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Quel est l’avenir du syndicat des Teamsters aux États-Unis sous une nouvelle direction ?
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Le syndicat des Teamsters (conducteurs routiers), qui représente environ 1,5 million de camionneurs et d’autres travailleurs, l’un des plus grands syndicats des États-Unis, a désormais une nouvelle direction.
Sean O’Brien, qui a été élu président en novembre 2021, promet de mettre fin à des années de collaboration du syndicat avec les employeurs, et de faire à nouveau des Teamsters un syndicat militant. S’il est capable de mobiliser les membres et si les militants de la base prouvent qu’ils peuvent s’organiser eux-mêmes, les Teamsters pourraient avoir un impact significatif sur les syndicats et les travailleurEs américains. Le premier grand test sera le prochain contrat avec UPS, la plus grande entreprise de livraison de colis et de logistique du pays, qui compte 320 000 employéEs syndiqués.
Une longue histoire
Fondé en 1903 en tant que syndicat de métier, dans un contexte de grèves massives, dont les plus importantes étaient menées par des trotskistes, les Teamsters se sont transformés dans les années 1930 en un syndicat d’industrie représentant tous les travailleurEs du secteur du transport routier. Dans les années 1960, le président des Teamsters, Jimmy Hoffa, a négocié le premier contrat national qui couvrait 450 000 travailleurEs, et dans les années 1970, le syndicat comptait deux millions de membres. Les Teamsters avaient alors la réputation d’être un syndicat militant capable de faire céder de puissantes entreprises.
Malgré cela, les Teamsters ont commencé à décliner. Tout d’abord, la mafia, corrompue et violente, avec la complicité de certains dirigeants, a pris le contrôle de plusieurs grands syndicats locaux et de fonds de pension. Ensuite, le Parti démocrate a fait adopter par le Congrès une loi déréglementant le secteur du camionnage, permettant à de nouvelles entreprises sans syndicat et à bas salaires d’entrer sur le marché. Enfin, les crises économiques de 1973-1975 et de 1980-1982 ont entraîné un taux de chômage de près de 10 %, ce qui a conduit les travailleurEs à éviter les grèves de peur de perdre leur emploi. Sous la direction de présidents syndicaux corrompus – Jackie Presser et Roy Williams – qui étaient tous deux associés à la mafia et à des agents du FBI, le syndicat a connu le déclin. En 1988, le gouvernement étatsunien a intenté des poursuites contre les Teamsters et menacé de prendre le contrôle du syndicat pour tenter de le débarrasser de la mafia.
Au cours de cette période, à partir des années 1970, des militantEs de l’International Socialists (IS) ont commencé à s’organiser au sein du syndicat des Teamsters, en collaboration avec des militantEs locaux de la base dans tout le pays. Ensemble, nous avons créé Teamsters for a Democratic Union (TDU), pour discuter des conditions de travail et des contrats négociés par le syndicat, mais soutenant également des candidatEs aux fonctions syndicales locales ou nationales. Lorsque le ministère de la Justice des États-Unis a intenté des poursuites contre les Teamsters, TDU est intervenu et a demandé que le gouvernement permette aux membres d’élire directement leurs dirigeantEs, qui étaient alors choisis lors de congrès contrôlés par des responsables corrompus. Le gouvernement a établi une surveillance du syndicat, mais a accordé aux membres le droit de voter directement pour leurs dirigeantEs.
Un nouvel épisode syndical ?
O’Brien n’est pas le premier réformateur à accéder à la direction du syndicat. En 1991, TDU a soutenu Ron Carey, travailleur d’UPS et dirigeant syndical militant, comme candidat à la présidence. Carey a remporté l’élection et lui et TDU ont ensuite mené une remarquable grève nationale contre UPS en 1997 qui a permis d’obtenir des gains importants. Au même moment, Carey (qui avait mis TDU à l’écart) s’est représenté à la présidence. Il a été élu mais il a été découvert que le groupe qu’il avait engagé pour mener sa campagne avait commis une fraude. Il a donc été démis de ses fonctions. Lors d’une nouvelle élection, Jimmy Hoffa, Jr, un avocat et fils du président de 1957 à 1971, a battu un candidat soutenu par le TDU et a remporté la présidence des Teamsters. Sous la direction de Hoffa, Jr., le syndicat a collaboré avec les employeurs aux dépens de ses membres.
Aujourd’hui, un nouvel épisode de réforme syndicale pourrait se présenter. Certes, les deux nouveaux dirigeants ont un passé problématique. O’Brien, le nouveau président, et son colistier pour la vice-présidence, Fred Zuckerman, avaient tous deux soutenu Hoffa, Jr. et travaillé avec lui. Ils ont rompu avec Hoffa, Jr. principalement en raison de son échec face à UPS. O’Brien avait une réputation de voyou et a été sanctionné pour avoir menacé des membres de TDU. Mais, aujourd’hui, en tant que candidat aux élections, O’Brien a demandé et obtenu le soutien de TDU. O’Brien a donc remporté l’élection de novembre 2021 et a promis de se battre à nouveau contre UPS en 2023. Si les militantEs profitent de la situation pour developper des actions à la base, ils pourraient remporter une victoire et inspirer d’autres salariéEs, parmi les Teamsters et ailleurs.
Traduction Henri Wilno




