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    La deuxième phase du mouvement contrela réforme des retraites est engagée

    Décembre2019

    Brève publiée le 13 décembre 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://npa2009.org/actualite/social-autres/la-deuxieme-phase-du-mouvement-contre-macron-et-la-reforme-des-retraites-est

    Depuis les annonces d’Édouard Philippe, le mouvement est entré dans une nouvelle phase. À nous d’en analyser les éléments pour que le mouvement se réoriente et gagne.

    Les annonces du Premier ministre ont confirmé tout ce que le mouvement dénonçait dans les projets du gouvernement. La mise en application dès la génération 1975, les mesures contre les femmes, le calcul sur l’ensemble de la carrière.

    Ces mesures révoltent l’immense majorité des travailleurEs, et la journée de grève du 17 décembre s’annonce encore plus réussie que celle du 5, tandis que les grévistes en reconductible voient leur mouvement reconnu, encouragé et soutenu.

    L’entrée de la CFDT dans le mouvement, une bonne chose ?

    Les annonces du Premier ministre ont déclenché la mise en mouvement de la CFDT. C’est une nouvelle à double tranchant. Il faut voir favorablement la possibilité de l’entrée d’une structure aussi importante dans la mobilisation, qui facilitera la grève du 17 novembre et aidera à faire basculer des hésitantEs dans la grève. Les déclarations du gouvernement ont également renforcé le discours mobilisateur des directions syndicales, qui « réaffirment leur appel à renforcer la mobilisation par la grève et sa reconduction quand les salariés le décident ».

    Mais nous savons que la direction de la CFDT — et ce n’est pas la seule – prépare en même temps un compromis avec le gouvernement pour lâcher le mouvement, en particulier s’il revient sur l’âge pivot à 64 ans.

    Comme nous savons que la meilleure façon de convaincre est de mettre en mouvement, il faut multiplier les cadres d’interaction sur le fond, avec les slogans dans les manifestations, les assemblées générales, les réunions interprofessionnelles pour convaincre sur la question du retrait de la réforme.

    Contre les possibles trahisons, le mot d’ordre du retrait

    Cette question du retrait est fondamentale. En effet, le gouvernement tente de déminer la mobilisation en proposant des rencontres avec les syndicats de certains secteurs (transports, éducation…), discute de la date d’application de la réforme, et promet des augmentations de salaires (auxquelles personne ne croit). Cela vise à garder le cœur de la réforme, le système de la retraite à points, avec le calcul sur l’ensemble de la carrière. C’est ce principe qui permet de casser la solidarité, d’individualiser les retraites, de réduire drastiquement leur montant et d’introduire les retraites privées basées sur la capitalisation.

    Il faut absolument convaincre touTEs les salariéEs mobiliséEs de la nécessité de ce retrait et peser, dans les organisations syndicales, pour que ce soit la vraie ligne rouge.

    Remplir les vides du calendrier

    Les syndicats, devant les difficultés à mobiliser le 10 décembre, ont opéré un recul en n’appelant véritablement qu’au 17 décembre, tout en encourageant les grèves reconductibles. Il faut analyser la contradiction qui s’exprime dans ce choix. Les directions syndicales représentent la grande masse des salariéEs, y compris du secteur privé, où la grève a été très minoritaire, même le 5 décembre. Leur orientation est donc faite pour ces secteurs peu mobilisés.

    En n’appelant pas véritablement à la grève le 12 décembre, à la fois elles laissent du temps aux équipes syndicales pour préparer cette grève dans les secteurs où c’est difficile, là où peu de travail a été réalisé dans par les équipes syndicales ; elles mettent en difficulté les équipes en reconductible en ne proposant pas de date sur laquelle s’appuyer à courte échéance et, ce qui nous intéresse le plus, elles libèrent un espace pour l’initiative qui vient d’en bas. En effet, la faiblesse des initiatives venues d’en haut du 11 au 16 décembre peuvent montrer aux salariéEs la nécessité de s’organiser à la base. L’auto-organisation ne vient pratiquement jamais d’une conception idéologique, elle vient des tâches pratiques à remplir. Déjà, des rencontres interprofessionnelles ont organisé des manifestations locales, des tournées dans les hôpitaux, devant les grandes entreprises, les lieux de passage, des meetings, et c’est dans cette direction qu’il faut avancer.

    En effet, la mobilisation à la SNCF, la RATP et dans l’Éducation nationale est capable d’entraîner de plus larges franges, à condition de prendre le temps de convaincre, encore et encore, les hésitantEs, celles et ceux qui ne sont pas en grève au quotidien dans leur propre secteur, et à condition de se tourner également vers de nouveaux secteurs pour les aider à s’engager.

    C’est donc dans cette phase qu’une réelle auto-organisation peut émerger : des comités de grève élus par les AG pour organiser la lutte et les liens interprofessionnels, des rencontres interprofessionnelles locales qui se dotent de mandatéEs et de mandats… tout en ne détournant pas les équipes militantes de la construction pied à pied de la grève.

    Le gouvernement joue-t-il sa peau ?

    Les annonces d’Édouard Philippe sont une forme de fuite en avant. Aucun gouvernement n’avait osé attaquer l’ensemble du monde du travail à ce niveau depuis bien longtemps. Il parie sur l’absence de préparation – en dehors de la SNCF et la RATP – par les syndicats de la mobilisation actuelle.

    Le niveau de confrontation nécessaire pour gagner sera donc très haut et il faut se préparer dès maintenant à passer les vacances scolaires. Mais, si nous parvenons à construire quelque chose qui ressemble à une grève générale, le gouvernement et le patronat y laisseront des plumes. Car derrière cette réforme, il y a un gigantesque transfert de fonds des poches des salariéEs vers celles du patronat, dans une situation de crise du capitalisme. Une victoire de la mobilisation permettra donc, nécessairement de changer le rapport de forces entre les classes et de lancer une contre-offensive. 

    L’alternative à Macron et au système capitaliste sera alors une tâche à part entière. Quand les salariéEs en lutte font des liens, globalisent les choses, ce n’est pas essentiellement pour parler des salaires ou des conditions de travail, c’est pour poser la question du pouvoir : qui dirige, pourquoi un Macron est-il élu, comment en changer, comment imposer un monde plus juste. Dans ce débat politique, les révolutionnaires auront aussi des choses à dire !

    Antoine Larrache