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Pass sanitaire: le Conseil Scientifique prône sa fin rapide, contre la position du gouvernement
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Alors que le gouvernement prévoit de prolonger le pass jusqu’à l’été 2022 le Conseil Scientifique défend lui « une sortie rapide voire immédiate », mettant en garde contre la « banalisation du pass sanitaire et des mesures de contrôle », tout en pointant son efficacité limitée. Une prise de position du Conseil Scientifique mettant en exergue les aspects politiques et électoraux de la prolongation du pass sanitaire voulue par le gouvernement.

Alors que la situation sanitaire en France semble se stabiliser depuis plusieurs semaines avec l’enregistrement d’une baisse –qui se confirme- des contaminations, se pose la question du futur du pass sanitaire. Le gouvernement annonçait cette semaine se réserver la possibilité de le conserver jusqu’à l’été…
Le Conseil Scientifique a, lui, rendu un avis quelque peu différent ce mardi. En se basant sur l’état actuel de la transmission et sur le taux de vaccination élevé dans la population il propose un plan d’arrêt du pass sanitaire. Il envisage deux scénarios, l’un de fin immédiate, d’ici quelques semaines et le second après le 15 novembre pour voir l’évolution de l’épidémie jusque-là. Sans donner une marche précise à suivre il suggère différentes approches : « Cet arrêt de l’utilisation du passe sanitaire pourrait être global, ou limité à certains lieux, dans lesquels les risques de contamination semblent faibles depuis quelques semaines tout en s’accompagnant d’un maintien du passe sanitaire pour l’accès à quelques lieux jugés plus à risque ». Le Conseil Scientifique justifie son penchant pour une fin rapide du pass sanitaire par son « efficacité limitée comme mesure de protection » mais il insiste surtout sur le fait que : « le Conseil scientifique qui a proposé et soutenu sa mise en place [du pass sanitaire] tient à rappeler que le passe doit rester un outil temporaire et proportionné. » Rappelant la contestation qui existe autour de cette mesure répressive l’avis poursuit ainsi : « [Le Conseil scientifique tient à alerter aujourd’hui sur le risque d’une banalisation du passe sanitaire et des mesures de contrôle associées alors que bien que la situation soit apaisée, la gestion de l’épidémie doit s’inscrire dans une vision de long terme. Ainsi loin de suggérer une fin du pass à l’été 2022, le Conseil scientifique pousse à « une sortie rapide voire immédiate ».
Pourtant le gouvernement Macron cherche à repousser cette échéance et le 13 octobre au conseil des ministres sera posée la prolongation du pass jusqu’à l’été 2022. Si le gouvernement persévère dans une gestion répressive de la crise sanitaire : alors que le conseil scientifique à mettre fin au pass sanitaire, la macronie répond en mettant fin à la gratuité des tests et en imposant le pass sanitaire pour les dix prochains mois. Il s’agit non seulement d’un signal que le gouvernement compte aller jusqu’au bout de son autoritarisme mais aussi de la volonté de maintenir son autoritarisme sanitaire, en tant que stratégie politique, pour enjamber les présidentielles. En effet, pour l’exécutif, il s’agit de prolonger le plus longtemps possible, au-delà de l’été, la séquence sanitaire qui lui a permis de remobiliser sa base sociale de droite, notamment les retraités. Une façon pour Macron de répondre à l’offensive que mène actuellement Eric Zemmour sur la droite traditionnelle. Une prolongation du pass sanitaire qui court-circuite y compris les circuits anti-démocratique de la Vème République qui est critiquée y compris par les secteurs les plus conscients de la bourgeoisie représentée notamment par le journal L’Opinion.
Plus que jamais face à l’autoritarisme du gouvernement, il s’agit d’exiger l’abrogation immédiate du pass sanitaire, mais aussi de l’état d’urgence sanitaire, et de l’ensemble des mesures et loi liberticides, qui visent à s’institutionnaliser, et à rompre en définitive nos résistances, en vue de combats et luttes à venir.




