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Les "dîners de Bercy" de Macron avec l’argent public
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le 3 février, "Complément d'enquête" explore les relations entre "people et politiques", deux mondes qui ont parfois beaucoup à s'apporter. Cet extrait revient sur des dîners qui, entre 2014 et 2016, ont servi de tremplin à un jeune locataire de Bercy.
Les "dîners de Bercy" : la presse a ainsi baptisé une stratégie mise en œuvre par celui qui a été ministre de l'Economie entre 2014 et 2016. Ces dîners qui l'ont aidé à se constituer un réseau, notamment dans le monde de la culture, se sont tenus dans son appartement de fonction, quai de Bercy. "Un emplacement assez sensationnel" que ce "duplex qui surplombe la Seine et donne vers Notre-Dame", se souvient l'un de ses anciens occupants, l'ex-secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert. On peut même y venir en bateau depuis la place de la Concorde, dans une navette réservée aux ministres. Depuis une entrée privée, un ascenseur conduit les invités directement dans les appartements.
Comment mettre des paillettes sur un costume de banquier d'affaires
Discrètement, pendant deux ans, Bercy devient une fête. Apéros et dîners se succèdent, parfois deux dans la même soirée. Combien de personnalités ont-elles été conviées à ces réceptions ? L'animateur Stéphane Bern, qui se décrit comme "le petit nouveau" a eu "le sentiment que c'était des gens que [le futur président] avait l'habitude de fréquenter". Parmi les noms qui ont circulé dans la presse, les acteurs Fabrice Luchini, Pierre Arditi, Guillaume Gallienne...
Pourtant, "Emmanuel Macron n'est pas du tout un mondain, à la base, précise le journaliste Marc Endeweld. Ce n'est pas quelqu'un qui sort… ça, c'est plutôt le registre de Brigitte Macron. (...)" Encore très peu connu du grand public, il lui faut acquérir une notoriété en très peu de mois. Une stratégie d'influence, selon lui "relativement réfléchie, du côté du couple Macron comme des communicants de l'époque de Macron". Epaulé par son épouse, celui-ci séduit au pas de charge le monde culturel parisien. Le carnet d'adresses des Macron s'étoffe, le réseau se met en place tout naturellement. Les mondanités de Bercy ont porté leurs fruits.
Le coût d'une si discrète stratégie
Quand Emmanuel Macron démissionne, le 31 août 2016, l'ex-secrétaire d'Etat au Budget découvre que "l'ensemble des crédits de l'année était consommé". Les frais de représentation, cette enveloppe attribuée au ministre et destinée aux invitations professionnelles, ont été siphonnés : 120 000 euros ont été dépensés en huit mois, comme l’ont révélé Frédéric Says et Marion L’Hour dans leur livre Dans l’enfer de Bercy (éd. JC Lattès).
Recevoir des acteurs, des chanteurs, des auteurs, des autrices est-il en lien direct avec l'activité de ministre de l'Economie ? Pour Marc Endeweld, "en tout cas, c'est une zone grise…" Interrogé à l'époque, Emmanuel Macron précise avoir utilisé "80% des crédits qui [lui] étaient alloués (...) qui permettent de recevoir des entrepreneurs, des femmes et des hommes de la vie française", et assume ces dépenses, totalement légales.
Quelques mois plus tard, Emmanuel Macron annonce officiellement sa candidature à l'élection de 2017, après avoir torpillé celle du président sortant François Hollande. "Bercy et les moyens logistiques d'un ministre de Bercy ont à l'évidence servi, en partie, de piste d'envol pour le candidat Macron", conclut Christian Eckert.
Extrait de "People et politiques, petits services entre amis ?", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 3 février 2022.




