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Diada catalane : de l’interprétation biaisée des chiffres de participation
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L'édition 2019 de la Diada, la fête nationale catalane, aura permis de prendre le pouls d'une situation complexe qui voit le mouvement indépendantiste tentant de retrouver son unité autour de l'exigence de libération de ses prisonniers et du maintien du cap de l'indépendance tandis que les partis espagnolistes ne parviennent pas à régler la crise de régime.
Ceux et celles qui suivez ce blog avez dû être étonné.e.s de n'y avoir rien trouvé, contrairement à l'habitude, sur la Diada. L'explication est toute simple : invité, avec des dizaines d'autres personnes de nombreux pays, par l'association de solidarité internationale avec la Catalogne Foreign Friends, précisément à participer à cette Diada et à des activités et échanges liés à cet évènement, je n'étais plus disponible pour tenir le compte rendu de la chose.
En attendant de vous en dire plus, ceci : des médias ont souligné la baisse de participation à cette Diada en reprenant le chiffre, avancé par la police barcelonaise (Guardia Urbana) de 600 000 présent.e.s à rapporter au million de l'an passé. Il ne s'agit évidemment pas de nier ladite baisse qui s'explique aisément par le poids de la répression policière et judiciaire mais aussi par la division des partis indépendantistes.
Il y a eu aussi une erreur organisationnelle qui a favorisé les manipulations graphiques et politiques des médias espagnolistes décrétant que l'indépendantisme battait en retraite, voire était à l'agonie. L'erreur était d'avoir concentré la tête de la manifestation sur la Plaza de España (évidemment à ciel ouvert) sans opérer le flux rapide vers elle depuis les voies adjacentes qui ont été rapidement noires de monde : le fait est que cette grande place, choisie pour le défi qu'il importait d'opposer à son nom, a tardé à se remplir à cause de l'habituelle (et efficace) structure en sections qui permet à chacun de trouver facilement où se positionner mais qui, cette fois-ci, à mon avis, rendit difficile de mieux répartir les manifestant.e.s. Les photographes des médias hostiles à la Catalogne s'en sont donné à coeur joie pour fixer en image les vides de cette tête de manifestation avant qu'ils finissent par se remplir. La caricature, comme on le verra par les images ci-dessous, aura été la une de la Razón (un site ultradroitier)... Ajoutons qu'une bonne partie de la voie qui menait à la Plaza de España, vite comble, elle, de manifestant.e.s, était couverte de grands arbres à large amplitude feuillue, gros avantage pour se protéger de la canicule mais ne permettant pas que les vues aériennes rendent compte pleinement de l'importance de la mobilisation.
Car la mobilisation a été, malgré tout, massive et combative portée par deux axes forts : d'abord un appel à l'unité de l'indépendantisme avec une dénonciation de la politique de division développée par ses partis (dont les représentant.e.s, le Govern aussi, avaient été exclus, pour marquer le coup, de la tête de la manifestation); et ensuite un intense appel à la libération des prisonniers politiques dans la perspective des sentences qui vont tomber courant octobre. Point qui se rattache au premier par l'idée que, pour organiser la riposte à ces sentences, l'unité est tout simplement nécessaire et vitale.
Pour conclure : 600 000 manifestant.e.s cela ne fait pas le million de l'an passé (bonjour Monsieur de La Palice) mais retenons bien ceci, en forme de question à 600 000 euros, que toute personne, en particulier journaliste et/ou politologue, honnête, devrait faire valoir : qui, dans l'Etat espagnol aujourd'hui, je dis bien dans tout l'Etat espagnol, peut se targuer d'être en capacité de réunir 600 000 personnes sur un thème politique. Et cela malgré ce que j'ai mentionné au début : la terrible politique d'intimidation que déploie le régime envers un mouvement dont il faut comprendre que la violence qu'il subit donne en fait la mesure de la peur qu'il suscite, quoi qu'ils disent, chez ses ennemis !
600 000 est en fait le chiffre qui permet d'affirmer qu'il y a la masse critique indépendantiste permettant, malgré le reflux, de rebondir pour autant que l'unité mais aussi des choix stratégiques à redéfinir en urgence soient au rendez-vous. En somme la propagande médiatique et politique de l'espagnolisme contre la Diada est à décoder comme de l'auto-intoxication (atout à exploiter à fond) de gens prenant leurs désirs pour la réalité. Mais il reste à leur infliger le rude démenti du réel. Et cela, cela se travaille : la Diada à sonné, et de quelle façon, l'heure de s'y mettre !
En vidéo : https://vimeo.com/359329591…
Antoine qui est allé sur le terrain prendre le pouls de la mobilisation. Grand merci à la superbe initiative, à la magnifique organisation, de Foreign friends for Catalonia
¡Visca Catalunya!
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