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En Colombie, des FARC annoncent reprendre la lutte armée, Bogota riposte
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les dissidents de l’organisation compteraient sur près de 2 300 combattants rejetant le processus de paix lancé en 2017. Le président Duque a annoncé une offensive militaire.

Capture d’écran représentant Ivan Marquez (au centre), Jesus Santrich (portant des lunettes de soleil) et certains de leurs partisans lors de l’annonce de la reprise de la lutte armée par les dissidents des FARC dans une vidéo tournée en un lieu non spécifié et diffusée le 29 août 2019. - / AFP
D’anciens chefs de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont quitté le processus de paix, ont annoncé qu’ils reprenaient les armes, dénonçant « la trahison » par l’Etat du pacte historique signé à la fin de 2016, dans une vidéo diffusée jeudi 29 août sur YouTube. « Nous annonçons au monde qu’a commencé la seconde Marquetalia [berceau de la rébellion marxiste en 1964] au nom du droit universel des peuples à se lever en armes face à l’oppression », a déclaré l’ancien numéro deux des FARC, Ivan Marquez, dans cette vidéo de trente-deux minutes.
Le président de droite, Ivan Duque, qui avait tenté de modifier l’accord de paix, selon lui trop laxiste envers les anciens guérilleros, a riposté en déclarant qu’une offensive contre le groupe armé allait être lancée. Il a par ailleurs accusé le Venezuela voisin de Maduro d’abriter les combattants. A la fin de juillet, le président vénézuelien avait déclaré qu’Ivan Marquez et Jesus Santrich étaient les bienvenus dans le pays. « J’ai ordonné la création d’une unité spéciale afin de poursuivre ces criminels avec des capacités renforcées de renseignement, d’enquête et de mobilité sur tout le territoire colombien », a déclaré le chef de l’Etat, qui s’exprimait depuis la Casa de Nariño, le palais présidentiel, à Bogota.
La vidéo est hébergée sur le portail Web farc-ep.info localisé au Venezuela, dans l’Etat d’Anzoategui (est), selon la base de données de la Corporation d’Internet pour l’assignation des noms et des numéros où il a été enregistré le 12 août 2019, a vérifié l’Agence France-Presse.
« Poursuite de la guerilla »
Le haut-commissaire de paix du gouvernement colombien, Miguel Ceballos, avait réagi plus tôt en qualifiant l’annonce de « très préoccupante », mais pas surprenante. Il a également demandé qu’ils soient recherchés au niveau international. « Malheureusement, ces personnes avaient, par leur comportement, déjà clairement exprimé qu’elles tournaient le dos à l’accord de paix »de 2016, a déclaré M. Ceballos à la radio locale Blu.
Le chef du parti FARC, Rodrigo Londoño, alias « Timochenko », a pour sa part dénoncé un « coup bas », mais estimé que « la grande majorité des gens restent dans le processus » de paix. Allant dans le même sens, l’ex-président Santos a déclaré sur Twitter que « 90 % des FARC restent dans le processus de paix » et a appelé à « réprimer les déserteurs ». L’Organisation des Nations unies (ONU), qui supervise l’application du pacte, a condamné cette annonce, mais souligné qu’il s’agissait d’« un groupe réduit d’ex-combattants » et que l’« immense majorité des hommes et des femmes » de l’ancienne guérilla continuaient d’être « engagés en faveur de la paix ».
Dans la vidéo publiée jeudi, Ivan Marquez apparaît avec d’autres anciens chefs rebelles, également entrés dans la clandestinité depuis plusieurs mois. De la jungle du sud-est de la Colombie, le commandant des FARC annonce ainsi « la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l’Etat des accords de paix de La Havane », qui ont permis le désarmement, en 2017, de quelque 7 000 combattants de l’organisation armée, qui s’est depuis transformée en parti politique.
Attentat à la bombe
Le commandant Marquez avait été le chef de la délégation rebelle aux négociations de paix menées pendant quatre ans à Cuba avec le gouvernement du président centriste Juan Manuel Santos, au pouvoir entre 2010 et 2018. A ses côtés apparaissent armés un autre négociateur, Jesus Santrich, recherché par la justice pour trafic de drogue présumé et passé à la clandestinité il y a trois mois, et l’ancien commandant Hernan Dario Velasquez, aussi connu sous le nom de guerre d’« El Paisa ». Ils sont entourés par 17 hommes et femmes munis de fusils, devant une pancarte affichant le sigle FARC-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple).
« La fourberie, la duplicité et la perfidie, la modification unilatérale du texte de l’accord, la non-application de ses engagements de la part de l’Etat, les montages judiciaires et l’insécurité nous obligent à reprendre le maquis », a justifié Ivan Marquez lors de cette déclaration. « Nous n’avons jamais été vaincus, ni défaits idéologiquement, c’est pour cela que la lutte continue », lance-t-il, précisant que le nouveau groupe cherchera à cordonner ses « efforts avec la guérilla de l’ELN et avec les camarades qui n’ont pas replié leurs drapeaux ».
L’Armée de libération nationale (ou ELN, pour Ejercito de Liberacion nacional en espagnol), considérée comme la dernière guérilla active de Colombie, s’est renforcée ces dernières années, passant de 1 800 à environ 2 300 combattants, selon les autorités. Des pourparlers de paix, entamés en 2017, ont été enterrés par le gouvernement de l’actuel président issu de la droite dure, Ivan Duque, à la suite notamment d’un attentat contre l’école de police de Bogota revendiqué par l’ELN et qui a fait 22 morts en janvier.
« Coup bas »
Les groupes dissidents des FARC comptent aussi quelque 2 300 combattants armés, dont l’activité est surtout consacrée au narcotrafic et à l’exploitation minière clandestine, selon les services de renseignement militaires colombiens. Après la signature de la paix, les FARC s’étaient transformées en parti politique légal sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune. Mais des centaines d’anciens rebelles ont quitté le processus visant à mettre fin à plus d’un demi-siècle de guerre.
Ivan Marquez, désigné comme parlementaire FARC, avait pris ses distances il y a plus d’un an, reprochant déjà à l’Etat de ne pas respecter ses engagements. Une autre personnalité du mouvement, Jesus Santrich, soupçonné de trafic de drogue et accusé par les Etats-Unis de trafic de cocaïne après l’accord de paix, a disparu il y a trois mois et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Comme « El Paisa », ils sont requis par la juridiction spéciale de paix (JEP), chargée de juger les crimes commis durant la confrontation armée et qui peut décider de peines alternatives à la prison. Jeudi, la JEP a enclenché la procédure qui pourrait aboutir à l’expulsion de ce processus des ex-guérilleros qui ont annoncé leur retour aux armes. « Il revient à la juridiction spéciale pour la paix de prendre des décisions face à ces faits », a déclaré sa présidente, Patricia Linares, précisant que la reprise des armes était « une cause d’exclusion qui s’appliquera sans ambiguïté à ceux qui ont adopté cette conduite ».




