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Tunisie : double attentat suicide tandis que le président est entre la vie et la mort
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ce 27 juin, le terrorisme a encore frappé, à cent mètres de l’ambassade de France, contre une fourgonnette de police, puis contre le siège de l’unité de lutte anti-terroriste. Parallèlement, le président tunisien, Caid Beji Essebsi, âgé de 92 ans, pris d’un malaise, a été hospitalisé dans un état "critique".
Les deux kamikazes de Tunis ont appuyé ce jeudi 27 juin sur le détonateur exactement au lendemain du quatrième et sinistre anniversaire de l’attentat de Port el Kantaoui, sur une plage près de Sousse, le 26 juin 2015. Le massacre contre les touristes avait alors fait 39 morts et des dizaines de blessés. La même année, un attentat contre le musée du Bardo avait fait 60 morts dont 59 touristes. Aujourd’hui, ce sont des policiers que visaient les auteurs du double attentat. Le premier, survenu à 10h50, a ciblé une fourgonnette en plein cœur de la capitale, au coin de l’avenue Habib Bourguiba et de l’avenue du général de Gaulle. Il s’est déroulé à cent mètres des grilles de l’ambassade de France. Dix minutes plus tard, un autre kamikaze s'est fait exploser sur le parking d’un immeuble d’El Gorjani, près d’une porte de la medina. L’endroit n’a pas été choisi au hasard : c’est le siège de l’unité de lutte anti-terroriste qui dépend de la direction générale des renseignements généraux. Le bilan provisoire des deux attaques est d’un mort – un policier – et de huit blessés.
LE DJIHAD CONTINUE À RECRUTER EN TUNISIE
L’attentat le plus récent à Tunis remontait à octobre dernier. La kamikaze était une femme en burqa, une universitaire diplômée au chômage. Joint au téléphone à Tunis, l’écrivain Hamadi Redissi (son dernier essai, « L’Islam incertain », est paru aux éditions Cérès en 2017) souligne amèrement que « pour les médias, seul compte ce qu'il se passe dans la capitale ». En réalité, poursuit-il, « nous sommes l’objet d’attaques permanentes sur tout le territoire. Ainsi, hier, c’était à Gafsa, capitale du bassin minier, mais comme la ville est très éruptive, les gens s’habituent, on n’en parle pas. Ailleurs, les attentats ont lieu en lisière des montagnes, et se reproduisent depuis des années... ».
"Nous comptions sur les touristes pour nous remettre à flot cet été"
Les monts de Kasserine, notamment, sont toujours tenus par les groupes armés islamistes. La chronique de la guérilla que se livrent djihadistes et policiers tunisiens est longue comme un jour de ramadan. Olfa, une enseignante de 45 ans qui vit dans le joli quartier du Belvédère, se désespère : « En apparence, vue de l’extérieur, la Tunisie va bien, c’est une bonne élève, il faut l’aider à s’en sortir, nous sommes couverts de fleurs. Mais c’est fini depuis longtemps, le jasmin ! La réalité, c’est que la situation économique reste mauvaise, les jeunes continuent à prendre la mer, le djihad à recruter. Notre ville est dirigée par une islamiste (Souad Abderrahim, membre du bureau politique d’Ennahda) qui privilégie les aides aux écoles religieuses avec des fillettes voilées et ça ne semble déranger personne. Notre pays a des ressources démocratiques mais il reste terriblement fragile... ». Olfa s’est beaucoup impliquée contre le salafisme pendant les années où Ennahda gouvernait seul le pays, avant que le parti islamiste, chassé brièvement du pouvoir, ne fasse sa pseudo-mue réformatrice. « Nous comptions sur les touristes pour nous remettre à flot cet été, nous avons besoin d’eux financièrement mais aussi moralement : ils apportent la présence de l’autre, et c’est ce que veulent pulvériser les fanatiques. »
LE PRÉSIDENT ESSEBSI PRIS DE MALAISE
A la panique du terrorisme, s’ajoute ce jeudi la grande angoisse de l’avenir politique : le président tunisien, Caid Beji Essebsi, âgé de 92 ans, pris de malaise dans la matinée, a été hospitalisé. Sa situation "est critique" mais"stable", a indiqué son conseiller Firas Guefrech sur Twitter, démentant des rumeurs persistantes faisant état de sa mort.
Or des élections présidentielles et législatives doivent se tenir cet automne, en octobre et novembre. Un projet de réforme de la loi électorale a déclenché un véritable séisme à l’Assemblée, au palais du Bardo, depuis le 18 juin. Sous tension, Tunis vit entre les rares informations qui filtrent de l’hôpital militaire où est hospitalisé le président et les sirènes des voitures de police qui sillonnent la capitale. Les commerces ont baissé le rideau. L’été commence dans le drame.




