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    Le point sur l’affaire de Rugy : les homards qui ne passent pas

    Brève publiée le 15 juillet 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

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    Le point sur l'affaire de Rugy : les homards qui ne passent pas

    Le ministre de la Transition écologique est entrainé dans un maelström, depuis mercredi 10 juillet. Ce jour-là, Médiapart a révélé que, président de l’Assemblée nationale, M. de Rugy avait tenu une dizaine de dîners luxueux sur fonds publics. Voici le résumé de l’affaire, et de quelques jours qui ont bousculé le gouvernement.

    - Le climat a été préparé quelques jours auparavant, par une polémique sur le "château". Le 26 juin, en pleine canicule, François Ruffin se moque des ministres qui prennent leur voiture avec chauffeur pour quelques centaines de mètres, alors que François de Rugy tient des grands discours sur les gestes écologistes à faire.

    François de Rugy répond le 28 juin en accusant M. Ruffin de « démagogie ».
    M. Ruffin réplique le même jour, dans une vidéo, en parlant du "château" : "Avec son côté aristocratique, le château descend pour vous expliquer comment on va faire de l’écologie dans le pays". Le match de boxe continue quand M. de Rugy traite dimanche 30 juin le député de fasciste : "Vous savez à qui [M. Ruffin] me fait penser ? A un fasciste ! Les fascistes, ils se comportent comme ça, ils discréditent les gens qui ne pensent pas comme eux, au lieu de débattre, au lieu d’accepter la contradiction. M. Ruffin, il n’accepte pas la contradiction, il transpire la haine de l’autre".

    - Mercredi 10 juillet, Médiapart publie une enquête, intitulée « La vie de château sur fonds publics des époux de Rugy », dans laquelle le site d’informations montre que, lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, entre juin 2017 et septembre 2018, François de Rugy a tenu au moins "une dizaine de dîners" privés. Ceux-ci étaient "de somptueuses agapes", recourant aux meilleurs crus de la cave de l’Assemblée et à des mets de luxe, tels des homards - tout ce luxe étant payé par les fonds publics de l’institution et non par les époux de Rugy.

    - À la fin de la matinée, le ministre de la Transition écologique s’explique à l’issue du conseil des ministres (vidéo à partir de 29’33’’). Il y explique notamment que, durant sa présidence de l’Assemblée nationale, il avait agi pour diminuer des avantages des députés et des présidents de l’Assemblée nationale, et fait diminuer les frais de réception de 13 %. Il présente les dîners litigieux comme des "dîners de travail informels".

    - jeudi 11 juillet, alors que les révélations de Médiapart suscitent de nombreuses réactions négatives de l’opposition mais aussi de députés d’En Marche, d’autres articles mettent en cause des travaux de rénovation de l’appartement du ministre de la Transition écologique dans le ministère, et le fait que la directrice de cabinet du ministre, Nicole Klein (et ex-préfète de Loire-Atlantique au moment de l’intervention militaire contre la Zad en avril 2018) avait conservé un logement HLM. Elle est limogée dans la foulée. M. de Rugy justifie par ailleurs les travaux de rénovation de son appartement. Un autre aticle de Médiapart met par ailleurs en cause la location d’un appartement par M. de Rugy à Orvault, près de Nantes, accusation à laquelle répondait le ministre.

    - en fin d’après-midi du jeudi, M. de Rugy s’entretient avec le Premier ministre. À l’issue de cet entretien, le ministre reste en poste, le service de communication de Matignon indiquant : « Si la moindre ambiguïté persistait à la suite du travail de vérification,(François de Rugy) s’engage à rembourser chaque euro contesté ».

    - vendredi 12 juillet, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, M. de Rugy explique qu’il a "une intolérance aux crustacés", qu’il "ne prend pas de champagne". Au même moment, Médiapart explique pourquoi M. de Rugy n’a pas payé d’impôt - légalement - en 2015.

    Durant la journée, plusieurs membres du gouvernement expriment à mots plus ou moins couverts leur désapprobation des dîners fastueux de M. de Rugy.

    - dimanche 14 juillet, Le Journal du dimanche publie une interview de François de Rugy réalisée la veille. Il estime qu’"il y a tout un tas de gens qui se vengent" à son propos et affirme : "Je n’ai rien fait qui soit en dehors des clous. En France, le modèle n’est pas la barre chocolatée de la ministre suédoise". En 1995, une ministre du gouvernement suédois avait dû démissionner après qu’on ait appris qu’elle avait acheté diverses courses, dont une barre chocolatée, avec sa carte de crédit de fonction.