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Au Pérou, les manifestations pro-Castillo s’amplifient et les morts s’accumulent
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
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Le message à la nation délivré dimanche soir par Dina Boluarte n’aura pas suffi à calmer les esprits. La présidente du Pérou avait pourtant lâché du lest, sous la pression de la rue, en annonçant un projet de loi censé apporter de nouvelles élections anticipées pour avril 2024. Pas assez pour les manifestants, qui exigent plus : la fermeture du Congrès, une nouvelle Constitution et la libération de Pedro Castillo.
Sur les pancartes, les casquettes et t-shirts de la place San Martin, dans le centre-ville de Lima, un même refrain : «Boluarte traîtresse». Aux yeux des manifestants, la nouvelle présidente n’a aucune légitimité. La dirigeante a été désignée par le Congrès mercredi dernier, à la suite de la destitution de Pedro Castillo. «Dina Boluarte ne nous représente pas, elle n’a pas été élue par le vote populaire», proteste Marina Carrero Diaz, assise à l’ombre de la statue qui surplombe la place.
Pour cette femme de ménage de la banlieue de Lima, la solution serait de dissoudre le Congrès. Pour la quinquagénaire, il faut une nouvelle constitution, comme l’avait promis Pedro Castillo durant sa campagne : «Il doit être libéré et revenir au pouvoir pour mettre en place une constituante, pour qu’on ait une nouvelle constitution», croit-elle possible.
«Que se vayan todos» (Qu’ils s’en aillent tous, ndlr), répètent les soutiens de Pedro Castillo dans leur mégaphone. La plupart exigent de nouvelles élections générales. «Mais pas dans deux ans ! En deux ans, ils (le congrès et le gouvernement) auront le temps de tout manigancer en leur faveur», s’inquiète un artiste-peintre liménien dans le cortège.
Vols annulés
Depuis le week-end, le cortège s’étoffe dans les rues de Lima. Les premiers jours, seuls quelques centaines de manifestants étaient venus protester. Ce lundi, ils sont plus d’un millier. Certains viennent de loin. Entouré d’une vingtaine de camarades, Isaias Fabian Berra, agriculteur de Huancayo, à sept heures de route de la capitale, professe sa haine du Congrès : «On en a marre de ces traîtres de congressistes. Ils ne servent à rien alors qu’il y a des dizaines de milliers de jeunes sans emploi dans le pays. Nous les provinciaux, nous qui suons pour produire des pommes de terre, pourquoi on ne nous écoute jamais ?»
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Sur les drapeaux, les membres du Congrès sont représentés par des images de rats et qualifiés de «Fujiratas» («rats fujimoristes», du nom d’Alberto Fujimori, autocrate de droite au pouvoir de 1990 à 2000). L’image se diffuse partout dans tout le pays, où se multiplient les manifestations depuis le mercredi 7 décembre et la destitution de Pedro Castillo.
A Arequipa, lundi matin, 2000 personnes ont pénétré sur la piste de l’aéroport international Alfredo Rodriguez Ballón, causant l’annulation de la majeure partie des vols. Des dizaines de routes sont également bloquées, notamment autour de Ica, dans le sud du pays, et de Trujillo, dans le nord. Dans la soirée de lundi, plusieurs manifestants se sont regroupés aux abords de l’aéroport de Cusco, dans les Andes, principale ville touristique du pays, à proximité du Machu Picchu. Ce mardi, le transport ferré entre Cusco et la citadelle inca est suspendu.
Violente répression
Lundi soir, les médias péruviens dénombraient un total de sept morts parmi les manifestants. Six personnes ont été tuées dans des affrontements dans la région andine d’Apurimac, et une à Arequipa, dans le sud du pays. Parmi les victimes figurent deux mineurs, de 15 ans et 17 ans. Les forces de l’ordre annoncent de leur côté 119 policiers blessés et six séquestrés.
Dans le centre de Lima, les violences attisent la colère. «Il y a des morts, il y a des enfants qui ont perdu la vie. Jusqu’à quand va-t-on continuer comme ça ? Si le peuple ne se lève pas, tout cela continuera», s’époumone Isaias Fabian Berra, l’agriculteur de Huancayo.
Sur son compte Twitter, Pedro Castillo, toujours en détention provisoire, s’est déclaré lundi soir «humilié» et «maltraité» et a appelé à sa libération. Dans son message, il a déclaré vouloir conserver son «mandat populaire et constitutionnel», ajoutant qu’il ne démissionnerait pas de ses «fonctions hautes et sacrées». L’ancien président de gauche a une nouvelle fois reçu le soutien de l’Argentine, de la Colombie, de la Bolivie et du Mexique. Dans un communiqué commun, les quatre gouvernements expriment «leur profonde inquiétude face aux récents événements» et demandent à l’exécutif de gérer la transition tout en respectant l’investiture de l’ancien président du Pérou. Le Premier ministre Pedro Angulo multiplie les appels au dialogue et au calme. Il s’est engagé à envoyer au cours des prochains jours des ministres à la rencontre de manifestants dans les zones les plus concernées.




