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ALERTE : suite à la grève, convocations disciplinaires d'élèves de l'ENS
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La direction prend cette décision à un moment où il n'y a plus grand monde à l'ENS, donc la solidarité et les actions sont très difficiles à organiser.
Pourtant un préavis de grève a d'ors et déjà été déposé aujourd'hui par les travailleurs de la cantine en solidarité à partir du 11.
Communiqué de presse de la CGT (Montreuil, 5 juillet)
Lettre ouverte à Madame Monique Canto-Sperber (Directrice de l'École Normale Supérieure)
Madame la directrice,
Le syndicat Ferc-Sup CGT de l'ENS Ulm vient de nous alerter au sujet de courriers recommandés adressés à certains élèves dont l'objet est : " Comparution devant le conseil de discipline suite à l'occupation sans autorisation des locaux de la Direction de l'École normale supérieure."
Au sortir d'une longue grève où il a été particulièrement difficile de construire un dialogue social au sein de votre établissement, vous prenez ainsi la lourde responsabilité de rallumer les tensions sociales au sein de l'école en sanctionnant l'expression de la solidarité manifestée par les élèves à ce mouvement.
Vous ne pouvez, comme vous l'avez fait précédemment, vous réfugier derrière la décision d'une commission sur laquelle vous n'auriez pas de prise, pour créer les conditions d'un nouveau conflit dont vous devrez assumer seule la responsabilité.
Nous condamnons résolument et nous nous élevons avec détermination contre de telles procédures, qui n'ont que peu à voir avec des questions de discipline internes à l’établissement, mais manifestent une volonté de répression antisyndicale. Elles visent des jeunes qui ont montré que leur action de soutien était juste puisqu'elle a participé à ce que le conflit se termine par le haut. Sanctionner ces jeunes serait compris comme une volonté de votre part de leur faire payer un mouvement social concernant des salariés à défaut de pouvoir atteindre ces derniers.
Il est tout à fait inadmissible pour la CGT que, dans la Fonction publique, la participation à un mouvement social appelé par notre syndicat, par un syndiqué ou un agent, puisse se traduire par une sanction disciplinaire pour l'un quelconque des acteurs du mouvement. Il s’agit d’un véritable dévoiement du Statut général.
Nous exigeons l'arrêt immédiat de toute forme de répression à l'encontre des acteurs du mouvement, qu'ils soient grévistes ou élèves. Les conditions nécessaires au retour de la paix sociale dans votre établissement sont à ce prix.
Soyez assurée, madame la directrice, de tout notre attachement aux valeurs du Service public et aux principes fondateurs de la Fonction Publique.
Jean-Luc ANTONUCCI Co-secrétaire général de la Ferc Sup CGT
Richard BÉRAUD Secrétaire général de la FERC CGT
Jean-Marc CANON Secrétaire général de l'UGFF CGT
Communiqué de la section Snesup de l'ENS Cachan contre la répression des militants de l'ENS Ulm
Face à des conditions de travail inadmissibles et à une précarité instituée, des personnels de l'ENS Ulm ont mené une longue lutte couronnée de succès. Tout au long de cette mobilisation, les personnels ont pu compter sur le soutien de nombreux étudiants et normaliens, syndiqués ou non, tant sur le plan militant que sur le plan financier.
Après avoir bloqué la situation durant de longs mois, la direction a été contrainte de céder et de transformer une vingtaine de CDD en CDI, avec des perspectives de titularisation solides. Mais elle cherche à prendre une revanche en poursuivant les étudiants et normaliens investis dans cette lutte, à la fois en justice et devant le conseil de discipline de l'ENS.
La section Snesup de l'ENS Cachan affirme sa solidarité avec les militants poursuivis et condamne cette politique de répression. Nous n'acceptons pas que des étudiants soient poursuivis pour avoir été solidaires de ceux qui travaillent dans leur école, que des fonctionnaires stagiaires soient sanctionnés pour avoir soutenu leurs collègues. Nous revendiquons la légitimé des actions décidées par les grévistes et leurs soutiens, auxquelles nous avons nous-mêmes participé.
A Cachan, le 5 juillet 2011
Précarité : l’ENS toujours à l’arrière-garde - Communiqué du SNCS (5 juillet 2011)
La direction de l’École Normale Supérieure a convoqué pour le 12 juillet 2011un conseil de discipline « suite à l'occupation sans autorisation des locaux de la Direction ».
Toute honte bue, après un long conflit social qui aura symbolisé la réalité de la précarité dans les métiers de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, une direction vaincue tente d’avoir le dernier mot. Les personnels de l’ENS engagés dans la défense de leurs collègues précaires risquent avertissements, blâmes et suspensions de salaire.
La direction de l’ENS a signé en mai 2011 un protocole de sortie de crise avec les organisations syndicales. Ce faisant, elle a tardivement pris la mesure de la souffrance sociale ressentie dans ses murs. Les mesures disciplinaires qu’elle tente de prendre aujourd’hui contre ses personnels n’ont qu’une motivation : celle de la revanche.
Le Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (FSU) dénonce toutes les tentatives d’intimidation menées contre les personnels de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il affirme sa vigilante solidarité avec les personnels de l’École Normale Supérieure aujourd’hui menacés de sanctions arbitraires.
Meudon, le 5 juillet 2011.
Lettre d’Alain Trautmann à Monique Canto-Sperber (5 juillet 2011)
Madame la Directrice,
Ces derniers mois, des élèves de l’Ecole se sont battus pour des principes. Non pas pour leurs intérêts égoïstes, mais pour prendre la défense de personnels travaillant dans des conditions qu’ils jugeaient inacceptables, voire indignes. Ce faisant, ils ont fait honneur à l’Ecole et à son histoire.
J’apprends que certains d’entre eux seraient convoqués par la Direction de l’Ecole pour "Comparution devant le conseil de discipline suite à l’occupation sans autorisation des locaux de la Direction". Je noterai d’abord la naïveté qu’il y aurait à penser que des occupations de locaux puissent se faire avec autorisation. Je ferai surtout remarquer que lorsqu’une Direction reste sourde à des arguments raisonnables, elle oblige ses interlocuteurs à hausser le ton. L’occupation de locaux me paraît un mode d’action tout à fait mesuré, parfois nécessaire et légitime (je n’ai pas dit légal). J’ai moi-même participé à l’occupation des locaux de la Direction du CNRS en 2009 lorsque cette dernière a cru possible de traiter avec mépris les demandes de ses personnels.
Il me semble qu’après un conflit, la responsabilité d’une direction est de contribuer à ramener le calme. En demandant une sanction contre des normaliens qui ont fait preuve de courage et de sens de l’honneur, vous contribueriez à relancer un conflit, et donneriez une bien triste image de l’Ecole.
Je plaide pour qu’il ne soit donné aucune suite à cette comparution des normaliens courageux.
Cordialement
Alain Trautmann, Normalien (1968), DR1 CNRS, médaille d’argent du CNRS 2010, Directeur du département d’Immunologie-Hématologie à l’Institut Cochin




