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"Hollande assassin !": des étudiants de Lille font annuler une conférence de l’ex-président

Brève publiée le 12 novembre 2019

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://www.nouvelobs.com/politique/20191112.OBS21007/hollande-assassin-des-etudiants-de-lille-font-annuler-une-conference-de-l-ex-president.html

Plusieurs centaines de personnes manifestent après l’immolation par le feu d’un étudiant à Lyon.

« Hollande assassin, Hollande assassin ! » : dans le Nord, quelque 300 à 400 personnes se sont rassemblées à la mi-journée devant le Crous de Lille derrière des pancartes disant : « La précarité tue, la solidarité fait vivre ». Les étudiants, qui veulent témoigner leur soutien à Anas K., ce jeune de 22 ans qui s’est immolé devant le Crous de Lyon vendredi dernier, ont ensuite défilé dans les rues avant de pénétrer dans la faculté de droit où ils ont empêché de se tenir une conférence de François Hollande sur la crise de la démocratie, thème de son dernier ouvrage, « Répondre à la crise ».

L’ex-président de la République n’était pas dans la salle au moment où les manifestants proches du syndicat Solidaires étudiant-e-s ont occupé les lieux en début d’après-midi. Ils ont notamment scandé « Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon » et entonné des chants anticapitalistes. Plusieurs livres de François Hollande ont été déchirés et jetés à travers l’amphithéâtre.

François Hollande, qui se trouvait dans l’enceinte de l’université, n’est finalement pas apparu et a quitté la faculté de droit, rapporte France 3 Hauts-de-France.

Touché à 90 %, Anas K. est toujours « entre la vie et la mort » à l’hôpital. En difficulté financière – il avait perdu sa bourse en « triplant » sa deuxième année de licence à l’université Lyon 2 – le jeune homme a expliqué son geste dans un message lu ce mardi par une camarade.

Critiques à gauche comme à droite de l’empêchement du débat

Plusieurs politiques ont réagi à l’événement de ce mardi.

« Ils forcent les portes d’un amphithéâtre, saccagent des livres et empêchent un ancien président de la République de s’exprimer au sein d’une université », a réagi Franck Riester sur Twitter, ajoutant: « Intolérable entrave à la liberté d’expression et à la liberté de débattre! »

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a abondé sur le réseau social: « Empêcher le débat dans une université qui est le lieu même de la controverse libre est une atteinte à nos valeurs communes ».

Selon lui, viser les socialistes sur la précarité étudiante n’est pas pertinent: « Aujourd’hui qui réfléchit sur la pauvreté étudiante? Les départements socialistes qui souhaitent expérimenter un revenu de base ouvert aux moins de 25 ans contrairement au RSA. »

L’ancienne porte-parole d’EELV et vice-présidente de l’université de Lille Sandrine Rousseau a aussi qualifié l’événement d’« indigne, injurieux et honteux »« L’université est un lieu de débat et de liberté. Nous entendons bien qu’elle le reste », a-t-elle écrit sur Twitter.

Quant au président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, il a fustigé « la censure gauchiste » alors que François Hollande « doit pouvoir s’exprimer librement ».

Le député LR du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont a aussi critiqué « l’extrême gauche », qui « prive » « de parole un ancien président de la République ».