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Que se passe-t-il en Italie … et donc en France ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Que se passe-t-il en Italie … et donc en France ? – Arguments pour la lutte sociale (aplutsoc.org)

Samedi dans la journée, sont tombés des communiqués venant des directions de Solidaires puis de la CGT et de la FSU, confirmés ensuite par certains articles de presse, dont l’Humanité : à Rome, « les fascistes » ont attaqué et mis à sac le local central de la principale confédération syndicale d’Italie, la CGIL. Ces fascistes venaient de la manifestation anti-passe qui, comme en France, se déroule le samedi, et qui est en train de prendre une grande ampleur en Italie. Les appels à l’unité antifasciste sont arrivés presto, et de grands rassemblements sont appelés en Italie par les partis et syndicats de gauche, du centre et de droite, samedi prochain 16 octobre. La plupart du temps, « le fascisme », les courants « antivax » et les manifestations antipasse sont amalgamées.
Seulement voilà, il y a une deuxième information tout aussi importante en provenance d’Italie. Le lundi 11 octobre, deux jours après les graves incidents de Rome, l’ensemble des Unions Syndicales « de base » (Confederazione COBAS, COBAS SCUOLA SARDEGNA, COBAS SANITA’, CUB, SGB, UNICOBAS, ORSA, USI CIT, USB) , qui seraient, en plus ample, l’équivalent des fédérations SUD des débuts en France, et qui ont pris une ampleur certaine en Italie du fait de la collaboration institutionnelle, affichée, exhibée, entre gouvernement, patronat et directions de la CGIL (et avec elle, celles de la CISL chrétienne et de l’UIL), avaient appelé à une grève générale pour l’arrêt des licenciements et contre les discussions en cours entre la CGIL, le gouvernement et le patronat (Confindustria) pour un « pacte social de sortie du Covid » comportant la facilitation des licenciements et la suppression du salaire minima !
Or, il se trouve qu’en même temps que la sortie du Covid est le prétexte à cette offensive antisociale, la poursuite du Covid est, elle, le motif de la généralisation d’un passe « sanitaire » appelé « Green pass », sur le modèle français mais en plus dur, puisque, conditionné par la vaccination et déjà obligatoire dans la santé et l’enseignement, il doit être généralisé à tous les salariés le 15 octobre, permettant ainsi des licenciements et des « dégraissages » comme disent les patrons, et un contrôle resserré de la santé et de la vie privée des travailleurs : ils sont 6 millions à être concernés !
Le 15 octobre … la même date que celle choisie en France pour tenter de relancer massivement les suspensions de contrats sans salaires et rendre les tests payants.
L’appel au 11 octobre n’était initialement pas vraiment centré sur la question du passe soi-disant sanitaire, mais la plupart des appels locaux ont porté là-dessus et ont assuré le succès, officiellement inattendu, de cette « grève générale » très politique.
C’est donc alors que se préparait la journée du 11 que se sont produites les provocations du 9. Le groupe fasciste Forza Nueva n’aurait jamais pu entraîner quelques centaines de manifestants désaxès sans la politique de soutien outrancier aux mesures antisociales et à la politique prétendument sanitaire apporté par la direction de la CGIL au gouvernement Draghi. Cette provocation a immédiatement permis aux dirigeants syndicaux et gouvernementaux de s’afficher main dans la main et d’appeler aux contre-manifestations de samedi prochain.
Mais elle n’a pas pu empêcher le mouvement engagé de réussir au-delà de toute prévision ce lundi. Un million de grévistes, 100.000 manifestants, blocages routiers autour de Rome, Milan, Naples Gènes, grève d’Alitalia et d’Amazon, AG des dockers de Trieste appelant à la grève à compter du 15 octobre, des milliers de manifestants à Cagliari (Sardaigne) criant « Non au pass et Non aux fascistes » : les faits sont éloquents.
Pourquoi les responsables politiques et syndicaux qui, en France, clament leur solidarité « antifasciste » avec la direction de la CGIL n’ont pas un mot sur cette autre information essentielle venue d’Italie qu’est la première grève industrielle massive en Europe contre le passe « sanitaire » ?
L’Italie, c’est un peu la France. En quelques jours, la situation italienne a rattrapé et dépassé la situation française, nous offrant une éloquente démonstration pleine d’enseignements. Le camp des travailleurs est bien entendu contre les provocateurs fascistes et policiers qui ont monté les agressions de samedi, mais il est indissociablement contre le prétendu passe sanitaire et contre le pacte antisocial en préparation. Quiconque – et ils sont nombreux à le faire jusque dans notre « gauche radicale » de chez nous ! – appelle à une prétendue unité antifasciste avec le gouvernement italien, fait le jeu des patrons et du fascisme. Ceux qui combattent le fascisme sont ceux qui combattent le passe « sanitaire ».
La date décisive en Italie ne sera pas le samedi 16 qui sera certainement fort médiatisé. Ce sera la veille, le vendredi 15, contre lequel le rapport de force a commencé à être construit ce lundi : pas un seul licenciement, pas une seule suspension de salaire ! Voila qui nous rappelle le 15 septembre dernier en France. Le combat antifasciste est là, et pas ailleurs, et il peut gagner, d’où l’énervement des provocateurs fascistes et des couches politiques dominantes !
Le 12-10-2021.






