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Pérou : la mobilisation populaire contre le coup d’Etat se poursuit
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La Havane, 23 déc. (RHC)- L’ancien président péruvien, Pedro Castillo, a fait appel jeudi, par l’intermédiaire de son avocat, de la peine de 18 mois de prison qui lui a été infligée et demandé qu’elle soit transformée en une libération conditionnelle.
L’avocat de la défense, Wilfredo Robles, dénonce l’ilégalité de la décision du juge de la Cour suprême, Juan Carlos Checkley, de l’emprisonner pendant qu’il fait l’objet d’une enquête pour les crimes présumés de rébellion, conspiration, abus d’autorité et trouble grave de la paix publique.
Les accusations sont liées à l’ordre donnée par le président du Pérou, Pedro Castillo, le 7 décembre, de dissoudre le Parlement et de réorganiser le système judiciaire, entre autres mesures qui ont été ignorées par les forces armées et la police. Ces mesures n’ont pas été exécutées et Pedro Castillo a été démis de ses fonctions par le Congrès à majorité d’opposition et placé en détention.
Maître Robles a fait valoir que le juge Checkley a commis une erreur en ne vérifiant pas que la procédure de levée de l’immunité de son client, qui nécessite un processus commençant par une accusation constitutionnelle, avait été respectée.
« Le juge a abdiqué son obligation de procéder à un contrôle de constitutionnalité et il s’est conformé, comme s’il avait été mandaté, à un slogan politique: « Tous contre Pedro Castillo », foulant au pied la garantie d’une procédure régulière et transformant la procédure de détention provisoire en une pantomime, un acte de vengeance politique » a souligné maître Robles.
Il a également accusé le ministère public d’avoir agi de manière inconstitutionnelle et illégale en ouvrant l’enquête préparatoire sur Castillo et en demandant la mise en détention provisoire.
La défense a également fait valoir que les charges contre Castillo ne répondent pas aux caractéristiques des crimes de rébellion, conspiration, abus d’autorité et trouble grave de la paix publique, car la première charge, dont découlent les autres, n’est commise qu’au moyen d’un soulèvement armé.
L’accusation prétend qu’en ordonnant aux forces armées et à la police de le soutenir, il les a appelées à prendre les armes, ce qui n’est rien d’autre qu’une interprétation forcée.
« Mon client est incriminé malgré l’absence de l’élément objectif de « prise d’armes », simplement pour répondre à un slogan politique de ses adversaires et ainsi le soumettre à un emprisonnement arbitraire le plus longtemps possible ».
D’autre part, une équipe technique avancée de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, a rendu visite à l’ancien président Castillo dans la prison pour hauts fonctionnaires où il est détenu en détention provisoire.
Source : Prensa Latina https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/308701-pedro-castillo-fait-appel-de-son-emprisonnement-et-demande-une-liberation-conditionnelle
Les organisations péruviennes rejettent la persécution policière
Ils ont souligné que le Pérou traverse des moments complexes et difficiles au milieu de l’état d’urgence décrété.
Des représentants d’organisations au Pérou ont exprimé ce vendredi leur rejet de la persécution policière contre ceux qui ont manifesté contre le gouvernement de la présidente désignée Dina Boluarte.
Dans des déclarations à teleSUR, le coordinateur de la Plateforme agricole nationale, César Guarniz, a souligné que le Pérou traverse des moments complexes et difficiles, avec un état d’urgence décrété dans lequel « les droits constitutionnels fondamentaux ont été suspendus ».
« L’un d’eux est l’inviolabilité du domicile et, récemment, il y a eu précisément un événement qui a marqué une étape très désastreuse dans les actions de la police et du ministère public. Une institution avec une longue histoire est intervenue, avec beaucoup de l’histoire », a-t-il déclaré en référence à l’intervention de la Confédération paysanne du Pérou.
Samedi dernier, la Confédération des paysans du Pérou a été intervenue par la police et plus de 20 personnes ont été détenues pendant une dizaine d’heures, qui ont ensuite été relâchées alors qu’aucune charge n’a été retenue contre elles. Le siège du parti politique Nuevo Perú est également intervenu.
Concernant les près de 30 morts dues à la répression des forces de sécurité contre les manifestations, Guarniz a déclaré que « l’affaire doit être prise en compte afin que les dirigeants politiques de cette situation et de ces actes directement paient en conséquence ».
Pour sa part, le président de l’Association nationale des diplômés des forces armées, Guilmar Trujillo, a déclaré que le gouvernement « ne donne pas la responsabilité qui correspond à une situation politique et sociale aussi complexe que nous vivons ».
« Nous vivons une situation politique très difficile, très compliquée et complétée par le fait que l’actuelle présidente du Pérou, Dina Boluarte, est dos au peuple », a déclaré Trujillo.
En outre, il a déclaré que l’actuel Premier ministre, Luis Alberto Otálora, « a du sang sur les mains », car alors qu’il était ministre de la Défense « il a déclaré l’état d’urgence pour la nation, ce qui a fait plus de 27 morts, des centaines de blessés dans tout le pays.
La veille, d’autres porte-parole ont également rejeté les persécutions policières contre les étudiants et les militants. L’avocat et membre du Parti de la gauche socialiste, Juan Diego Motta, a déclaré que « ce que nous avons ici est une campagne de diffamation ».
« Les personnes qui ont exprimé leur opinion contre ce que nous considérons comme une dictature civique et militaire, qui est celle que nous vivons dans le pays qui a fait des dizaines de morts, sont calomniées, accusées de participer à des réunions terroristes, ce que nous rejetons catégoriquement . Maintenant, nous avons ouvert une procédure préliminaire au niveau du Parquet national, ce qui consolide ce cercle de persécution des idées, pour ceux d’entre nous qui proposent une Assemblée constituante avec participation populaire », a-t-il souligné.
https://www.telesurtv.net/news/peru-organizaciones-rechazan-persecucion-policial-20221223-0022.html




