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Algérie. Le quadrillage policier n’a pas empêché l’importante mobilisation
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Par Abdelghani Aichoun
C’est en présence d’un impressionnant dispositif de sécurité que s’est déroulée, hier (vendredi 28) à Alger, la 19e marche du mouvement populaire. Un déploiement sécuritaire renforcé, similaire à celui des tout premiers vendredis lorsque la police tentait d’empêcher ces manifestations.
Arrestations, confiscation de drapeaux amazighs et de pancartes anti-Gaïd Salah, usage de gaz lacrymogènes, fermeture de certains axes, tout cela n’a pas pu permettre aux policiers mobilisés sur place, en tenue et en civil, de faire échouer cette 19e manifestation de contestation. Les Algérois sont donc sortis en nombre pour exiger, une nouvelle fois, le départ du système, et ce, malgré un climat caniculaire.
Ainsi, en plus du «filtrage» de la capitale, par le biais de plusieurs barrages routiers, empêchant l’accès à de nombreux citoyens, un important dispositif sécuritaire a été mis en place sur les grands axes d’Alger, comme les boulevards Hassiba Ben Bouali, Amirouche et Didouche Mourad. Des dizaines de véhicules de police ont été déployés au niveau des places de la Grande-Poste et Audin. La rue Hassiba a été également fermée par plusieurs camions, à côté de la place de la Liberté de la presse, avant que l’ordre ne leur soit donné de quitter les lieux et d’ouvrir la voie face à l’important flux des manifestants qui arrivait. La trémie («escaliers») de la place Mauritanie a été cette fois-ci fermée.
Des dizaines de véhicules de la police ont aussi été stationnés entre la Grande-Poste et Audin, sur les deux côtés de la voie, réduisant considérablement cet espace, habituellement complètement occupé par les manifestants. «On dirait que c’est une marche de la police», a ironisé un manifestant.
Les policiers ont, par ailleurs, procédé à plusieurs arrestations durant la matinée et en début d’après-midi. «Etat de siège à Alger-Centre, le dispositif sécuritaire a triplé, fort redéploiement de la police en uniforme et en civil, fouille, interpellation, accès fermés… Grave dérive de ce pouvoir. Les masques sont vite tombés. Des personnes qui portent le drapeau national sont aussi interpellées», a indiqué le président de l’association RAJ (Rassemblement actions jeunesse), Abdelouahab Fersaoui.
Le siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), situé en haut de la rue Didouche Mourad, a lui aussi été cerné par des policiers, qui ont procédé sur place à quelques arrestations. Tout cela n’a pas, bien évidemment, empêché les Algériens de marcher.
A partir de 14 heures, les manifestants ont commencé à affluer. Au fur et à mesure, la foule est devenue de plus en plus compacte à la Grande-Poste et à Audin. Les arrestations ont cessé. Mais de temps à autre, des policiers tentent des incursions en usant de gaz lacrymogènes, notamment lorsqu’ils repèrent un drapeau amazigh.
«Etat civil et non militaire»
Les manifestants ont réitéré, durant ce 19e vendredi, leurs slogans habituels relatifs au «Départ du système». Ils ont plus d’une fois répété «Dawla madania machi askaria» (Etat civil non militaire). Mais, comme il y a eu de la répression, ils ont aussi scandé «Dawla madania machi boulissia» (Etat civil non policier). Un slogan qui a fait son apparition donc pour la première fois. Pour le reste, le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, a été fortement critiqué.
Comme c’est lui qui s’exprime à chaque fois sur la situation politique, et comme il s’en tient toujours à la voie constitutionnelle rejetant «toute forme de transition», il est tout à fait naturel qu’il soit la cible des manifestants. En plus de l’habituel «Arbi, Kbaili, khawa khawa» (Arabe, Kabyle, frères) ou «Gaïd Salah maa el khawana» (Gaïd Salah avec les traîtres), les manifestants ont crié «Lyed fel yed, nahou el issaba nzidou el Gaïd» (La main dans la main, on va enlever la bande, et Gaïd avec elle). Les manifestants ont une nouvelle fois réclamé le départ des symboles du système, en l’occurrence le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et le Premier ministre, Noureddine Bedoui, mais aussi le parti FLN.
Les Algériens ne veulent apparemment toujours pas d’une élection présidentielle avec les «symboles du système». Des manifestants ont, pour leur part, réclamé la libération des détenus d’opinion, notamment ceux arrêtés vendredi dernier pour port du drapeau amazigh. «Atalkou wladna ya l hagarine» (Libérez nos enfants, oppresseurs), scandaient-ils. «Magistrats. Et pourtant, ils s’étaient engagés à ne pas juger les manifestants pacifiques», a écrit un manifestant sur une pancarte.
Chasse au drapeau Amazigh
Comme lors du 18e vendredi, cette fois-ci encore les policiers ont reçu l’ordre de confisquer les drapeaux amazighs. Les manifestants ont, à cet effet, évité de les brandir lorsque la foule n’avait pas encore rallié la manifestation. Ce n’est qu’à partir de 14h que le drapeau amazigh, pas en grand nombre faut-il le signaler, a fait son apparition, notamment à la Grande-Poste. Quelques-uns ont même été accrochés aux lampadaires. Des policiers sont intervenus pour les enlever. «Ils utilisent des gaz lacrymogènes pour se frayer un passage afin de confisquer le drapeau amazigh aux manifestants qui le portent», nous a déclaré l’un des marcheurs. Les policiers ont procédé à quelques arrestations.
Pour l’heure, personne n’a pu confirmer si toutes les personnes interpellées ont été relâchées ou non. En tout cas, les services de sécurité ont apparemment tenté de rendre invisible cet emblème durant la marche. Peine perdue finalement, puisque des manifestants, protégés par d’autres, ont tout fait pour le brandir.
En somme, malgré la répression, les citoyens de la capitale, rejoints par d’autres venus des régions limitrophes, ont manifesté pacifiquement et scandé leurs slogans habituels revendiquant le «Départ du système». Durant la marche, plusieurs d’entre eux parlent déjà de vendredi prochain, le 20e, qui coïncidera avec le… 5 juillet, Fête nationale d’indépendance. Ils prédisent un «tsunami humain»… (Article publié dans El Watan en date du 29 juin 2019)




