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Guadeloupe : "une leçon de démocratie"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Guadeloupe : « une leçon de démocratie « – Arguments pour la lutte sociale (aplutsoc.org)

Le LKP a déclaré en quittant la première rencontre avec le ministre Lecornu, et rendant compte aux manifestants assemblés, « qu’il n’y aurait pas de négociations tant que le gouvernement refuserait de recevoir les trente représentants des différentes composantes du LKP et qu’il ne négocierait pas sur une autre base que celle des 32 revendications* de leur cahier revendicatif. » (* cf notre article du 21/11/2021)
Macron recule après avoir tenté la force, croyant impressionner, avec un discours de « fermeté », des renforts de gendarmes, des blindés, du matériel de guerre, le GIGN et le Raid… Il n’a fait qu’attiser la colère et la généraliser. Maintenant le ministre Lecornu parle d’autonomie renforcée pour la Guadeloupe, de réembauche des soignants suspendus, de la création d’emplois pour les jeunes, de report de l’obligation vaccinale… Encore une fois, sans tenir compte des revendications précises et listées. Et il croit avoir les moyens d’exiger que le LKP dénonce les barrages et les violences.
Les Antillais ne sont pas dupes de ces leurres et de ces fausses négociations avec les Castex, Macron, Lecornu qui évoquent la « question de l’autonomie ». Les réactions ne se sont pas faites attendre : moment inapproprié pour les uns, à côté du sujet pour les autres.
La grève générale ne cessera pas si Macron et Lecornu n’ont rien d’autre à apporter que de l’indifférence à la misère et la répression qu’ils pratiquent depuis de trop longues années.
Les grévistes, les jeunes, les femmes travailleuses de la santé n’accepteront pas de demi-mesures. « Nous avons une plateforme de revendications à satisfaire en premier lieu. ».
32 revendications en Guadeloupe, beaucoup aussi en Martinique et en Polynésie qui dépassent l’obligation vaccinale et le passe sanitaire des points de départ et sont les éléments déclencheurs, du surgissement de toutes les questions sociales, économiques, écologiques…(Pas d’eau, pas de transports, une gestion des déchets catastrophique, des algues invasives, les sargasses, des collectivités ruinées…)
Ces mobilisations massives de Guadeloupe, de Martinique, de Polynésie concentrent toutes ces revendications et celles de la centralisation démocratique de la grève générale.
L’importance des manifestations à l’appel du LKP en Guadeloupe est une belle réponse aux insultes, menaces et manœuvres du gouvernement : « nous ne sommes pas une minorité violente, nous sommes le peuple qui se lève tout entier et nous n’en sommes qu’au début. »
Mais plus encore que tout cela, les Antillais montrent par leur révolte, qu’ils ne se contenteront pas de retrouver la vie d’avant ; ils veulent prendre leur destin en main pour mettre en place une société plus juste qui assure une vie digne pour tous et le meilleur à chacun… Les jeunes et les travailleurs se battent pour leurs droits et leur liberté avec des armes de classe : la grève, le blocage de l’économie.
Le gouvernement témoigne qu’il a une grande peur : que l’exemple de la détermination des grévistes de Guadeloupe, Martinique, Tahiti, Polynésie ne fasse tache d’huile. Pas seulement en Guyane où la situation est tendue depuis déjà des mois et où la grève générale rampante pourrait redevenir chaude à tout moment ; ou bien en Nouvelle Calédonie où le gouvernement a déjà reculé face à la mobilisation pour l’obligation vaccinale et le passe sanitaire et où la situation pourrait s’avérer doublement explosive avec l’approche du référendum d’auto-détermination du 12 décembre boycotté par toutes les organisations kanakes.
Macron a peur surtout et principalement qu’elle devienne pour toutes les grèves qui parsèment la France métropolitaine l’exemple qui paye par son efficacité, l’exemple à suivre pour renverser la table des élections présidentielles.
La solidarité avec la grève générale outre-mer c’est d’exiger l’arrêt de la répression et le retrait des forces d’intervention de Macron-Darmanin. C’est le soutien de toutes les revendications sanitaires, sociales, démocratiques.
On peut déplorer que les confédérations syndicales françaises et les partis « de gauche » se contentent de déclarations prudentes au lieu de s’engager et de mobiliser dans la rue pour soutenir la grève générale dans les Antilles et en Polynésie. Mais les mêmes laissent les grévistes des hôpitaux, de la métallurgie, de la distribution, etc, isolés chacun dans leur conflit avec leur employeur ou dans le face à face avec leur ministre.
Alors la solidarité avec la grève générale outre-mer c’est aussi de s’inspirer de cette leçon de démocratie pour construire ici et maintenant la coordination et la centralisation des luttes.
HC, le 01/12/2021.
LKP = Liyannaj Kont. Pwofitasyon, (Collectif contre l’exploitation outrancière), structure guadeloupéenne qui regroupe une cinquantaine d’organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles de la Guadeloupe. Ce collectif est à l’origine de la grève de 2009 qui a touché l’Île entre le 20 janvier et le 4 mars. Son porte parole est Elie Domota qui est le secrétaire général du syndicat majoritaire de la Guadeloupe, UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe).




