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Colombie: démission du ministre des finances
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Alberto Carrasquilla se retire du gouvernement après que la répression de manifestations hostiles à son projet a provoqué près de vingt morts et des centaines de blessés.
Le ministre des finances colombien, Alberto Carrasquilla, a présenté, lundi 3 mai, sa démission au président Ivan Duque, après le retrait, la veille, par le chef de l’Etat d’un projet de réforme fiscale contesté lors de manifestations massives, marquées par des violences.
« Mon maintien au gouvernement rendrait difficile l’édification rapide et efficace des consensus nécessaires » pour mener à bien une nouvelle proposition de réforme, a déclaré dans un communiqué M. Carrasquilla, qui avait été nommé ministre des finances et du crédit public en août 2018, à l’arrivée au pouvoir du président Duque.
Il sera remplacé par l’économiste José Manuel Restrepo, jusque-là ministre du commerce, a annoncé le président Duque sur Twitter. M. Carrasquilla a averti dans son communiqué qu’« en l’absence d’une réforme (…) la stabilité macroéconomique du pays serait sérieusement compromise ».
Un nouveau texte sans les points les plus contestés
Le président conservateur avait annoncé dimanche le retrait du projet, en cours d’examen au Parlement, après cinq jours de protestation qui se sont soldés par la mort de dix-huit civils et d’un policier, selon le défenseur du peuple, entité publique de protection des droits. Le ministère de la défense a pour sa part fait état de 846 blessés, dont 306 civils. En outre, 431 personnes ont été interpellées au cours des troubles qui, depuis le 28 avril, ont émaillé certaines manifestations, bien que la plupart aient été pacifiques.

Manifestation d’universitaires contre le projet de réforme fiscale, lundi 3 mai, à Bogota. FERNANDO VERGARA / AP
M. Duque avait précisé qu’il présenterait un nouveau texte, excluant les points les plus contestés, dont une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les biens et les services, ainsi que l’élargissement de la base d’imposition sur les revenus.
Le projet initial a suscité de fortes critiques, l’opposition, les syndicats et même des représentants du parti au pouvoir estimant qu’il affectait trop la classe moyenne et le jugeant inopportun alors que la pandémie a aggravé la crise économique.
La quatrième économie d’Amérique latine est confrontée à sa pire récession en un demi-siècle, avec une chute du produit intérieur brut (PIB) de 6,8 % en 2020 et un chômage officiel de 16,8 % en mars. Alors que près de la moitié de la population active de ce pays de 50 millions d’habitants vit de l’économie informelle, la pauvreté s’est aggravée à 42,5 %.




