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L’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L’affaire McKinsey – voire le scandale – suscite une polémique qui embarrasse, et certains candidats plus que d’autres, à moins de deux semaines de l'élection présidentielle. Le diagnostique est rendu public : l’État est devenu consulto-dépendant.

Le palais de l'Élysée, 2018• Crédits : Francois Mori - AFP
Le scandale McKinsey vient alimenter la polémique des cabinets de conseil. L’État aurait payé plus d’un milliard d’euros en 2021 à ces cabinets privés. De la santé à la défense, en passant par la justice et l’éducation, mais aussi l’économie ou les affaires étrangères, pas un ministère n’a échappé au déferlement des consultants. Pourtant, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des prestations.
Pour vous faire votre idée et vous donner les pièces du dossier, nous recevons ce matin Caroline Michel-Aguirre, journaliste à L'Obs et co-autrice de l'enquête “Les Infiltrés. Comment les cabinets de conseil ont pris le contrôle de l’État” avec Matthieu Aron (chez Allary Editions, 2022) avec Matthieu Courtecuisse, président de Syntec, un syndicat des professionnels du conseil, et fondateur du cabinet SIA Partner.
Les cabinets de conseils "champions de la transformation"
Selon Matthieu Courtecuisse, un cabinet de conseil est une dépense d’investissements pour transformer les organisations et définir des stratégies d’entreprise. "Nous sommes des champions de la transformation et nous aidons à déployer les stratégies du changement. Les cabinets de conseil formulent ces stratégies en les co-construisant, c’est-à-dire qu'ils peuvent disposer d’expertises. Quand c’est moins le cas, ils mettent autour de la table des personnes qui se connaissent bien et qui ont des idées, mais qui ont des difficultés à dialoguer et à formaliser ces stratégies". Le président de Syntec insiste, la plupart des cabinets de conseil aujourd’hui ne sont pas généralistes mais pluri-spécialistes. "Le montant des prestations de conseil est lié à la valeur ajoutée perçue par le client. En France, le taux moyen est de l’ordre de 1200-1300 euros la journée en France, un chiffre bien inférieur à celui d’autres marchés", précise-t-il.
Le recours aux cabinets de conseil par les politiques : description d’un système
La vraie question est celle de la décision politique et du système qui s’est mis en place depuis quinze ans pour Caroline Michel-Aguirre. "Les cabinets de conseil vendent la promesse d’être les champions du changement. Ils disent : on va vous aider à faire autant, aussi bien, voire mieux que les services publics, avec moins de moyens. Les politiques ont acheté cette promesse". Depuis quinze ans, la journaliste explique qu'aucun politique ne l’a assumé publiquement. "On le voit aujourd’hui encore dans la position du gouvernement qui patauge dans des chiffres qu’ils n’ont pas voulu nous donner pour notre enquête". La commission d'enquête sénatoriale a estimé dans son rapport rendu public le 17 mars que les dépenses en conseil de l'État s'élèvent à un milliard d'euros. Ce montant a été obtenu auprès de Bercy, mais c'est une estimation minimale, commente Caroline Michel-Aguirre.
Nos invités :
- Matthieu Courtecuisse : entrepreneur et investisseur, à la tête du cabinet de conseil en stratégie et en intelligence artificielle Sia Partners et président de Syntec Conseil (syndicat de tous les cabinets de conseil en France)
- Caroline Michel-Aguirre : journaliste à L'Obs, co-autrice de “Les Infiltrés. Comment les cabinets de conseil ont pris le contrôle de l’État” avec Matthieu Aron (Allary Editions, 2022).




