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Turquie : la répression des Kurdes vaut bien celle de l’Espagne contre les Catalans !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La Turquie prend en otage (!) l'Espagne et l'Union Européenne : ce que vous acceptez du sort réservé aux indépendantistes catalans, légitime ce que nous faisons avec nos indépendantistes kurdes... Ce faisant, la démocratie européenne prend un coup de chaud sur la question des libertés politiques... Et l'Espagne se voit imposer de se regarder dans le miroir turc.
Voilà l'information que l'on lit sur un site catalan : "La Turquie agit avec les représentants politiques indépendantistes kurdes comme l'Espagne avec les représentants indépendantistes catalans et basques. Telle est l'explication qu'a donnée à la presse internationale le ministre de l'Intérieur turc Suleyman Soylu, pour justifier la destitution de trois maires du Parti Démocratique des Peuples (le socialiste HDP) qui est très implanté au Kurdistan turc".
Photo : répression antikurde en Turquie
L'Etat espagnol ayant destitué tout un gouvernement, celui de la Catalogne, comprend-on, en subliminal, de ce ministre, on peut bien se payer à la turque trois maires, n'est-ce pas, amis, quelque peu donneurs de leçons, de l'UE qui acceptez cette situation espagnole ?
Mais le plus intéressant vient quand notre homme déclare : "Alors qu'il n'y a eu aucun acte de violence, douze représentants catalans ont été envoyés devant les tribunaux pour des délits d'atteinte à l'ordre constitutionnel, de violence et de désobéissance". Tout est dit dans cet éloge de la manière forte espagnole de la part d'un représentant de l'Etat pré-dictatorial turc : violence ou pas, l'accusation de violence est retenue dans l'instruction judiciaire emmenée par Ubu turc. Comme pour l'accusation de rébellion, impliquant un délit de violence, inexistant dans le cas des accusé-e-s catalans, que la justice espagnole, sous l'égide du Suprême Ubu Marchena, leur impute !
L'idée, que la diplomatie espagnole tente, de manière laborieuse, de tuer dans l'oeuf, selon laquelle l'Espagne dériverait, de par ses mesures liberticides, vers le "modèle" turc, traverse, depuis quelques temps, l'esprit de bien des démocrates d'outre-Pyrénées et d'ailleurs. Avec les déclarations façon baiser de la mort du ministre turc ladite idée pourrait bien s'apparenter au sparadrap du Capitaine Haddock. Au détail près qu'il colle aussi à l'UE !
Pour assombrir encore plus les affaires des si problématiques démocraties espagnole et européenne, le média catalan nous rappelle le cas du député kurde Selahattin Demirtaş, emprisonné, sans jugement, depuis deux ans. Le Tribunal Européen des Droits de l'Homme (TEDH) a considéré que le fait que la Turquie empêche que Demirtaş jouisse de son droit à exercer son mandat de parlementaire pour cause d'emprisonnement préventif est une atteinte à la liberté d'expression et d'opinion et au droit d'être élu et d'occuper son siège de parlementaire ! Plus clairement encore, le Tribunal dénonce que le maintien en détention du député poursuit l'objectif "d'étouffer le pluralisme et de limiter la liberté nécessaire au débat politique". L'Etat espagnol, qui a déjà subi bien des déconvenues sur les demandes d'extradition des exilé-e-s catalan-e-s, mais aussi l'UE pourraient avoir à s'inquiéter de la jurisprudence Demirtaş : les élus catalans au Parlement Européen (un prisonnier et deux exilés) se sont vus empêcher par la présidence dudit Parlement, relayant une requête de l'Espagne, d'exercer leur mandat. Or le TEDH, saisi par lesdits élus, doit se prononcer sur le fond...
Il se pourrait bien que l'éléphant turc, en faisant irruption dans le magasin de porcelaine européen, vienne de faire sauter l'un des verrous qui empêche de prendre la pleine mesure des dénis de démocratie dont l'Espagne est coupable et de la complicité dont les instances politiques de l'UE entourent, mezzo voce, celle-ci.
Article source Turquía justifica la represión en el Kurdistán con los presos políticos 'indepes' (La Turquie justifie la répression au Kurdistan en invoquant les prisonniers politiques indépendantistes [catalans]), El Nacional






