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Australie. Des travailleurs du bâtiment mobilisés contre l’autoritarisme sanitaire
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Durement touchée par le variant Delta, l'Australie impose toujours plus de restrictions sanitaires. Les travailleurs de la construction de Melbourne sont particulièrement touchés puisqu'ils sont menacés de licenciement s'ils ne se font pas vacciner. Une politique autoritaire scandaleuse qu'ils ont contesté dans les rues.
Crédits photo : JASON SOUTH / The Sydney Morning Herald
Durement touchée par le variant Delta, l’Australie fait face à un rebond épidémique depuis le début de l’été. Les principales villes du pays sont sous confinement et ce alors qu’à peine 40% de la population a reçu ses deux doses de vaccin.
Le secteur de la construction est particulièrement touché par cette diffusion rapide du virus. Jeudi 16 septembre, le gouvernement de l’État de Victoria, où se situe Melbourne, a décrété que les travailleurs du bâtiment seraient soumis à la politique du « no jab, no job » (« pas de vaccin, pas de boulot »), leur laissant seulement une semaine pour recevoir leur première dose avant de perdre leur emploi. Par la suite, l’État de Victoria a décrété un arrêt de tous les chantiers pour deux semaines.
La gestion répressive de la crise sanitaire a provoqué une grande colère chez une partie de la population de Melbourne, qui s’est mobilisée il y a une dizaine de jours dans des manifestations anti-confinement et s’est affrontée aux forces de répression, forçant les barrages qui interdisaient l’accès au centre-ville.
Les travailleurs du bâtiment se sont particulièrement mobilisés contre l’obligation vaccinale qui leur est imposée. Ils se sont réunis devant les locaux du syndicat de la construction, le CFMEU (Construction, Forestry, Mining and Energy Union) dont la politique et de s’adapter à l’obligation vaccinale, quand il devrait plutôt chercher à accompagner la colère des travailleurs contre le gouvernement tout en faisant de la pédagogie pour encourager les salariés à se vacciner.
La direction du CFMEU, ainsi que celle de l’ACTU (l’organisation syndicale australienne la plus importante) sont allées jusqu’à condamner les manifestations et à menacer les travailleurs qui y ont participé de licenciement, réduisant le mouvement à une mobilisation d’extrême droite complotiste. Un salarié du bâtiment a déjà été licencié pour sa participation, alors qu’il est lui-même doublement vacciné et aurait « des opinions politiques de gauche » selon le média The Age cité par Solidarity.
S’il est indéniable que des complotistes et des militants d’extrême droite sont en effet présents dans ces mobilisations, ils n’en représentent pas la majorité. La majorité du mouvement est en effet composée de travailleurs de base, syndiqués à la CFMEU ou non syndiqués. De fait, par leur inaction face aux mesures répressives du gouvernement, les directions syndicales australiennes participent à pousser les manifestants vers l’extrême droite.
À l’inverse, les syndicats devraient soutenir les travailleurs non-vaccinés menacés de licenciement et s’opposer à la gestion autoritaire de la crise par le gouvernement australien, tout en faisant campagne en faveur de la vaccination des salariés par la padagogie et non la contrainte. En Australie comme en France ou ailleurs, il est également essentiel d’accompagner cette politique par une mobilisation en faveur de moyens à la hauteur pour la santé et la levée des brevets sur les vaccins.





