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Pablo Iglesias abandonne la politique et signe l’échec du projet réformiste de Podemos
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Après des résultats désastreux à l’élection régionale à Madrid, Pablo Iglesias a annoncé son retrait de la vie politique. Beaucoup d’interrogations s’ouvrent quant au futur de son parti. Un échec politique indiscutable.

Mardi se tenaient les élections anticipées de la communauté autonome de Madrid. Les résultats ont montré une victoire écrasante de la droite avec Isabel Diaz Ayuso du Partido Popular (PP) qui a obtenu 44,48% des suffrages (65 sièges sur 136). Elle pourra ainsi former un gouvernement avec le soutien de l’extrême-droite de Vox, qui a obtenu 13 sièges (un de plus par rapport aux élections de 2019). La social-démocratie du PSOE a obtenu 24 sièges, une chute importante par rapport à 2019 (37 sièges gagnés à l’époque). La liste Más Madrid, issue d’une rupture avec Podemos, obtient 24 sièges également mais réussi à dépasser le PSOE en nombre de voix. Finalement Podemos a obtenu 10 sièges (3 de plus par rapport à 2019). Mais le résultat est perçu comme un échec : un score trop maigre par rapport à l’implication de la principale figure nationale du parti dans cette élection. Après ces résultats Pablo Iglesias a annoncé son retrait de la vie politique.
En effet, Pablo Iglesias avait démissionné de son poste de vice-président du gouvernement étatique, où Podemos co-gouverne avec le PSOE de Pedro Sanchez depuis plus d’un an, pour tenter de sauver son parti d’un désastre annoncé dans la capitale espagnole. La campagne a été très polarisée avec une droite dure qui avait fait le choix d’adopter un discours trumpiste et défendant le slogan « socialisme ou liberté » ; une droite néolibérale et négationniste par rapport à la pandémie. De son côté, Iglesias avait décidé de répondre à la droite avec son propre mot d’ordre « démocratie ou fascisme ». Podemos avait également choisi de s’adresser aux quartiers populaires de la capitale, traditionnellement abstentionnistes.
Cette utilisation irresponsable de la « menace fasciste » de la part d’Iglesias aura été la dernière expression de l’échec de la stratégie réformiste et institutionnaliste de Podemos. En effet, comme beaucoup de courants opportunistes, Iglesias a utilisé la droitisation du discours de la droite traditionnelle et le renforcement de courants populistes d’extrême-droite, pour brandir la « menace fasciste » et tenter de faire adhérer les électeurs à sa politique qui, sur le plan étatique, se traduit par une alliance avec un parti traditionnel du bipartisme postfranquiste.
Il s’agit d’une attitude complètement irresponsable. Et cela d’autant plus que face à la victoire du PP Iglesias décide de se retirer. Comme on peut le lire dans IzquierdaDiario.es : « cette décision ne pourrait être plus déconcertante pour nombre de ses électeurs qui ont soutenu le parti violet lors de ces élections. Si l’enjeu était la lutte entre la "démocratie" et le "fascisme", quel a été le résultat ? Le "fascisme" a-t-il gagné ? Et comment se fait-il alors que le leader de Podemos abandonne la politique à ce moment précis ? Pour le PP et pour VOX, il n’y a pas de meilleur cadeau pour terminer la journée : maintenant ils peuvent dire, non seulement qu’ils ont gagné les élections, mais qu’ils ont réalisé une défaite écrasante contre Podemos et qu’en plus ils ont mis fin à la carrière politique de leur leader ».
Mais la déroute électorale de Pablo Iglesias va au-delà. Elle exprime l’échec de sa stratégie de cogestion, d’électoralisme et de compromissions avec les partis et institutions du régime (comme la monarchie). En effet, même si l’élection à Madrid a été très polarisée et que le centre de gravité a été repoussé vers la droite (au point qu’Iglesias lui-même a été menacé de mort pendant la campagne), le résultat ne doit pas être complètement délié de la politique menée par Podemos au niveau du gouvernement étatique. Les promesses non-tenues du parti d’Iglesias et son partenaire « socialiste » ont sans aucun doute pesé dans le résultat à Madrid. Comme c’est écrit dans El Pais, « l’élection portait sur autre chose, mais il serait naïf de sous-estimer la composante du rejet des politiques du gouvernement de Pedro Sánchez comme facteur de mobilisation dans la victoire écrasante d’Ayuso ». Comme l’explique Diego Lottito dans IzquierdaDiario.es : « la gauche institutionnelle au gouvernement n’a pris aucune mesure favorable à la classe ouvrière et aux secteurs populaires, à commencer par l’abrogation de la réforme du travail, de la loi bâillon et de la loi sur l’immigration, l’imposition progressive des grandes fortunes et l’expropriation des logements vides. C’est ce qui explique que la droite a balayé Madrid, même dans les quartiers ouvriers traditionnellement de gauche, malgré la grande mobilisation électorale ».
Le retrait de Pablo Iglesias jette maintenant également un voile de doute sur le futur de la coalition au pouvoir, car la popularité de Podemos repose en grande partie sur la personnalité d’Iglesias ; une organisation qui est devenue de plus en plus personnaliste et dont les méthodes bureaucratiques utilisées contre les opposants internes ont été largement dénoncées.
La « carrière politique » de Pablo Iglesias n’aura duré que 7 ans au cours desquels son organisation n’a contribué qu’à sauver les partis du régime détestés de 1978. C’est sans doute la fin du cycle des illusions néoréformistes nées de la déviation électoraliste et institutionnelle de l’explosion sociale qui a secoué le pays en 2011 avec le mouvement des « Indignés ». En ce sens, nous pouvons conclure avec nos camarades de IzquierdaDiario.es : « la crise de la gauche du régime et l’échec de la politique du moindre mal - dont la métaphore la plus misérable est le retrait de Pablo Iglesias - face à une droite et une extrême-droite enhardies par un discours radical trumpiste, soulève l’urgence non seulement de faire un bilan profond du cycle néo-réformiste qui va du 15M à l’arrivée de Podemos au Palais de la Moncloa pour finalement ne rien changer, mais fondamentalement de construire une alternative politique révolutionnaire, anticapitaliste et de classe qui n’affronte pas seulement la droite trumpiste, l’extrême droite, mais l’ensemble des partis du régime ».




