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Il nous faut un vrai plan de bataille, renouons avec les grèves qui bloquent l’économie !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ce jeudi 29 septembre, la CGT, Solidaires et la FSU appellent à une journée de mobilisation interprofessionnelle. S’il faut s'en saisir toutes et tous, face à la crise sociale qui s'aiguise il y a urgence à renouer avec de véritables journées de grève, qui bloquent l'économie, et à construire un plan de bataille autour d'un programme à la hauteur de la crise.

Crise croissante, retour des grèves sectorielles face à l’inflation : tous dans la rue le 29 septembre !
Entre l’inflation qui continue de progresser et devrait s’accélérer dans les mois à venir, la crise énergétique qui fait planer une menace d’hiver sans chauffage pour les plus précaires et d’une forte augmentation des factures dès janvier 2023, la rentrée est placée sous le signe de la crise pour les travailleurs et les classes populaires. Alors que les salaires réels continuent de chuter, c’est en effet une dégradation des conditions de vie qui s’annoncent pour les mois à venir.
Dans cette situation, le gouvernement n’hésite pas à demander des efforts et de la « sobriété », tout en reprenant les attaques. Mise au travail des allocataires du RSA avec une première phase de test dans des départements, nouvelle réforme de l’assurance-chômage, proposition de mettre en place la réforme des retraites de façon accélérée tout en renforçant son offensive raciste avec la nouvelle loi Immigration : son agenda constitue une véritable déclaration de guerre.
C’est dans ce cadre que la CGT, Solidaires et la FSU appellent à une mobilisation interprofessionnelle ce jeudi 29 septembre « pour les salaires, les pensions, les bourses d’études, les minima sociaux. ». Une journée sous le signe d’une rentrée sociale tardive, qu’il faudra investir pour s’opposer aux contre-réformes du gouvernement et défendre la nécessité d’un programme d’urgence face à la crise.
« Dialogue social », division syndicale, et journée isolée : il faut un vrai plan de bataille !
Cependant, malgré l’agenda antisocial du gouvernement et la colère, la stratégie des directions syndicales dans le pays reste centrée sur le dialogue social. C’est ce qu’a illustré la participation de la direction de la CGT - comme l’ensemble des organisations syndicales excepté Solidaires - aux discussions sur les retraites avec le gouvernement en dépit de la volonté affichée par le gouvernement de passer en force.
Dans le cadre de cette stratégie, la journée du 29 septembre ne peut être conçue par les directions syndicales que comme une action symbolique, déconnectée de la construction d’un véritable rapport de force. Une logique qui alimente la démobilisation au moment où Macron est pourtant affaibli. Cette limite est redoublée par la division syndicale, avec le refus de la direction de la CFDT et de Force Ouvrière d’appeler à la mobilisation.
A l’inverse de la logique routinière des directions syndicales, ancrée dans la stratégie du dialogue social, c’est d’un plan de bataille à la hauteur des attaques que subit notre classe dont nous avons besoin. Un plan il va falloir l’imposer, en exigeant la rupture du « dialogue social » et de véritables appels à la grève pour bloquer la production, en commençant par une véritable journée interprofessionnelle nationale qui doit avoir pour objectif de paralyser le pays.
Il faut renouer avec des journées de grève qui paralysent le pays, exiger l’indexation des salaires sur l’inflation !
Alors qu’après une « pause estivale » des mouvements de grève pour les salaires ont repris en cette rentrée avec des grèves chez PSA Hordain, ExxonMobil et Total, les travailleurs le savent : ce n’est que par le rapport de force qu’on fera reculer le gouvernement.
C’est d’ailleurs ce que souligne Franck Théry, secrétaire de la CGT PSA Hordain : « ce n’est pas tout de faire grève le 29, il faut que la confédération programme des journées de grève et un calendrier et mobilisation. Une journée ça ne suffit pas, il faut plusieurs jours ». Même son de cloche du côté d’Adrien Cornet de la CGT Total Grandpuits : « la grève reconductible, c’est la seule modalité qui puisse nous faire gagner ».
Face à l’absence de plan de bataille, il faut se servir de la date du 29 septembre pour populariser une demande claire : celle d’une réelle journée de grève interprofessionnelle, qui permette de bloquer le pays mais aussi de faire converger les grèves existantes dans un cortège interprofessionnel des secteurs en lutte. Ce serait la meilleure manière de montrer ce qu’il faut généraliser à plus large échelle et d’inspirer de nombreux secteurs de leur stratégie de grève reconductible. Une telle journée pourrait être un point d’appui pour exiger un véritable appel à la grève d’au moins 48 ou 72h, et commencer à construire un plan de bataille à la hauteur de la crise à laquelle nous faisons face.
Pour qu’un tel plan de bataille mobilise de larges pans du monde du travail, il est par ailleurs nécessaire que les objectifs fixés donnent envie de se battre. Cela passe notamment par des revendications qui permettent d’unifier l’ensemble de la classe ouvrière telles que la hausse de tous les salaires et pensions de 400€ ainsi que leur indexation sur l’inflation, que malheureusement la direction de la CGT se refuse pour le moment à exiger.




