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    Privatisons ! Privatisons ! C’est bon pour le pognon !

    Brève publiée le 10 juillet 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/07/09/privatisons-privatisons-cest-bon-pour-le-pognon/

    Il est temps de se révolter… On ne peut à la fois se serrer la ceinture et baisser le pantalon.

    Texte lu à la Bastille durant une manifestation des gilets jaunes.

    Il faut que des jeunes aient envie de devenir milliardaires, c’est le souhait et le projet exprimé par Monsieur Emmanuel Macron. Pour les réfractaires on met en place diverses mesures disciplinaires. Les privatisations qui vont amputer l’Etat-Providence de ses capacités d’agir pour tempérer les inégalités. Les chômeurs manquant d’allant et de capacités d’initiatives seront affamés un peu pour augmenter la vélocité de la traversée de rue. L’étatisation/thatchérisation des débris de l’Unédic est sans doute le premier pas vers la « titrisation » de la dette. Les banques prêteuses vont faire du gros pognon sur la détresse et misères des chômeurs. Mais on attend des miracles du « ruissellement »…

    La dame de fer doit frétiller dans sa tombe ! Les privatisations vont à train d’enfer conduite par Monsieur Macron, ses ministres, ses affidés, thuriféraires et amis milliardaires.

    Conformément aux exigences de l’union européenne qui fermement préconise l’instauration d’une « économie de marché non entravée » (les français ont majoritairement votés contre,…  des retardataires frileux crispés sur la France moisie…).

    Les derniers vestiges de l’État social, encore nommé Etat-Providence sont démantelés avec une remarquable obstination, une célérité permise par le peu de résistance organisée. Les gilets jaunes peinent à se constituer en alternative politique crédible.

    Libéral cynique, Thatchérien sadique, M. Macron, incarnation de l’homo oeconomicus calculateur rationnel, par l’odeur du pognon alléché embrasse large pour ne rien manquer.

    Inventaire, non exhaustif.

    * La sécu, c’est foutu ! Au téléphone, par internet et lettres postales, les mutuelles et autres complémentaires généreuses (bien qu’onéreuses) désirent remédier aux déremboursements de la sécu – dont la profondeur du trou donne depuis des lustres le vertige.

    *La SNCF (mérite-t-elle encore son nom ?), c’est râpé . De puissants ordinateurs dotés d’algorithmes subtils font varier le prix du billet selon le jour, l’heure, l’affluence prévue, la vitesse du vent et l’âge du chef de gare. Pour les nécessiteux « les cars Macron » sont accessibles. Pour un Paris-Lyon compter 6 h. C’est bien assez rapide pour les non compétitifs qui s’essoufflent en essayant de suivre le rythme de la globalisation. La concurrence va accélérer la sélection entre entreprises ferroviaires françaises et étrangères…

    * EDF est éclaté en nombre d’entreprises privées qui rivalisent d’offres soit disant économiques pour le client (l’usager est enterré depuis un certain temps). La lecture des contrats, leur étude comparative ne sont accessibles qu’aux classes urbaines, supérieures diplômées pour autant qu’elles veulent bien y consacrer une partie de leurs loisirs. La résistance au Linky est également chronophage.

    * GDF c’est dépassé, Engie fait des offres mathématiquement redoutables « les offres à prix de marché », c’est tout bon, il n’y a pas mieux m’explique une brochure de 35 pages. Anticipant sur mes souhaits , ENGIE conclue : « Vous êtes conquis ? Changer pour ENGIE ! » Suis-je tenté d’opter pour « l’offre de marché Duo Ajust pour 2 ans ». Le marché ! Le marché ! Hors marché point de salut. Les prix ça varient inévitablement autant payer pour se protéger des variations. Élémentaire.

    * L’ONF est en sursis. Le bois c’est bon, les arbres c’est de la thune potentielle, un sol à privatisersans tarder. Les futaies ça fait rêver les investisseurs. Un promenade en forêt ne peut se faire qu’avec calculette, le décompte des arbres ça donne le frisson.

    * La houille blanche. L’Europe (l’union libérale européenne), réprimande la France : les barrages hydro-électriquesne sont pas encore privatisés ! C’est mal, pour le bien des actionnaires futurs il importe de casser cet inadmissible monopole « nationaloïde ». Il y a encore beaucoup d’eau derrière les barrages. Avec le changement climatique, l’eau peut de venir rare, donc chère…

    * Les autoroutes, c’est fait depuis quelques années. Ça rapporte gros : 27 milliards de dividendes entre 2005 et 2017. Chiffrage incontestable : c’est écrit dans Fakir (n°89, p.11), le canard dont François Ruffin est le rédac chef, c’est dire si c’est sérieux !

    * Les routes nationales ne rapportent rien (au contraire…). Pour combler le déficit chronique, des offres généreuses vont se faire voir et valoir. Quant on a des dettes on vend les meubles, les immeubles et les routes. Elémentaire du point de vue d’une « saine » économie.

    * L’eau. Le conseil municipal de ma commune envisage depuis plusieurs années le retour en régie publique. Ce n’est pas gagné. Veolia a les moyens de résister.

    * La française de jeux, les jeux de hasard pour certains un improbable espoir de s’enrichir, pour les plus malins de bonnes recettes assurées. Assurément il fallait privatiser.

    * … En privatisation partielle ou rampante : les hôpitaux, les EHPAD, l’université,… (ADP, c’est en cours, la résistance s’organise : avez-vous voté au référendum ?)

    * L’air, fort nocif, pollué que nous respirons dans les grandes métropoles est provisoirement gratuit. Le bon air aura une coût de (re)production… La climatisation, c’est déjà une production d’air frais…

    Ayant vendu tout ce qui rapportait, l’État se trouva fort marri lorsque qu’advint le déficit ! La dette, est là il faut se serrer la ceinture. Mais…

    Le meilleur,… façon de dire, reste à venir.

    La privatisation totale de l’Unédic. Titrisation de la dette

    * Un gros et bon morceau dans un secteur politiquement, idéologiquement stratégique est en cours de privatisation :l’Unédic.L’organisme qui versent de maigres indemnités aux demandeurs d’emplois, les chômeurs dit-on couramment (1). Privatisation précédée d’une « étatisation/ thatchérisation « , de l’État mis au service des ploutocrates apatrides. M. Macron a plusieurs fois exprimé son admiration pour la Dame de fer, alors qu’il n’était « que » ministre à Bercy.

    L’Unédic se porte mal. Le déficit est chronique, structurel, nous en sommes à 36,2 milliards cumulés. Prévisions pour fin 2019, sur le site Unédic.

    Ce ne sont pas les chômeurs qui coûtent chers, c’est le patronat qui cotise mal (2).

    Les Macroniens et autres thatchéristes associés ont donc décidés de faire des économies. Comment, sur quoi va-t-on économiser ? Sur les allocations des demandeurs d’emploi, bien sûr. On les soupçonne de s’installer dans un farniente longue durée, largement sustentés par de copieuses allocs… Mouais … à peine plus de 1000 euros mensuels en moyenne pour, les chanceux qui grévent le budget de l’Unédic, chanceux, mais peu nombreux : moins de 50% des chômeurs sont indemnisés par l’Unédic.

    Malgré un chômage croissant depuis des décennies (chômage et précarité c’est le  – mauvais – lot de plus de 6 millions de personnes, plus de 20% de la population active). Avec quelques infimes variations le taux de cotisation patronal n’a pas augmenté. Le déficit était prévisible, stratégiquement indispensable…

    Les cotisations salariales ont été supprimées récemment. Les « partenaires sociaux » n’ayant pu trouver un accord, le gouvernement a pris l’affaire (l’enfer ?) en main. La CSG modulée remplace les cotisations salariales. Le fiscalisation est actée. Le paritarisme n’est plus.

    Les syndicats vont-ils être réduits à faire de la figuration en marmonnant des revendications auxquelles ils ne croient pas eux mêmes ?

    Dores et déjà une partie du placement des chômeurs est sous traité par des opérateurs privés.

    Ces officines sont régulièrement évaluées. Il faut du chiffre, du rendement. Les « mauvais chômeurs » pas présentables, pas vendables demeurent à la charge de Pôle emploi. Logique, réaliste.

    A l’horizon de quelques années, nous pouvons prévoir une probable privatisation de l’Unédic.

    Le cahier des modalités concrètes de cette privatisation calculée n’est pas encore disponible.

    Restons-en aux grandes lignes, à la « philosophie » du projet. Après le placement privatisé, le paiement privatisé, c’est « libéralistiquement » imparable. La dette sera évidemment « titrisée » et les Paribas et aux financiers insatiables feront du chiffre sur le désarroi organisé des chômeurs.

    Chapeau ! Pour faire du (gros) pognon tous les moyens sont bons.

    Le RUA (revenu universel d’activité) doit, sur cette hypothèse, être pensé comme mesure complémentaire destinée aux recalés définitif, inaptes au salariat standard. Nous y reviendrons.

    Il faut s’y faire : le public c’est lent, long, pas efficace, coûteux : les employés sont des fonctionnaires, la sécurité de l’ emploi dont ils ont le privilège, les poussent à en faire peu, c’est à dire presque rien. Le privé c’est mieux : avec petite carotte et gros bâton, souvent ça file droit.

    La future officine privée, largement complémentaire à Pôle emploi : EFP (Emploi, Formation, Promotion), sera rétribuée au rendement (x chômeurs recasés en 3/6/9 mois ?), verra son contrat renouvelé si les chiffres sont satisfaisants. Précarité disciplinaire. C’est l’État qui affecte tout ou partie de la CSG à leur rétribution, les cotisations patronales abondent les sommes versées à EFP (EFP… pure invention à visée démonstrative, on l’aura compris). Qui paie l’orchestre choisit la musique,… air connu. Nombre de salariés de Pôle emploi sont déjà sous statuts privés, les faire « glisser » vers EFP ne sera pas trop difficile.

    Avec les nouvelles règles régissant les revenus des chômeurs, 250 000 voire 300 000 personnes seraient privées de toutes allocations. Il faudra avoir travaillé 6 mois sur les 14 derniers mois. Compte tenu de la multiplication des CDD forts courts, la sélection va être féroce ! C’est étudié pour.

    Nombre de demandeurs d’emploi deviendront desquémandeurs d’emploi. C’est étudié pour (bis) : quand on est dans le besoin, on n’a plus les moyens de faire la fine bouche. C’est allégé, voire amaigri que le quémandeur pourra avec vélocité traverser la rue … pour faire le trottoir.

    L’accès ou le maintien des allocations va devenir de plus en plus problématique, difficile. L’ultime ressource accessible, le maigre lot de résignation sera le RUA (Revenu Universel d’Activité). Le montant, les conditions précises n’ont pas encore été clairement énoncés par le gouvernement.

    Il n’est pas exclu que le revenu minimum de survie ne soit accessible que par le bénévolat obligatoire, une contribution nécessaire à l’idéologie du travail.

    L’idéologie du travail fait un retour en force avec les « thatchéro-macronistes », qui craignent pour leurs privilèges au moment historique où les gains de productivité pourraient permettre à tous et à chacune de travailler beaucoup moins. La robotique, l’intelligence artificielle chaque jour remplacent des salariés et ce, à des niveaux de compétences élevées. Les travailleurs à la chaîne ne sont pas les seuls à être licenciés par les robots.

    La répression qui s’abat sur les chômeurs qui doivent être maintenus dans la nécessité vitale de demeurer force de travail corvéable et disponible, a pour fonction culturelle, idéologique de masquer, décrédibiliser toutes les expériences sociales, politiques consistant à imaginer et vivre autrement en marge du salariat avec un rejet explicite de la normalité du consumérisme capitaliste.

    Misères du présent…

    L’allergie au travail (salariat), c’était les années 68/70.

    La contre offensive « thatchéro-reaganienne » mis de gros moyens financiers et idéologiques pour rendre impossible toute vie en dehors de la « normalité » libérale.

    Cette allergie au travail qui incita nombre de «  babacools » à vivre en marginaux entre Katmandou, San Francisco et le Larzac, n’est plus d’époque. Tout est fait pour qu’il en soit ainsi.

    Il faut instituer les misères du présent pour occulter les richesses du possible (André Gorz).

    La Décroissance ? Oui, sans doute. Mais elle doit être impérativement précédée, rendue possible, crédible et désirable par une forte décroissance des inégalités.

    Nous sommes à un tournant de civilisation. Les gains de productivité actuellement confisqués par les actionnaires pourraient (devraient ?) être mis aux services d’une économie économe, tant du travail humain que des matières premières et de l’énergie. Il faut remettre en question les « bénéfices » de l’abondance jetable pour privilégier la production de valeurs d’usage durable.

    L’on pourrait vivre mieux en consommant moins (et mieux), en conséquence sur une logique de partage du travail (passant par une réduction féroce du temps de travail), les ploutocrates le savent ou le pressentent, ils mettent en œuvre une répression d’une violence à peine contenue, les idéologues « intellectoïdes » sont mobilisés, aux chiens de garde on sert une soupe bien grasse.

    On le voit, pour autant que l’on regarde au dessus des quotidiennetés aliénées, la question du chômage, donc du travail et de l’emploi ouvre de nouveaux horizons sociaux et politiques.

    Avec ou sans emploi les chômeurs ont droit à un revenu décent (pour AC !, c’est le Smic minimum) pour faire face aux dépenses de la vie quotidienne, bien sûr, mais aussi pour garder les moyens et les capacités de dire : nous voulons de l’argent pour inventer un nouvel usage du temps.

    Difficile à vivre à une époque où, plus que jamais : le temps, c’est de l’argent. Contrôler le temps de travail (et de non travail des chômeurs), c’est la raison d’être et façon de faire de tout les Macrons de France et de Navarre. Nous avons de fortes motivations pour vouloir défaire le monde auquel ils veulent nous condamner.

    Alain Véronèse

    Juin 2019


    (1) Pour compléter cet insuffisant article, on peut se procurer le livre d’AC ! : Pour une sécurité sociale du chômage, éd. Syllepse en le commandant sur le site (7 euros port compris). Disponible dans quelques bonnes librairies.

    (2) Sur la « dette » de l’Unédic : un démontage sérieux argumenté : GACDAC. Groupe d’audit citoyen de la dette de l’assurance-chômage. Disponible in extenso sur http://gacdac.canalblog.com. Version papier sur demande.