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39ème congrès du PCF : ne soyons pas dans le déni

PCF

Lien publiée le 4 décembre 2022

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

39ème congrès du PCF : ne soyons pas dans le déni - Le Blog de Frank Mouly

Par Frank Mouly, membre du Conseil national du Parti communiste français.

Je suis intervenu dans le Conseil national qui examine le projet de base commune de discussion pour le congrès de 2023.

Je veux exprimer ma surprise.

Trop occupé à dresser, contre toute évidence, un bilan flatteur de notre activité des quatre dernières années, le texte qui nous est proposé fait l’impasse sur la plupart des graves difficultés que nous connaissons.

Je veux en citer quelques unes :

1. Nous perdons toute représentation au Parlement européen, et on nous propose de répéter l’opération en 2024.

2. Malgré quelques reconquêtes, notre reflux se poursuit globalement aux élections locales, en nombre de villes à direction communiste et en volume de population concernée.

3. Nous obtenons le plus faible résultat de l’histoire du PCF à la présidentielle, puisque notre candidat bénéficiait également du soutien de GRS, du MRC, des radicaux de gauche et de la nouvelle gauche socialiste.

4. Cette « démonstration de force » nous handicape logiquement pour obtenir un accord satisfaisant aux élections législatives. Sous pression et en position de faiblesse, nous sommes conduits à accepter un accord écartant de nombreux candidats issus de nos rangs pour porter les couleurs de la NUPES dans des territoires où nous avions grande légitimité à le faire.

5. Dans cette séquence, alors que l’objectif atteignable d’éliminer l’extrême droite du second tour de la présidentielle est monté constamment en puissance dans la motivation du vote de gauche, nous avons assumé d’apparaître comme un obstacle à sa réalisation. C’est une faute grave.

6. Nous reculons dans la batailles des idées. Nous jouons le jeux de la personnalisation, mais si notre secrétaire national est invité sur tous les plateaux, ce ne sont jamais nos propositions communistes qui se diffusent dans le débat public et viennent percuter nos adversaires. Par contre, les propos cherchant l’équivoque pour crever l’écran sont largement relayés : par exemple la mauvaise opposition travail/allocation, ou encore nos concessions à l’idéologie républicaniste qui pirate la « laïcité » et l’« universalisme » pour stigmatiser certains quartiers populaires.

7. Dans la même veine, nous glosons sur l’intersectionnalité, alors même que nous devrions contribuer à ce que les victimes de domination s’épaulent, et se rencontrent en un front commun redouté par l’ordre établi. Enfin, nous ne prenons pas la mesure du combat écologique, en résumant notre investissement dans ce domaine au choix du nucléaire, et surtout en ne rompant pas avec le logiciel consumériste et productiviste qui nous a trop longtemps imprégné.

8. En conséquence, dans de nombreux réseaux de lutte, on nous regarde désormais de travers, et selon toutes les études, nous décrochons profondément dans les catégories populaires.

9. Cette situation créée du trouble chez nombre de camarades, et tend les débats dans notre parti.

10. Au final, ce sont des milliers de cotisants de moins en 4 ans, entre départs de communistes et incapacité à rallier celles et ceux qui auraient leur place au Parti communiste français.

Tout cela est passé sous silence dans le texte alors même que cela s’exprime dans les contributions des communistes, et dans nos travaux d’aujourd’hui. Dès lors, on voit mal comment en méconnaissant ainsi nos difficultés, ce texte pourrait nous aider à relever les défis qui sont devant nous, et l’un d’eux en particulier que le texte sous-estime notoirement : empêcher efficacement la marche au pouvoir de l’extrême droite.

Nous aurions pour cela besoin d’un grand congrès. Ce texte ne nous permet pas de l’avoir.

Notes

 Une dérive idéologique progressive

Un document à venir.

 Évolution du nombre de cotisants sur les dix dernières années

Le tableau ci-dessous donne à voir une estimation de l’évolution de notre réseau militant à partir de différentes données recueillies, le nombre d’électeurs inscrits déclaré par chaque fédération pour les consultations des communistes, ou des états produits par le secteur trésorerie national.

Échéance Inscrits / Cotisants
Vote du choix de base commune 36ème Congrès (décembre 2012) 64 184
Vote du choix de base commune 37ème Congrès (mai 2016) 52 933
Vote du choix de base commune 38ème Congrès (octobre 2018) 49 231
Vote de la consultation sur la présidentielle 2022 (mai 2021) 43 888
État fin 2021 émanant du trésorier national 39 112
État novembre 2022 émanant du trésorier national 31 900