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    Municipales à Ivry-sur-Seine: PS, LFI et EELV s’unissent pour dégommer le PCF

    Brève publiée le 26 janvier 2020

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://94.citoyens.com/2020/municipales-a-ivry-sur-seine-ps-lfi-et-eelv-sunissent-pour-degommer-le-pcf,23-01-2020.html

    Ville emblématique du communisme municipal, Ivry-sur-Seine va faire l’objet d’une violente bataille à gauche au premier tour des municipales de 2020 avec la mise en selle d’un attelage peu banal rassemblant EELV, LFI, PS, Génération Ecologie et MRC-GRS contre le maire sortant PCF soutenu lui par Génération.S, Ensemble et la formation locale CCI.

    Depuis fin décembre, LFI et EELV avaient déjà scellé leur alliance autour de la candidature de l’écologiste Sabrina Sebaihi (photo), pour mettre la priorité sur la transition écologique. Si les relations entre la cheffe de file PS, Sandrine Bernard, dans l’opposition depuis 2014, et la majorité sortante n’auguraient pas d’un rabibochage, rien ne laissait toutefois présager d’une alliance PS-LFI contre le PCF, configuration singulière. « Ce n’est pas la seule ville du département, c’est également le cas à Gentilly », pointe Sabrina Sebaihi, tête de la liste Ivry Demain. Réunis ce jeudi matin pour confirmer leur rapprochement, les trois formations politiques en défendent le principe en s’appuyant sur leurs priorités municipales. « Notre objectif est de rassembler les forces progressistes et écologistes », pose Sabrina Sebaihi, à l’occasion d’une conférence de presse téléphonique. « Nous avons fait le constat partagé que le rassemblement proposé par le PCF ne permettait pas de mettre en oeuvre une politique pluraliste et démocratique et que nous ne souhaitions pas être les supplétifs du PCF. Nous partageons également le constat de l’urgence sociale et écologique dans la ville », motive Sandrine Bernard.

    « Je savais qu’il y avait des discussions mais je suis un peu surpris d’une telle alliance. Ivry-sur-Seine est sans doute la seule ville où LFI, le PS et EELV vont faire front contre le PCF ! Cette union est la démonstration que leur première motivation est d’éliminer le PCF de cette ville. C’est un fondement politicien qui ne grandit pas leurs organisations politiques », réagit le maire, Philippe Bouyssou, se demandant si cette union étonnante est réellement partagée sur le terrain par les sympathisants engagés de ces organisations.

    Incinérateur, densification…

    Sur le fond, les alliés d’Ivry Demain défendent au contraire des clivages empêchant un accord. « Nous sommes unanimement contre la reconstruction de l’incinérateur du Syctom et opposés à une densification et bétonisation de la ville pour aller vers les 75 000 habitantsNous avons essayé d’échanger sur ces sujets mais n’avons eu aucun retour à nos demandes sur ces questions de fond. Or, pour nous, le rassemblement passe d’abord par le projet », indique Sabrina Sebaihi.

    « Les discussions ont commencé depuis fin 2018, date à laquelle j’avais rendu ma délégation aux associations, rappelle Mourad Tagzout, chef de file LFI. Nous avions alors dressé des lignes rouges, les mêmes que les écologistes, en insistant notamment sur le respect des règles républicaines et démocratiques à commencer par la transparence dans les pratiques municipales », indique l’ancien conseiller délégué, reprochant un manque de visibilité dans les aides aux associations et l’attribution des logements sociaux.

    « Concernant l’incinérateur, c’est un point de clivage, mais je rappelle qu’Ivry-sur-Seine n’est pas seule à décider au sein du Syctom. Il y a d’autres communes et une douzaine d’arrondissements parisiens« , pointe le maire, notant que les conclusions qu’en tirent les partis ne sont pas toujours les mêmes d’une ville à l’autre. « A Champigny-sur-Marne, le maire a voté de la même manière et LFI s’est rallié à sa liste », cite l’élu. « Concernant les demandes de Mourad Tagzout, il n’y a pas d’opacité dans la gestion des associations, la réalité est qu’il n’a consacré qu’un temps très limité à sa délégation », reprend le maire. « Qu’il commence par répondre aux quatre pages que je lui avais adressées en rendant mes délégations au lieu de passer aux attaques personnelles », envoie l’ex-délégué. «

    Sur la question du logement, le maire rappelle qu’Ivry a été pionnière dans la mise en place d’un système de cotation pour évaluer avec le plus de justesse les milliers de dossiers qui se présentent, garantissant au contraire un maximum de transparence.

    Entre le PCF et ses alliés de gauche, des fissures qui ne datent pas d’aujourd’hui

    Sur le plan des alliances politiques, les fractures ne datent pas d’aujourd’hui, qui se sont illustrées depuis une dizaine d’années, dès les cantonales de 2011. Aux législatives de 2012, le MRC Jean-Luc Laurent a profité de la vague rose pour retirer son siège à Pierre Gosnat (l’ancien maire PCF d’Ivry) soutenu par le PS. Lors des municipales qui ont suivi, en 2014, les discussions ont été plus que tendues et le PS a quitté son alliance historique, resté ensuite dans l’opposition durant toute la mandature.

    A l’époque, EELV avait en revanche décidé de rester dans la majorité après avoir négocié une charte de gouvernance et obtenu l’assurance d’une remise en débat du projet de reconstruction de l’incinérateur du Syctom et d’une opposition commune à son volet tri-méthanisation.

    Depuis, les législatives de 2017 ont continué de chambouler le paysage politique local, non pas pour redonner le siège de député au PCF mais cette fois à Mathilde Panot, candidate de La France Insoumise dont l’irruption dans le paysage a mordu sévèrement sur les voix du PS et du PCF. Aux Européennes de 2019, c’est EELV qui est arrivé en tête dans la ville avec plus de 20% des voix, loin devant le PCF (13%), LFI (12%) et le PS – Place Publique (7%). Dans ces scrutins nationaux, le dévissage du PCF a été constant, qui avait dépassé les 22% aux Européennes de 2014 dans le cadre du Front de Gauche.

    Au niveau local en revanche, la municipalité sortante a beaucoup mieux résisté. En 2014, Pierre Gosnat n’a certes pas été réélu dès le premier tour comme en 2008 où il avait raflé 65% avec une liste d’union de la gauche. Mais il avait tout de même remporté le second tour avec 55% contre la PS Sandrine Bernard (18%) et le candidat de la droite et du centre Régis Leclercq (27%). Elu début 2015 suite au décès de Pierre Gosnat, Philippe Bouyssou, 54 ans, a conduit quasiment un mandat complet et eu le temps de s’installer dans le poste et de se faire connaître des habitants.

    Si la bataille sera fratricide à gauche, le rapport droite-gauche-centre reste en revanche loin du coude à coude. Aux dernières Européennes, la liste Renaissance (LREM- Modem) a plafonné à 16% et celle de la droite et du centre à un peu plus de 3%. Dans cette ville, LREM a choisi une candidate de son programme Action quartiers (destiné à coacher des membres du mouvement dans des quartiers peu politisés), Rachida Kaaout, désignée dès la première série d’investitures en juin. Depuis, la responsable associative a multiplié les ateliers dans les quartiers. A droite, Sébastien Bouillaud (LR) a pour sa part lancé une liste sans étiquette fin novembre, A noter aussi la présence d’une liste Lutte Ouvrière menée par Gisèle Pernin et un projet de liste de la part d’un habitant, Mézaine Hanaizi.