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    Le Ruissellement

    Brève publiée le 27 janvier 2020

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://aplutsoc.org/2020/01/26/le-ruissellement/

    Le camarade Patrick Farbiaz, qui avait participé à notre réunion du 20 octobre dernier, nous fait parvenir cette contribution en vue de la réunion que nous tiendrons dimanche 2 février avec Dan La Botz. Nous la reproduisons bien volontiers.

    La rédaction.

    Le 20 janvier 2020, par Patrick Farbiaz

    La grève initiée le 5 décembre dans les transports publics en est à sa septième semaine. Les grévistes de la RATP et de la SNCF menacés par le pourrissement voulu par Macron se mettent en mode trêve tout en prolongeant sous d’autres formes l’action contre la réforme scélérate.

    Mais le mouvement lui continue bel et bien en se métamorphosant :

    • Par la continuation des journées d’actions à l’appel de l’intersyndicale , les 22 et 23 avec grande manif le 24 janvier

    • Par des actions symboliques : le jeter des collectifs d’uniformes ( robes d’avocats, blouse blanche des infirmières, tutus .., et d’objets ( livres de classes et cartables …)

    • Par le blocage des épreuves du nouveau bac, la démission de 1000 médecins, le refus de siéger des avocats ….

    • Par des actions d’intrusions collectives ( à la CFDT par la coordination SNCF- RATP), aux Bouffes du Nord pour attaquer Macron directement, blocage du Louvre par les travailleurs de la Culture

    • Par la multiplication des AG interpros regroupant plusieurs secteurs et organisant le soutien aux grévistes, des déambulations dans les villes , des actions coups de poing

    • Par la convergence des luttes sociales et écologiques , marquées la semaine passée par l‘appel de huit responsables d’associations environnementales et de syndicats comme la CGT, SUD, la Confédération Paysanne, les Amis de la Terre, Attac France ou encore Greenpeace France appellent à « répondre à la double urgence climatique et sociale »

    • Par la giletjaunisation du mouvement ( chants et slogans anti Macron, manifs sauvages, nouvelles formes de luttes…)

    Ce mouvement social inédit concerne toutes les professions car toutes et tous sont concernées par cette attaque contre nos retraites. Si elle ne prend pas la forme de la grève générale c’est que 30 ans de défaites et de reculs ont atomisé le paysage social. Plus de concentrations ouvrières significatives, un chômage de masse structurel, une précarisation accentuée font que seuls les secteurs encore organisés comme les transports , les raffineries et l’éducation peuvent bloquer l’économie sans d’ailleurs bloquer la production. Le mythe de la grève générale reprise en cœur dans les cortèges n’y fera rien.

    Ce qui est en train d’émerger c’est une guérilla sociale sous forme de ruissellement où toutes les formes de contestation s’enrichissent entre elles, se coordonnent sur le terrain, construisent non pas LA « convergence des luttes », mais une dissidence de masse coopérative avec une cible politique : Macron et son monde. Ce ruissellement a commencé par la grève contre les lois EL Khomri sous Hollande, a rebondi avec les Gilets Jaunes et contamine maintenant les secteurs les plus « intégrés » du salariat ou même des classes moyennes aisées comme les avocats et les médecins.

    Ce ruissellement ressemble à un « Mai rampant » qui va se poursuivre jusqu’en 2022 car Macron voudra pousser son avantage et rester dans l’histoire comme le Thatcher Français. Le mouvement populaire continuera car ses exigences sont claires à l’égal des soulèvements populaires qui fleurissent dans le monde du Chili au Liban, d’Algérie en Irak : défendre une vie digne et décente, être respecté face aux tentations illibérales d’États de plus en plus autoritaires, décider nous mêmes de notre destin.

    Évidemment ce qui manque pour renforcer ce mouvement c’est une perspective politique. Comme d’habitude la gauche et les écologistes vont dans le mur en klaxonnant. L’impossibilité de proposer même une motion de censure au Parlement, la division persistante dans les municipales, la dérive inquiétante d’EELV ( convergence Belliard – Villani à Paris, refus de soutenir la candidate écologiste de rassemblement à Marseille et Montpellier, absence de communiqué dénonçant l’accord scélérat entre les Verts autrichiens et le gouvernement conservateur).

    Il nous semble au contraire que la situation politique est propice à la construction d’une telle alternative:

    • Par la politisation de secteurs entiers de la population en renforçant les instruments d’éducation populaire

    • Par la construction de listes de rassemblements communalistes aux élections municipales

    • Par le développement d’un Front Populaire écologique

    L’heure n’est pas à la démobilisation. PEPS (Pour une Écologie Populaire et Sociale ) soutiendra toutes les initiatives qui iront dans ce sens car l’écologie sociale est au cœur de l’alternative dont le mouvement populaire a besoin.

    PEPS
    25, rue du Moulinet, 75013 Paris
    appeleps@lilo.org