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Barcelone. Ada Colau reconduite maire avec l’appui de Valls ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Par ce reniement des propos qu'elle avait tenus pendant la campagne municipale sur les "lignes rouges" à ne pas franchir, cette figure emblématique de la gauche dite d'alternative signerait qu'elle rentre dans le rang : celui initié, depuis quelque temps, par Podemos, des accommodements électoralistes avec le système et ses représentants (PSOE, Ciudadanos).
Ada Colau choisit d'être reconduite maire de Barcelone contre l'indépendantiste arrivé en tête à l'élection municipale du 26 mai ! En sachant que ce choix ne deviendra réalité que parce que Manuel Valls portera sur elle ses suffrages dans le but clairement exprimé par lui : faire barrage, par tous les moyens, à un indépendantiste ! (lire l'article de Ludovic Lamant sur ce site : A Barcelone, la maire sortante Ada Colau ne rejette pas le soutien de Manuel Valls )

Cliquer ici
La décision de Ada Calau, en connaissance de cause, à savoir le choix anti-indépendantiste vallsien, est, quoiqu'elle et son parti, Barcelona en Comú disent, un reniement complet de leur position adoptée jusqu'ici en Catalogne : le ninisme (ni indépendance ni article 155) lors des évènements de 2017 mais aussi le droit d'autodétermination et la demande de libération des prisonniers politiques catalans. Or Valls et son parti, Ciudadanos, étaient et sont toujours pour l'instauration du 155 contre les institutions représentatives de la Catalogne, ils ont défilé ensemble avec l'extrême droite et défendent un nationalisme espagnoliste intégriste, ils sont partisans de la monarchie corrompue en place et sont soutenus par le patronat espagnol. Pour faire passer la pilule, cette gauche se réclamant de l'éthique et du changement radical a recours à la rhétorique du "nous on ne demande rien à Valls et à Ciudadanos, leur vote ne nous regarde pas et ne nous oblige à rien envers eux". Hypocrisie et enfumage sans nom qui ne peuvent faire oublier que leur maintien à la mairie de Barcelone se fera par un baiser de la mort avec ce que le système connaît de plus réactionnaire en Espagne (et nous savons en France qui est Valls). Sans parler que leur majorité restera à la merci de ces appuis de droite !
Ada Colau abandonne un ni-ni déjà scandaleux en soi mais en plus en recourant à un non-non à Valls (éventuellement à un PSC aligné sur Valls sur la question catalane) dont tout le monde décode que c'est un oui-oui aux pires ennemis du peuple catalan !
Ce positionnement aberrant s'inscrit ouvertement dans la stratégie du pouvoir central espagnol qui consiste à poser tous les obstacles possibles à l'autodétermination catalane et à criminaliser cette volonté de souveraineté populaire. Il s'inscrit aussi dans la faillite générale (sanctionnée par une débâcle électorale le 28 avril et le 26 mai : lire ici) (1) de la mouvance Podemos-Izquierda Unida qui en sont à quémander leur entrée au gouvernement de Pedro Sánchez, lequel n'hésite pas à faire des alliances locales avec Ciudadanos, rencontre Macron pour le déclarer son allié principal dans l'UE dont il approuve la politique antipopulaire et confirme sa volonté de casser l'indépendantisme catalan à l'unisson avec la droite et l'extrême droite.
L'Espagne nous confirme paradigmatiquement ce qu'il en coûte de croire aux contes de fée des populistes de gauche qui cherchent à s'approprier les dynamiques populaires comme le mouvement des Indigné-es (11-M) pour les rabattre sur un terrain électoral où ils finissent par composer avec ceux et celles qu'ils présentaient comme leurs ennemi-es.
A méditer en-deçà des Pyrénées... vous savez, en pensant à ceux et celles qui ont mené la campagne des Européeenes avec les Podemos, Izquierda Unida et en faisant l'éloge du modèle Ada Colau (ou Manuela Carmena à Madrid). Il n'est jamais trop tard pour cesser de prendre des vessies pour des lanternes ! Mais gaffe, la droite (y compris la gauche de droite à l'espagnole) et l'extrême droite avancent leurs pions contre les peuples.
(1) Dans cet article j'écrivais ceci : "les mairies conquises en 2015 (dont, on l’a vu, celle de Madrid mais aussi celle de Barcelone – sauf alliance inattendue avec le PSC et aussi, contre-nature s’il en est, avec Ciudadanos ! -) sont perdues." Alliance inattendue et contre-nature !




