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Municipales : contre la "sclérose" des partis politique, les collectifs de citoyens se développent
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
C'est l'une des tendances de cette campagne des municipales : dans de nombreuses villes, des collectifs citoyens sont constitués et se présentent sans étiquette partisane. Leur objectif est de redonner la parole aux habitants.
De nombreuses listes indépendantes sont annoncées aux prochaines élections municipales de 2020. Parfois, des partis traditionnels acceptent même de se ranger derrière elles. Comme un écho au mouvement des "gilets jaunes", le point de départ commun à toutes ces initiatives citoyennes est le constat d'un fossé entre élus, partis et citoyens.
"Reproduction de l'entre-soi"
Samia Jaber est conseillère municipale d'opposition à Belfort. Élue au départ avec l'étiquette Parti socialiste (PS), elle a depuis quitté le parti et est devenue la principale opposante divers gauche du maire Les Républicains(LR) de Belfort, Damien Meslot. Depuis, elle qui a "vécu de l'intérieur cette sclérose des partis qui étaient plutôt dans une espèce de reproduction de l'entre soi", a monté un collectif baptisé Belfort 2020.
"En même temps [que la sclérose des partis traditionnels], il y avait le mouvement des 'gilets jaunes' avec non seulement de la révolte, mais aussi une formidable envie de reprendre peut-être aussi des responsabilités", explique l'élue belfortaine dont le collectif, après bientôt un an d'existence, revendique 200 adhérents et un mode de fonctionnement novateur.
Toutes les décisions reviennent à l’assemblée générale des citoyens.
Samia Jaber à franceinfo
"Les partis politiques travaillaient un programme entre trois, quatre personnes et ensuite le présentaient à l'ensemble de la liste, il y avait des négociations inter-partisanes pour constituer la liste et ses équilibres. Un parti dominant désignait sa tête de liste. On n'est plus du tout là-dedans", explique Samia Jaber. Elle a seulement proposé une feuille de route, sur laquelle chacun était invité à s'exprimer.
Des collectifs qui attirent parfois les partis
Novice jusqu'ici en matière électorale, la Toulousaine Caroline Honvault a participé au lancement d'Archipel citoyen, un collectif dont la liste est en partie constituée de personnes tirées au sort. Le programme sera validé lors de réunions publiques, explique-t-elle. Ici les participants ne cherchent pas "le plus beau programme", mais "celui qui sera le plus conforme à ce qu'on peut faire et à l'intérêt général de tous les habitants."
La démarche a convaincu Europe Écologie-les Verts et La France insoumise, puisque les deux partis ne présenteront pas de liste à Toulouse. Certains de leurs membres figurent d'ailleurs, sans étiquette, sur celle d'Archipel citoyen. Le tout donne un attelage qui apparaît comme un rival sérieux face au sortant Les Républicains Jean-Luc Moudenc.
Kingersheim, l'exemple de démocratie locale participative
À l'autre bout de la France, dans la banlieue de Mulhouse, Jo Spiegel, dirige sa commune, Kingersheim, suivant ces principes de participation citoyenne. Élu pour la première fois en 1989, il tire désormais le bilan de ses cinq mandats : "Ce que je peux dire, c’est que le vote local est complètement aux antipodes du vote national."
À Kingersheim en effet, "le vote national est très à droite, voire Front national", alors que le vote local porte "à plus de 60% notre équipe, qui se reconnaît quand même dans une logique de transformation écologique démocratique et sociale", explique Jo Spiegel. Il passera la main en mars, mais essaye de transmettre sa méthode. De nombreux collectifs le sollicitent. Il est l'invité phare d'une soixantaine d'ateliers dans les trois mois à venir.




