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Bulgarie. Un candidat d’extrême-droite à la présidentielle saccage le principal centre LGBT du pays
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Boyan Rasate, candidat d’extrême-droite à la présidentielle bulgare, s’en est pris au Rainbow Hub, le principal centre LGBT de la capitale. Avec un groupe de néonazis, ils ont mis à sac le local et agressé des militants, en toute impunité.

Crédits photo : Rainbow Hub
Le Rainbow Hub, principal centre LGBT de Bulgarie, a déjà été la cible d’attaques homophobes. Le local, qui accueille des réunions de différentes ONG de défense des droits des personnes LGBTI+, a déjà reçu des jets de pierres et a été tagué, mais l’attaque du 30 octobre a été d’une rare violence.
Une dizaine de néonazis, avec à leur tête Boyan Rasate, candidat aux élections présidentielles bulgares, se sont introduits sur les lieux pendant une réunion. Ils s’en sont pris aux militants présents, et ont saccagé les locaux. Gloria Filipova, présente au moment de l’attaque, explique au Monde avoir été frappée au visage par le candidat, qui l’a également menacée avec un couteau.
Boyan Rastate s’est déjà illustré dans des actions homophobes et transphobes, notamment lors de la première marche des fiertés de Bulgarie, en 2008. Candidat minoritaire aux élections présidentielles, il a axé sa campagne sur des thèmes chers à l’extrême-droite, comme les rhétoriques racistes et LGBTphobes. Il n’a pas voulu confirmer sa présence lors de l’intrusion, mais a comparé les activités de l’association à de la pédophilie, et a déclaré que le Rainbow Hub aurait dû s’attendre à ce genre d’attaques.
En tant que candidat officiel, Boyan Rastate jouit normalement d’une immunité et aurait donc dû échapper à des poursuites en justice, mais un procureur a fait sauter son privilège. En revanche, le gouvernement bulgare n’a toujours pas condamné l’attaque, preuve de l’impunité qui règne à l’égard de l’extrême-droite. Il n’existe pas, à ce jour, de délit spécifique pour les violences LGBTphobes en Bulgarie ; le candidat n’encourt donc des poursuites que pour troubles à l’ordre public et agression. Lundi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le Palais de Justice de Sofia pour que la spécificité des crimes anti-LGBT soit reconnue par la justice.
Si le parti de Rastate reste minoritaire dans son pays, dans toute l’Europe, la surenchère réactionnaire fait émerger des figures similaires, et les personnes LGBT, les femmes, et les migrants en payent le prix fort. Et la France n’est pas épargnée par cette menace : ici aussi, la libération de la parole réactionnaire, raciste et homophobe, via Zemmour, notamment, mène à un climat de plus en plus hostile envers les personnes LGBTI+ et les personnes racisées.
Mais en définitive, en France comme en Bulgarie, le mouvement LGBT ne peut pas compter sur l’État, qui alimente et capitalise sur le climat réactionnaire. La riposte contre les violences envers les personnes LGBT devra se faire dans la rue, et devra aussi lutter contre les tentatives de récupérations de l’État et de ses institutions.




