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Le nouveau conseiller d’Edouard Philippe est un ancien militant de l’extrême-droite italienne

Brève publiée le 23 août 2019

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://lemediapresse.fr/international/le-nouveau-conseiller-dedouard-philippe-est-un-ancien-militant-de-lextreme-droite-italienne/

SANDRO GOZI, 51 ANS, CONSEILLER D’EDOUARD PHILIPPE DEPUIS CE MOIS D’AOÛT, A ÉTÉ MEMBRE D’UNE FORMATION D’EXTRÊME DROITE ITALIENNE DANS LES ANNÉES 1980 ET 1990. C’EST CE QUE RÉVÈLE, PREUVES À L’APPUI, LE JOURNAL IL PRIMATO NAZIONALE, PROCHE DE LA FORMATION NÉO-FASCISTE ITALIENNE CASA POUND.

Le nouveau conseiller d’Édouard Philippe est un ancien militant de l’extrême-droite italienne

Dans une photo qui date du 9 Juin 1987, le jeune Sandro Gozi, alors âgé de 19 ans, sourit virilement aux côtés de Giorgio Almirante, président du Movimento Sociale Italiano (MSI), la plus importante formation néo-fasciste italienne de l’après guerre, dont le Fronte della Gioventù était la formation juvénile.

Sandro Gozi, à droite, entouré d’un cercle bleu. Au centre, Giorgio Almirante, président du MSI. Via Il Primato Nazionale.

Une photo qui fragilise Matignon, après les révélations sur le militantisme passé de Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux élections européennes, au sein du Groupe Union Défense (groupuscule français d’extrême-droite).

Giorgio Almirante, fondateur du MSI, a été l’un des plus fervents défenseurs du régime mussolinien dans l’après guerre, et a également officié comme rédacteur en chef du magazine antisémite La difesa della razza (“la défense de la race”), qui a joué un rôle de premier plan dans l’approbation des “lois raciales” de 1938.

Un autre document accablant a été exhumé par Il Primato Nazionale. Il s’agit d’une fiche d’inscription datée de 1990, où l’on aperçoit clairement le nom de Sandro Gozi, à l’époque étudiant âgé de 22 ans, parmi les inscrits à la formation néofasciste. Formation dont sont par ailleurs issus un bon nombre des terroristes d’extrême-droite qui ont ensanglanté l’Italie des années 1970-1980, tel Francesca Mambro, condamné pour le massacre de la gare de Bologne, qui a coûté la vie à 85 personnes en 1980.

Fiche d’inscription de Sandro Gozi au Fronte della gioventù. Via Il Primato Nazionale

Sandro Gozi a confirmé l’exactitude des informations publiées, qui ont été reprises par la presse italienne. Mais il a affirmé à l’agence de presse italienne AdnKronos que ce n’était qu’un erreur de jeunesse. “J’avais 16 ans, mon meilleur ami était le secrétaire local du Fronte della gioventù”, a-t-il déclaré. Pourtant, selon les documents cités, Gozi aurait été un membre actif de la structure jusqu’à ses 22 ans au moins.

Cinq jours après, dans un article du Point paru le 21 août, M. Gozi a avoué que son militantisme au sein de la mouvance néofasciste italienne aurait continué bien au delà de ses 16 ans, mais qu’ “à partir de 1987/1988, cet engagement a diminué”.

La nomination de Sandro Gozi au sein du cabinet d’Edouard Philippe ainsi que sa candidature sur les listes LREM aux dernières élections européennes avaient provoqué un tollé au sein de la galaxie souverainiste italienne, pour laquelle il faisait désormais office de traître.

L’ancien sous-secrétaire d’État aux affaires européennes sous les gouvernements Renzi et Gentiloni (2014-2018) s’était défendu en affirmant qu’il restait “un souverainiste d’Europe” – on comprend peut être mieux, maintenant, le sens de cette formulation sibylline.