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À voir : Gloria Mundi, de Robert Guédiguian
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https://npa2009.org/idees/culture/voir-gloria-mundi-de-robert-guediguian
Film français, 1 h 47 minutes, sorti le 27 novembre 2019.
Gloria Mundi, le dernier film de Robert Guédiguian, fait preuve d’une intensité, d’une lucidité qui confirme une évolution salutaire déjà visible dans son précédent film, la Villa. On y voyait la fin d’une génération complètement désillusionnée, et une nouvelle qui ne reprend pas à son compte le « passif bureaucratique » des parents et cherche ses propres moyens d’expression dans une mondialisation qui impose sa loi avec les effets dévastateurs qui l’accompagnent.

La précarité frappe à toutes les portes
Ce qui reste permanent, c’est Marseille et les acteurEs de toujours, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. Et la famille, mais surtout pas en mode tranquille ; Ariane Ascaride est femme de ménage dans les hôtels de luxe et les paquebots qui font escale, son compagnon (Jean-Pierre Darroussin) est chauffeur de bus, son ex (Gérard Meillan), père de ses enfants, sort de prison. La précarité frappe à toutes les portes, et la communauté familiale doit faire face. Plus de syndicalistes, de projets politiques, de lendemains qui chantent, et la vie quotidienne avec ses lois qui placent les individus en concurrence. Les situations, le jeu des acteurs sonne juste, particulièrement le groupe des quatre jeunes (Anaïs Demoustier, Robinson Stévenin, Lola Naymark, Grégoire Leprince-Ringuet).
Lentement l’histoire se met en place, la mécanique du piège qui se referme, fonctionne parfaitement. Juste un bémol : la grève des femmes de ménage qui font bien triste figure face à une Ariane Ascaride offensive. Les dernières luttes qui se sont menées dans les grands hôtels en particulier ont montré une tout autre rage et détermination que celle présente dans le film. Mais l’essentiel est ailleurs. On ne peut pas manquer de faire le rapprochement avec le dernier film de Ken Loach, au moins aussi noir pour ce qui est de la précarisation du travail, mais aussi à Pagnol par la violence des drames familiaux masquée par la banalité du quotidien. Bref une réussite.
Jean-Marc Bourquin




