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Charles Hoareau: Unir la gauche ?

Brève publiée le 18 juin 2019

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://ancommunistes.org/spip.php?article1365

De quelle gauche parle t-on ? S’unir sur quelles bases et pourquoi faire ?

Nous vous soumettons ici la contribution à ce débat de Charles Hoareau, président de l’ANC, mais comme il n’est pas, comme le pape, infaillible, nous vous proposons de participer à ce débat en vous inscrivant sur notre site. De la confrontation d’avis, d’opinions divergents permet de révéler la vérité ou de faire éclore de nouvelles idées. De la discussion jaillit la lumière et cette lumière nous devons ensuite la confronter à la réalité du terrain.

Unir la gauche ?

Après les européennes cela semble faire l’unanimité au nom d’un constat simple : si la gauche a perdu ou est « en ruine » c’est à cause de ses divisions. Il y aurait donc besoin d’un « big bang », que les dirigeants de cette gauche se « tendent la main », que la « gauche soit unie sinon elle va disparaître » …

Presque tous les dirigeants et dirigeantes des partis classés à gauche tiennent le même discours en y ajoutant quasiment avec la même unanimité la question des municipales prochaines ce qui déjà en soi donne au propos une connotation électoraliste.

La « gauche » aurait donc perdu à cause de ses divisions ? Pas si sûr mais en tous cas ce constat de lendemain d’élections appelle une première remarque : si c’était le cas que ne l’ont-ils compris avant celles et ceux qui, après avoir pour certains d’entre eux tenu le même discours, ont choisi de faire cavalier seul ?

Par orgueil, par inconscience, pour avoir fait passer l’intérêt de leur parti avant celui du peuple ? En tout cas on ne lit pas dans les écrits qui circulent un quelconque aveu de faiblesse ou de reconnaissance d’erreur. On a beau chercher il n’y a personne qui dit : on s’est trompé il faut qu’on change, l’erreur quand elle est dénoncée vient toujours des autres voire de quelqu’un d’autre qui seul a fait perdre son organisation.

La deuxième remarque c’est que ces appels unitaires émettent peu ou pas du tout, l’hypothèse que c’est ce qui est proposé qui est en cause et non le fait de le faire chacun de son côté ou tous ensemble.

Une union de la gauche aurait-elle à elle seule fait disparaître le vote populaire pour l’extrême droite apparu à tort comme le plus sûr moyen de sanctionner Macron ? Aurait-elle répondu au refus de vote pour cette UE qui broie les peuples et leur souveraineté ? Le seul tort de la gauche serait celui de ne pas s’unir et le tort du peuple celui de ne pas comprendre ? Cette opinion circule d’ailleurs sur les réseaux sociaux ! 
Et si une fois unie la gauche ne convainc pas, pour paraphraser Brecht, on change le peuple ?

Pour l’ANC il ne s’agit pas tant d’unir ce qui existe mais de changer l’offre politique.

Imaginons !

  • - Imaginons qu’une force ait, dès avant la mi-novembre, porté la question du prix du carburant et mené bataille sur le pouvoir d’achat, l’augmentation des salaires et des pensions, la nécessaire nationalisation de TOTAL et de ses profits, au lieu de rejoindre le 18 novembre, toute honte bue, un mouvement des gilets jaunes décrié la veille…sans porter tous ces contenus-là.
  • - Imaginons que cette même force ait dans la foulée dénoncé le mythe de « l’Europe sociale », prôné la souveraineté populaire face à l’oligarchie européenne, n’ait pas hésité à dénoncer cette machine de guerre contre les peuples et non vouloir la changer de l’intérieur.
  • - Imaginons que cette force nourrisse sa réflexion et ses propositions de ce qui se vit et se dit dans les quartiers populaires par la jeunesse victime de toutes les discriminations, dans les entreprises où se mènent des luttes dos au mur qui remettent en cause les choix, non seulement du grand patronat mais aussi de ce gouvernement comme de ceux qui l’ont précédé, y compris ceux qui s’intitulaient de gauche depuis plus de 30 ans.
  • - Imaginons enfin que, pour toutes ces luttes, cette force ait systématiquement proposé l’unité à toutes celles et ceux qui veulent combattre le capitalisme et ce, pas seulement à l’occasion d’un vote.

Le résultat au lendemain des élections aurait-il été le même ?

Nous ne sommes pas dans la politique fiction mais il est clair pour nous qui, modestement de la place où nous sommes essayons de porter ces questions, pour soutenir, à défaut d’être présents, des candidatures aux élections, la question première n’est pas celle des alliances mais celle du contenu de ce qui est proposé en lien avec celles et ceux qui souffrent le plus du capitalisme.

Bien sûr nous savons toutes et tous que pour gagner des combats l’unité est nécessaire. Elle peut d’ailleurs recouvrir des forces différentes selon les batailles. S’unir pour combattre l’UE n’est pas la même chose que s’unir contre un projet de privatisation d’aéroport, pour faire gagner une lutte pour l’emploi ou chasser de la gestion municipale une équipe qui pille la ville.

La question de l’union n’est pas secondaire, elle est seconde et tributaire des objectifs qu’on se donne.

La question de l’unité avec qui, sur quel contenu et comment la bâtir vient après.

Le 10 juin 2019