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Madagascar: 1 million de personnes touchées par la famine, le pire reste à venir
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ces derniers mois, la situation humanitaire s'est considérablement dégradée dans le sud de l'île où plus d’un million de personnes souffrent de la faim dans le silence médiatique. Le pire reste à venir si la sécheresse se poursuit.

Crédits : AFP/Rijasolo
Depuis plusieurs années, le sud de Madagascar est confronté à une sécheresse sans discontinuité, due au manque de précipitations qui s’accentue peu à peu. L’île de Madagascar n’avait pas connu une telle situation depuis 1981. Cette sécheresse latente entraîne déjà depuis plusieurs années, une situation de malnutrition chronique dans la population du sud de l’île. Mais la situation s’est considérablement aggravée ces derniers mois dû à une combinaison de facteurs, développés dans l’article, et une accentuation de la sécheresse.
Le réchauffement climatique est bien évidemment le premier responsable de cette catastrophe humanitaire. Cette sécheresse inédite tant par sa durée que son intensité est le résultat direct de l’accroissement des phénomènes météorologiques extrêmes. 1,35 millions de malgaches souffrent déjà de la faim d’après le Programme alimentaire mondiale. Malheureusement, à cause du déficit de pluie qui s’accumule, “Le pire est à venir” d’après Lola Castro, directrice régionale du Programme alimentaire mondial pour le sud de l’Afrique : 400 000 autres habitants de l’île sont directement menacés dans les prochains mois, si les précipitations ne reviennent pas.
En effet, en ce début d’année 2021, c’est déjà 60 % des récoltes agricoles annuelles qui ont déjà été détruites dans la région du sud de Madagascar. En plus de la sécheresse même, ce sont les criquets, autrefois rares, et les tempêtes de sable qui finissent de dévaster les cultures encore présentes.
Alors que l’épisode de chaleurs extrêmes sur l’ouest du Canada a fait la une de la presse internationale, la crise malgache frappe par le silence médiatique malgré la situation humanitaire dramatique qui se dégrade de jour en jour et qui a déjà causé la mort de centaines de personnes. Ce traitement médiatique démontre que toutes les populations ne sont pas égales face au changement climatique : bien que les principaux responsables du réchauffement climatique soit les pays riches et développés ; se sont au contraire, les populations des pays pauvres qui subissent les conséquences les plus terribles du dérèglement climatique.
Cependant, l’accentuation de cette crise humanitaire n’est pas entièrement due aux conséquences du réchauffement climatique. Le sud de Madagascar est une région peuplée majoritairement par une ethnie historiquement marginalisée par la classe dominante Malgache depuis des décennies. Cette marginalisation a pour principale conséquence le sous-développement des infrastructures de base dans la région, comme les routes, les hôpitaux et les écoles. Ce sous-développement rend la population d’autant plus vulnérable aux aléas des récoltes.
La pandémie mondiale qui est venue s’ajouter à cette crise, a entraîné une importante inflation des prix alimentaires dû aux restrictions des importations. C’est donc une combinaison de facteurs multiples qui plonge le sud de l’île dans une situation dramatique sans précédent. Pourtant, l’aide dont a désespérément besoin en urgence la population, peine à arriver. On se demande comment cela est possible au 21ème siècle alors que les puissances impérialistes occidentales parviennent à déployer des armées aux quatre coins du monde en quelques heures.
Le seul moyen d’endiguer cette situation de famine chronique dans le sud de l’île est de développer cette région pour que les populations locales soient moins affectées par les phénomènes climatiques extrêmes. Cependant, le principal problème étant le réchauffement climatique, c’est contre les responsables capitalistes de celui-ci qu’il est nécessaire de se mobiliser, partout dans le monde, afin de mettre fin à un système qui exploite les ressources humaines et naturelles de la planète.




