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Enseignement supérieur : l’enfer de la sélection en Master
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Cette année encore, à la rentrée de septembre, de nombreux étudiants qui venaient d’obtenir leur diplôme de Licence ont exprimé leur détresse sur les réseaux sociaux : ils n’ont pas pu s’inscrire en Master, faute de places.
Ce phénomène n’est pas récent. Depuis plusieurs années, de nombreux étudiants ne peuvent pas poursuivre leurs études pour cette raison. Le gouvernement avait pourtant promis que 3000 places supplémentaires en Master seraient créées en 2021, et 4000 en 2022.
Selon le site « vitemonmaster.fr », qui recense les places disponibles chaque année dans les différentes formations universitaires, ce sont en réalité plus de 1100 places en Master qui ont été supprimées – et non créées – en cette rentrée 2022. La plupart des filières sont touchées. Exception notable : la filière « économie-gestion » a bénéficié de 200 places supplémentaires.
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La loi de 2016
Ces suppressions interviennent alors même que les demandes d’inscription en Master sont de plus en plus nombreuses. Cette contradiction est apparue avec une loi datant de 2016 et qui instaurait officiellement la sélection à l’entrée du Master. Elle n’a pas cessé de s’aggraver, depuis.
Avant la loi de 2016, un étudiant inscrit en première année de Licence était assuré de pouvoir accéder à des places dans l’enseignement supérieur jusqu’au Bac+4. Mais désormais, pour entrer en Master, un étudiant doit se soumettre à un processus de sélection souvent très arbitraire, car dépendant du financement des différentes filières. En cas d’échec, il ne peut que se tourner vers son rectorat, et les « solutions » que ce dernier propose sont rarement adéquates. Par exemple, des étudiants qui ayant validé une Licence de psychologie sont envoyés d’autorité en Master de sciences de l’éducation ou en animation, tandis que des étudiants en droit sont invités à poursuivre leurs études dans des universités situées à l’autre bout du pays.
Si le phénomène touche pratiquement tous les domaines d’études, certains sont particulièrement exposés. Dans les Masters des filières « sous tension », comme le droit ou la psychologie, le nombre de places proposées est dérisoire par rapport au nombre de candidatures reçues. Certains Masters reçoivent jusqu’à 2000 candidatures pour une vingtaine de places !
Dans ces filières, de nombreux étudiants effectuent plusieurs recours administratifs dans l’espoir de poursuivre leurs études. Malheureusement, ces efforts sont souvent vains. Sur 11 000 saisines effectuées en 2021, moins de 2500 ont permis à un étudiant d’accéder à un Master. Les autres n’avaient pas d’autres choix que de passer l’année perdue à effectuer des stages ou des services civiques sous-payés, en espérant étoffer leur dossier et, ainsi, se donner plus de chances au moment de postuler, l’année suivante.
Face à cette situation et aux plaintes récurrentes qu’elle suscite, le gouvernement a annoncé une « solution » : à la rentrée 2023, il va mettre en place une plateforme en ligne pour sélectionner les postulants en Master, sur le modèle de Parcoursup. Etant donné le parcours d’obstacles que représente Parcoursup, pour les bacheliers, on ne peut que frémir à l’idée de ce qui attend les étudiants à la rentrée prochaine !
Régression générale
La sélection en Master n’est qu’un élément de la dégradation des conditions d’études dans l’enseignement supérieur. Depuis près de deux décennies, les gouvernements successifs ont enchaîné les politiques d’austérité. La destruction de l’université publique et la réduction des aides sociales lui ont permis de faire des économies budgétaires considérables, au détriment des étudiants.
Entre 2014 et 2021, les sommes dépensées par l’Etat, pour chaque étudiant, ont ainsi baissé de 12 % (en moyenne). Bien sûr, ce sont les étudiants les plus précaires qui en pâtissent le plus. Un étudiant sur deux est aujourd’hui contraint de travailler pour financer ses études, au risque de les rater : il est difficile de se concentrer sur ses cours entre un ou deux petits boulots, sans parler des embûches administratives que le gouvernement place sur le parcours des étudiants.
Les coupes budgétaires et les politiques de sélection qui les accompagnent sont la conséquence de la crise organique du capitalisme. Pour faire des économies à tout prix et continuer d’arroser les entreprises privées avec de l’argent public, les gouvernements successifs attaquent toutes les conquêtes de la classe ouvrière. L’accès à l’enseignement supérieur en fait partie. La possibilité – pour tous – d’étudier l’histoire, les sciences de l’éducation ou le théâtre est devenue intolérable, pour la bourgeoisie. Elle a besoin d’une université qui soit la plus économique possible, et qui « produise » des salariés correspondant aux besoins immédiats du secteur privé.
Les étudiants ont besoin de bonnes conditions d’études et de vie, ainsi que d’un accès libre à des formations de qualité. Mais l’existence d’un enseignement supérieur de qualité est devenue incompatible avec le capitalisme en crise. Nul doute que cette contradiction prépare de grandes luttes de la jeunesse.




