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RAFFINERIES, PORTS : la montée en puissance de la résistance à la contre-réforme des retraites
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Depuis le 4 décembre, aucune goutte n’est sortie de la raffinerie Total de La Mède, ni par pipeline, ni par un des 150 camions journaliers, ni par wagon. PHOTO DR
Pas de pénurie généralisée de carburant mais quelques pompes à sec dans les Bouches-du-Rhône. La CGT a appelé lundi à un blocage total des huit raffineries françaises, du 7 au 10 janvier.
Mardi 31, six des sept raffineries françaises n’alimentaient plus le réseau de carburant. Et à partir du 7 janvier, « aucun produit ne sortira des raffineries », a prévenu Thierry Defresne, délégué central CGT chez Total. Le syndicat durcit le ton pour le retrait du projet de réforme des retraites.
Dans les Bouches-du-Rhône, les raffineries Total La Mède et Pétroineos sont bloquées depuis le 4 décembre. « Pas une goutte de carburant n’est sortie », assure Fabien Cros responsable CGT Total. Et depuis le 16 décembre, les salariés de la raffinerie Esso à Martigues ont rejoint les grévistes. Sans compter la production d’éthylène, fortement ralentie pour LyondellBasell. Le gouvernement qui assurait que l’approvisionnement était quasi normal dans les stations-service, remet cependant en garde contre « les pleins de précaution » effectués par des conducteurs qui pourraient « contribuer à créer des points de tension ».
À La Mède, le responsable CGT est aussi déterminé que serein : « Nous sommes en grève depuis plus d’un mois. Alors tenir jusqu’au 10 janvier, c’est du sûr. Après, on avisera. » Les 96 heures de blocage complet prévues par le national font office d’ultimatum au gouvernement. Si rien ne bouge, « on se posera la question de savoir si l’on passe à l’étape de l’arrêt des installations », a complété le délégué central.
Total puise dans les réserves depuis 15 jours
Les salariés qui tournent en quarts et en 3/8 sont « à 90 % en grève » chez Total. Pour les autres, « on se colle à l’appel national et aux journées d’actions de l’UD CGT. La prochaine étape sera cette semaine noire », indique un salarié. Comme pour les hospitaliers, les salariés de la pétrochimie sont « réquisitionnés sur des effectifs minimums pour la sécurité des installations. Mais on bloque les vannes », précise l’ouvrier. Chez Pétroineos à Martigues, 70 % du personnel est également en grève. Aucun carburant d’avion ou de voiture ne sort du dépôt pétrolier.
Pour l’heure, aucune pénurie généralisée n’est constatée dans les stations sur les Bouches-du-Rhône. Mais si la situation perdure, « il y aura forcément un impact sur les stations Total et la pénurie sera de plus en plus sensible », avertit Fabien Cros. « Il va falloir au moins deux mois pour s’en remettre.
Depuis 15 jours déjà, ils tapent dans les réserves et même dans les stocks non conformes où le produit a stagné dans les cuves », indique le syndicaliste. Quant aux réserves stratégiques, « elles sont bloquées. »
Les grévistes exigent le retrait du projet de réforme des retraites. Les salariés postés en 3/8 dans les raffineries sont reconnus dans le cadre des métiers à pénibilité. « Ils ont en moyenne 7 ans d’espérance de vie en moins que la moyenne », rappelle le délégué CGT. Avec le nouveau calcul des pensions, ils perdent 12 à 15 ans.
Myriam Guillaume
Les ports au ralenti pour faire dérailler la chaîne
L’acheminement du pétrole, c’est toute une chaîne. Face à la réforme des retraites, chaque maillon a décidé de décrocher. Une solidarité interpro’ qui peut conduire à la panne générale. La CGT de Fluxel, opérateur privé qui gère les terminaux pétroliers du GPMM à Fos-sur-Mer et Lavéra, a appelé à la poursuite de la grève. Des retardements dans le branchement et débranchement des bateaux, la fermeture des transferts des raffineries aux dépôts et, sur les quais de Marseille à Fos, des dockers en service sécurité (soit a minima), comme les portuaires.
« Le mouvement de grève s’intensifie depuis le 30 décembre avec un appel de la fédération nationale », explique Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du GPMM. « Un ralentissement dans les ports entraîne des perturbations sur toute la chaîne d’approvisionnement », précise le syndicaliste.
Si la pétrochimie appelle à mettre les bouchées doubles à partir du 7 janvier, les portuaires ont prévu des « actions spectaculaires sur les 7 Grands Ports maritimes de France », notifie encore Pascal Galéoté. Et le 9 janvier a été déclaré « journée ports morts » au niveau national avec 24 heures d’arrêt de travail.
M.G.




