montpellier où environ 150 personnes se sont relayées toute la journée. Un peu partout, le soutien reste vivace. Malgré ou à cause de l’absence de blocage, les coups de klaxon en signe de sympathie envers le mouvement représentent facilement une voiture sur deux.
Dans certaines localités, les occupations ont été rendues difficiles ou impossibles. Dans le Tarn-et-Garonne un arrêté préfectoral interdisait toute manifestation sur les deux ronds-points où les gilets jaunes comptaient visionner le film J’veux du soleil, réalisé par François Ruffin. Même interdiction sur le rond-point des Vaches à côté de Rouen. À Nice, les gilets jaunes ont abandonné leur projet d’installation, plusieurs véhicules de gendarmerie s’étant positionnés sur l’espace qu’ils convoitaient. À Lavérune dans l’Hérault, les manifestants auraient jugé ne pas être assez nombreux pour braver les demandes des gendarmes de quitter les lieux, selon les dires d’un gilet jaune. Sur le rond-point de Lorraine à Colmar, c’est la cabane devant servir d’abri qui a été incendiée dans la nuit de vendredi à samedi.
Mais au-delà des diverses pressions, une grande partie des manifestants sont restés aimantés aux défilés dans le centre des grandes villes, même si leur nombre a sensiblement baissé. Après un premier tour de ville à Montpellier, le cortège réunissant environ 1500 personnes a pris la direction du rond-point occupé de Près-d’Arènes, avant de rebrousser chemin en cours de route. Dans celui-ci, la plupart des manifestants n’étaient pas allés sur les lieux d’occupation de la journée. Ainsi, la reprise des ronds-points a bel et bien existé ce 4 mai, mais elle a été partielle et temporaire. Elle a été une façon pour une partie des gilets jaunes d’exprimer ce qu’ils chantent à longueur de manifestation : On est là ! Ce, malgré bientôt six mois de mobilisation.




