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Zemmour sur CNews : avant l’épisode Bugeaud, dix jours d’escalade
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://www.marianne.net/societe/eric-zemmour-sur-cnews-avant-l-episode-bugeaud-dix-jours-d-escalade
La chaîne CNews assurait ne pas offrir "une tribune sans filtre" à Eric Zemmour en l'accueillant dans l'émission "Face à l'info". Il ne lui aura pourtant fallu que dix jours de provoc' en série pour finir par se dire "du côté du général Bugeaud" lorsque ce dernier massacrait la population algérienne au nom de la France…
Lundi islam, mardi homos, mercredi immigration… Depuis sa première sur CNews le 14 octobre, le polémiste Eric Zemmour a tout le loisir de disserter, au nom de la liberté d'expression, dans l'émission Face à l'infodont il est la vedette. "Nous n'offrons pas une tribune sans filtre ni même un créneau d'expression libre, c'est vraiment un face-à-face avec de fortes personnalités", avait assuré à l'AFP le directeur des antennes du groupe Canal+, Gérald-Brice Viret, lors de l'embauche de la personnalité controversée, qui venait d'être condamnée pour provocation à la haine raciale. En à peine dix jours, ce n'est pourtant pas vraiment le tour qu'a pris le rendez-vous de débat, en passe de devenir une tribune quotidienne qu'Eric Zemmour exploite pour rabâcher ses obsessions. Laissé bride au cou sur la chaîne du groupe Canal+, l'éditorialiste du Figaro s'est fait fort de repousser sans cesse sur sa droite les limites de ses provocations, jusqu'au dernier épisode en date, ce mercredi 23 octobre, quand il a affirmé être "ducôté du général Bugeaud" lorsque ce dernier massacrait la population algérienne au nom de la France.
"JE ME MOQUE DES PAGES SOMBRES"
Dans le rôle du sparring-partner mercredi soir, l'ancien maire socialiste François Pupponi était venu débattre avec Eric Zemmour du rapport des Français, et notamment des enfants d'immigrés, à l'histoire de leur pays. Sans surprise, le pensionnaire de CNews a plaidé en faveur d'un roman national, auquel il s'agirait selon lui d'adhérer inconditionnellement : "Je me moque des pages sombres de notre Histoire. L'important, c'est l'histoire de France. Est-ce qu'on voit l'Histoire en fonction des intérêts de la France, ou est-ce qu'on voit l'Histoire en fonction des intérêts de sa communauté d'origine ? Moi, j'estime que quand on vient en France et qu'on est Français, on doit changer son point de vue, et qu'on doit voir l'Histoire en fonction d'intérêt de la France", argue-t-il.
Et l'auteur du Suicide français de compléter, pour étayer son propos : "Je veux dire par là que quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans, et même certains juifs. Moi je suis aujourd'hui du côté du général Bugeaud, c'est ça être Français !". Gloups.
LA "SOUMISSION" À L'ISLAM
Selon Eric Zemmour, cette vision binaire de l'Histoire – avec ou contre la France – serait d'ailleurs requise pour protéger l'identité française de l'islam, une "organisation totalitaire" à ses yeux. Dès sa première émission sur CNews, la star de l'extrême droite française s'est d'ailleurs employée à mettre en scène cette opposition, s'engageant dans l'escalade dont l'épisode "Bugeaud" est le paroxysme - au moins provisoirement.
"Qu'est-ce que la France ? La France, c'est, on peut dire, 'liberté, égalité, fraternité', expliquait déjà Eric Zemmour le 14 octobre. Qu'est-ce que l'islam ? C'est exactement l'inverse : c'est la soumission - c'est la traduction d'islam -, c'est l'inégalité entre les musulmans et les non-musulmans, entre les hommes et les femmes, et c'est la fraternité limitée aux membres de la communauté musulmane (…). C'est pour cela qu'il y a un problème fondamental entre l'islam et la France : c'est qu'ils sont antagonistes".
LE "CHOIX" DES HOMOS
Dans cette pensée fleurant bon la France éternelle, les choses sont claires. "La famille, pour moi, c'est un père, une mère, et des enfants, tout le reste, c'est des fausses familles", assénait encore Eric Zemmour dès le lendemain, le 15 octobre. Pas question de PMA, donc, pour une raison… originale : "Les homosexuels ont le droit de fonder des familles. Ils en ont toujours fondé, d'ailleurs. Ils ont le droit, les hommes de coucher avec des femmes, et les femmes de coucher avec des hommes. S'ils ne veulent pas coucher avec des hommes ou coucher avec des femmes, c'est leur responsabilité. (…) Donc on assume ses choix : soit on couche avec l'autre sexe et on fait des enfants, soit on ne couche pas avec l'autre sexe et on n'a pas d'enfant mais on est cohérent. Ça, c'est des caprices".
Le 16 octobre, retour aux fondamentaux : l'immigration, "énergie qui détruit la France", vecteur de la colonisation islamique dans l'esprit d'Eric Zemmour. "En vérité, l'Europe a une idéologie sous-jacente, dont personne ne parle, qui est que comme il y a une faiblesse de la démographie européenne, il faut faire venir des immigrés pour compenser", affirme le partisan de la théorie du grand remplacement et d'une "guerre de civilisations". Seuls la Hongrie et la Pologne, "les seuls pays qui ne laissent rentrer personne", trouvent grâce à ses yeux : "Je suis allé à Varsovie, je suis allé à Budapest, ce sont des villes magnifiques, les gens ont l'air heureux et il y a beaucoup moins d'insécurité, si vous voyez ce que je veux dire…, lance-t-il face au député de La République en marche Bruno Bonnell. La Hongrie ne se recroqueville pas du tout, simplement elle protège sa civilisation, ce que nous ne faisons pas et ce qu'Emmanuel Macron ne fait pas."
PÉTAIN SAUVANT LES JUIFS FRANÇAIS
Ce lundi, Bernard-Henri Lévy a bien tenté de tarir ce flot réac'. Mais, quel que soit le sujet, Eric Zemmour assume la provocation. Ainsi, tandis que le nouveau philosophe lui rappelait la "monstruosité" de ses propos d'octobre 2014 selon lesquels "Pétain a[vait] sauvé les juifs français", Eric Zemmour, levant les yeux au ciel, a persisté : "C'est encore une fois le réel."
Bernard-Henri Lévy a beau lui rappeler que "le réel, c'est que Pétain a été plus royaliste que le roi. Il a édicté en octobre 40 des décrets que l'Allemagne ne lui a pas demandés", que les les Juifs sauvés "ne doivent rien à une supposée indulgence, à une stratégie du glaive et du bouclier, ou à un partage des rôles entre les gaullistes et les pétainistes", le polémiste a choisi sa version de l'Histoire : "C'est faux, tout ça est faux", répond-t-il. Ah c'est sûr, les débats sont plus faciles à gagner à coups de marteau.




