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Chambéry. La co-secrétaire de Solidaires en garde à vue pour une pancarte !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Convoquée au commissariat jeudi 8 avril au matin, Bénédicte, co-secrétaire de Solidaires Savoie, a été placée en garde à vue pendant sept heures. Le motif ? Avoir porté une pancarte lors d’une manifestation en novembre dernier ! Elle sera jugée le 1er juillet prochain.
Crédits photo : Déclic Militant
Samedi 28 novembre 2020. Partout en France, des manifestations ont lieu contre la loi de sécurité globale, qui renforce les pouvoirs des policiers et interdit de les filmer. Au même moment, des policiers agressent sauvagement le producteur de musique Michel Zecler ; comme pour appuyer la nécessité de ces manifestations, ce n’est que grâce aux images de l’agression que Zecler pourra mettre à mal la version de ses agresseurs et faire reconnaître le préjudice qu’il a subi. Pour beaucoup, cette agression choquante et très médiatisée est alors la goutte d’eau de trop, le symptôme d’un racisme policier devenu insupportable : le samedi suivant, 6 décembre, des dizaines de milliers de manifestants défilent pour réclamer la fin de l’impunité policière et le retrait de la loi de sécurité globale.
Lors de la manifestation du 28 novembre à Chambéry, Bénédicte, co-secrétaire du syndicat Solidaires Savoie, portait une pancarte sur laquelle figure la photo d’un commandant de police de Chambéry, prise lors d’une manifestation contre la réforme des retraites à l’hiver 2019-2020. À droite de la photo, l’inscription « All cops are blue » – « tous les flics sont bleus ». Une association que la police et la justice chambériennes s’accordent à considérer comme un outrage à agent, et qui a valu à Bénédicte une convocation au commissariat ce jeudi 8 avril, suivie d’une garde à vue de sept heures et d’une convocation au tribunal judiciaire le 1er juillet prochain.
Le contraste entre les affaires est saisissant : d’un côté, plusieurs hommes attaquent un homme en bande organisée et sans motif ; pourtant à la fin décembre, les deux policiers écroués dans l’affaire Michel Zecler ont été remis en liberté. Seront-ils un jour jugés ? De l’autre côté, une militante défile avec un morceau de carton ; mais pour l’ordre et la justice, l’affaire est grave. Cette pancarte symbolise en effet l’insubordination de toutes celles et tous ceux qui refusent de courber l’échine face à une surveillance, une répression et une exploitation toujours plus féroce. Bénédicte est en effet une militante très active à Chambéry, et sa garde à vue constitue un coup de pression politique évident.
Jeudi 8 avril, plus de 90 personnes sont venues soutenir Bénédicte devant le commissariat lors de son placement en garde à vue. Face à la répression, notre solidarité est notre force : il nous faudra être encore plus nombreux lors de son procès, le 1er juillet.
En attendant, pour celles et ceux qui s’y intéressent, les affaires policières s’accumulent. Quelques jours suffisent pour en constater l’ampleur : fin mars, à Bobigny, un homme est tasé à terre à deux reprises lors d’un contrôle d’identité ; vendredi 9 avril, lors d’un contrôle à Paris, un policier lance à un homme noir « Ah mon gars t’as de la chance qu’on est à Paris, on serait en banlieue je t’aurais arraché la tête » ; dimanche 11 avril, à Etampes, un jeune homme finit à l’hôpital après que tout son groupe d’amis a été gazé et frappé.





