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Sur les résultats français des élections européennes
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
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A entendre que la participation a augmenté, on en oublierait presque que l’abstention est majoritaire, à près de 49% ! – et que le sentiment «anti-Macron» de mécontentement et de souhait de lutte sociale directe reste le fait politique majeur.
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Comme prévu, cette élection ne pouvait servir de «référendum anti-Macron». Toutefois Macron a eu peur d’être trop loin derrière le RN. En ce sens, le fait que le RN soit nettement en tête est une relative défaite pour Macron, relative défaite dont il est lui-même l’auteur, prouvant que sa fausse posture de «rempart» n’est qu’une lamentable ligne Maginot. Quant à Marine Le Pen, son intérêt immédiat est la préservation d’Emmanuel Macron au pouvoir, tant qu’une autre alternative politique, construite pour représenter le sentiment majoritaire et affrontant capital et État, n’existe pas.
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Dans l’éventail large des partis capitalistes, le principal perdant est LR. Le très faible score de l’ancien parti historique et central de la V° République, à 8,5% (ainsi que le faible score de l’UDI à 2%), est lourd de signification et il accentue la nécessité, pour Macron, de structurer un appareil politique national disposant d’une base de masse, qui soit autre chose qu’une start-up de clients et d’affairistes. Deux ans après son élection et un an après l’ouverture de l’«affaire Benalla», ce n’est toujours pas fait.
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Dans ce même éventail, le principal gagnant est EELV. Comme les Grünen allemands viennent de passer largement devant le SPD, un axe «écologiste» franco-allemand d’un poids politique potentiel certain peut se constituer. Les guillemets sont de rigueur à «écologistes» car, même si la préoccupation écologique est présente dans leur électorat (comme dans d’autres), il s’agit fondamentalement de partis capitalistes, favorables à la destruction des droits sociaux et des services publics, sorte de réplique du macronisme.
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L’ancien électorat de gauche d’avant 2017 n’a pourtant pas disparu. Largement présent parmi les abstentionnistes, il se retrouve en outre dispersé parmi les votants EELV, PS-Place publique, LFI, Génération.s, PCF, LO. Mais leur total de 32% ne peut pas être unifié politiquement, en tout cas pas sur la base de ses composantes actuelles, mais sur celle de l’affrontement social qui constitue la toile de fond réelle de ces élections (une étude fine des résultats montrerait sans doute, en outre, que les secteurs de l’électorat PS qui s’étaient portés sur Macron au premier tour en 2017 se sont sans doute reportés sur EELV cette fois-ci).
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Il est à noter que, si les partis issus du mouvement ouvrier sont considérablement affaiblis et, concernant le PS, profondément décomposé et déstructuré, leurs scores indiquent qu’il faut rester prudent sur tout pronostic concernant leur disparition. La liste PS-Place publique, dont «Place publique» était l’habillage mais dont le contenu était le PS, fait 6,7% (score très faible en soi mais à présent perçu comme une «remontée»!), Générations.s faisant 3,4%. Le PCF a connu une dynamique de campagne qui a donné l’impression aux franges militantes qui se reconnaissent en lui ou en sont proches d’une sorte de «remontada», bien faiblement confirmé par le résultat (2,3%), offrant le paradoxe d’un parti existant réellement, mais sans influence de masse.
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Le résultat de LFI, 6,7% (et la symbolique de sa quasi égalité avec le PS), est clairement perçu par ses membres, par son propre électorat, et par la tonalité de la déclaration vespérale de J.L. Mélenchon, comme un échec pesant. Il n’a pourtant rien de surprenant et il aurait pu être pire, le style classiquement «gauche» de Manon Aubry ayant au moins préservé l’électorat le plus traditionnel et le moins «populiste» – et le bilan politique demandera une étude fine sur la proportion de votes RN, dont nous ne pouvons dire à ce stade si elle est significative ou non, qui sont venus de l’ancien électorat LFI formé par la ligne politique «populiste» et le soi-disant «référendum anti-Macron» à la Le Pen/Kotarac. Que des militants soient déçus indique à quel point les représentations mythiques les ont dominés, mais le mur des réalités est là, et c’est toujours du réel qu’il faut partir pour aller à l’idéal … Comme nous l’avions expliqué, la tentative de construire un mouvement «populiste» rompant avec le mouvement ouvrier a échoué. Elle n’a fait que retarder et contrarier la lutte politique massive qui serait nécessaire pour construire une représentation politique des luttes sociales réelles actuellement majoritaires …
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Nous ne devons surtout pas faire l’impasse sur le fait que, même s’il ne s’agit pas du phénomène généralisé et massif parfois dépeint, des collègues, camarades et citoyens révoltés et engagés à tel ou tel moment, avec une forte implication, dans les affrontements sociaux qui dominent la situation présente, ont voté RN souvent en admettant que ce parti ne les représente pas et ne les défend pas. C’est là un signal d’alerte, car jamais le désespoir ne peut fournir la base d’une politique.
La lutte des classes est là, devant nous : Macron pensant avoir dépassé l’étape de crise pré-révolutionnaire de ces derniers mois va entreprendre de casser la fonction publique et les retraites, la recherche de la lutte unie et centralisée contre lui va repartir de plus belle.




