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Finalement, le maire de Corbeil (Bruno Piriou) votera Mélenchon
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Je voterai pour Jean Luc MELENCHON… malgré nous, malgré tout ! | Le Club (mediapart.fr)
Il y a trois mois, je publiais une tribune libre dans le journal Libération intitulée : « Au-delà de la présidentielle ». Elu maire de Corbeil-Essonnes en juillet 2020, j’expliquais pourquoi je ne souhaitais donner mon parrainage à aucun des candidats qui désiraient se présenter à l’élection présidentielle d’avril prochain.
À la suite de sa parution, plusieurs maires issus de toutes les obédiences politiques ont eux aussi, pour des raisons parfois différentes, fait savoir qu’ils adopteraient la même attitude à l’égard des candidats.
Je suis un homme de gauche et un militant écologiste. Mes origines familiales, ma formation politique, mon parcours militant, les combats que je continue de mener, ma conception de la justice sociale… tout me conduit dans ce camp. J’appartiens à cette famille. Sept candidats se réclamant de la gauche et de l’écologie sollicitaient notre parrainage. J’expliquais qu’il me paraissait « indécent » de mettre nos espoirs dans l’élection d’un futur Président. Je le pense toujours. Loin de moi l’idée du « tous pourris ». Je suis moi-même un homme politique qui connaît la difficulté et les limites de l’exercice du pouvoir. Loin de moi aussi la remise en question de l’honnêteté intellectuelle de ces candidats. Quels que soient mes désaccords avec eux, le problème ne se pose pas en ces termes.
Je pense que « ces prétendants ont un point en commun : ils veulent convaincre qu’ils détiennent les solutions aux difficultés des Français et qu’ils portent le bon projet pour notre pays ».
La grande erreur de la gauche politique, c’est qu’elle pense pouvoir créer du commun « d’en haut », à partir d’un modèle de société et de travaux d’experts. Tous les candidats à l’élection présidentielle font comme si le commun était « décidable ». Il n’en est rien. La gauche et l’écologie veulent faire du néolibéralisme un ennemi commun. Elles se trompent lourdement. Comment le néolibéralisme pourrait tenir lieu d’ennemi commun alors qu’il s’inscrit dans tous les recoins de notre existence ? Le commun n’est jamais décidé au départ. Il est le fruit de processus et de pratiques collectives. J’expérimente et vérifie cette hypothèse tous les jours dans l’exercice de mon mandat de maire de Corbeil-Essonnes. Pour créer du commun, il faut apprendre à coexister, se « coltiner », vivre ensemble, confronter puis concilier des conceptions diverses, voire opposées de l’existence. Tout cela ne peut s’expérimenter qu’à travers un débat permanent avec la population. Si ce travail démocratique n’est pas mené, alors tout mène la population vers un sentiment de tristesse et d’impuissance. Ces passions tristes sont le terreau de l’abstention et d’actes de violence, mais cette violence, c’est aussi du conflit qui n’a pas pu s’exprimer. Depuis la Révolution Française, la gauche républicaine s’est toujours donné pour projet de permettre à chacun « d’habiter la démocratie », mettant en avant la figure du « citoyen ». Que chacun puisse questionner la société, en dehors des lieux d’experts et en partant de son expérience personnelle, est un véritable enjeu de démocratie. Le mouvement des gilets jaunes nous a montré combien nos concitoyens désiraient abolir la distance entre société civile et société politique. J’ai la conviction que nous vivons l’époque où la modernité en politique doit être de répondre à l’immense désir citoyen de se mêler de la chose publique pour fabriquer du commun. En ce sens l’aspiration démocratique cogne aux portes des pouvoirs avec cette belle question : comment faire pour que la société civile soit irrémédiablement politique ?
Si suis déçu de constater qu’aucun des candidats de gauche ne porte aujourd’hui ce débat, à 3 semaines de l’élection présidentielle, je ne peux me résoudre à porter une part de responsabilité à un second tour réplique de celui de 2017 opposant Marine Le Pen au président sortant avec le bilan désastreux que l’on connaît. Si je ne les confonds pas, sur bien des sujets leurs projets se rapprochent : conception autocratique de l’exercice du pouvoir, réduction des services publics, générosité pour les plus aisés et dureté pour les plus démunis, ignorance de l’enjeu climatique, augmentation de l’âge de la retraite. La liste des convergences pourrait être plus longue. La perspective d’un même second tour résumerait encore les débats aux seules questions identitaires et migratoires et à toujours plus de divisions dans notre société, sans rien résoudre des questions sociales et écologiques existentielles qui nous sont posées.
À gauche seul Jean-Luc Mélenchon peut prétendre accéder au second tour. Je le connais bien. Ensemble, de 1998 à 2004, nous avons œuvré au sein du Conseil départemental de l’Essonne. J’apprécie son engagement, sa cohérence intellectuelle, sa grande culture historique, sa vision internationale. J’ai voté pour lui aux élections présidentielles de 2012 et 2017. Pour les raisons que j’ai exposées plus haut, je ne lui ai pas donné mon parrainage. Je l’aurais fait s’il avait été en difficulté pour obtenir les 500 signatures nécessaires. Il me faut maintenant utiliser mon bulletin de vote pour cette élection. Le programme de Jean Luc Mélenchon s’appelle « L’Avenir en Commun ». En introduction, il résume ainsi son projet : « Construire une société d’entraide ayant pour but l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature ». J’adhère à ce projet. Le 10 Avril prochain, je voterai Jean-Luc Mélenchon, malgré tout, en ne délaissant rien de nous, en ne délaissant rien de ce que nous a appris l’histoire de l’évolution des « bonnes solutions d’en haut » dont notre actualité témoigne douloureusement. Il est grand temps de prendre « parti(e) » pour que du partage des questions naisse le commun de nos propositions et non d’un commun qui s’imposerait « des réponses d’en haut ». En ce sens, un second tour Emmanuel Macron-Jean-Luc Mélenchon aurait l’immense mérite de hisser le débat national au niveau des défis de notre époque, qui sait, de nous porter au cœur de sa réalité qui fait notre quotidien. En comparant deux chemins différents pour la France, il pourrait nous ouvrir sur la nécessité de prendre en main notre destin, au-delà de ce temps de délégation « de l’en haut ». René Char ne disait-il pas, « ne t’attarde pas à l’ornière des résultats. »
Bruno PIRIOU
Maire de Corbeil-Essonnes




