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11 février : une mobilisation massive, mais pour gagner il faudra bloquer l’économie
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ce samedi 11 février, la mobilisation a été massive partout en France. Dans les cortèges, de plus en plus de manifestants posent la question du plan pour gagner. Si l'intersyndicale a appelé à un blocage du pays 24h le 7 mars, c'est une grève reconductible large qu'il va falloir préparer d'ici là.

Ce samedi se tenait dans toute la France la quatrième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites. Une mobilisation massive avec plus de 2,5 millions de manifestants dans tout le pays d’après l’intersyndicale et près de 1 million d’après le ministère de l’Intérieur.
Une mobilisation massive, mais une réussite en demie-teinte pour le pari du samedi
Dans plusieurs grandes villes, les chiffres de manifestants ont battu des records pour cette mobilisation appelée un samedi sans appel à la grève. A Paris, la manifestation a égalé celle du 31 janvier avec 500 000 manifestants d’après les syndicats. Certaines villes ont dépassé les précédents records, avec 100 000 personnes à Toulouse, 80 000 à Bordeaux ou 40 000 à Rennes. En revanche, les manifestations de Marseille ou du Havre ont moins mobilisés. Globalement, le niveau de la mobilisation se maintient avec de très nombreux manifestants.
Dans le reste du pays, désormais entré en période de vacances scolaires dans les zones A et B, les chiffres oscillent entre niveau de mobilisation équivalents, un peu supérieurs ou un peu inférieurs avec le 7 février, sans dépasser les niveaux de mobilisation du 31 janvier : 25.000 à Grenoble, 15.000 à Perpignan, 14.000 à Besançon, 9.000 à Pamiers, … Des manifestations qui se sont accompagnées de phénomènes inattendus pour le gouvernement, comme la grève « surprise » des contrôleurs aériens qui a paralysé 50% du trafic à Orly, soit un record par rapport aux autres journées de mobilisations interprofessionnelles malgré le refus des directions syndicales d’appeler à la grève ce 11 février.
Dans les cortèges, l’élargissement espéré a en partie eu lieu, avec la présence plus forte de familles relevée par nombre de journalistes. Celle-ci n’a cependant pas conduit à une hausse significative du nombre de manifestants à l’échelle nationale, avec y compris un recul de la participation de certains secteurs tels que la jeunesse. Une réussite donc, mais en demi-teinte au regard du pari de la CFDT ou de la France Insoumise qu’une mobilisation le samedi drainerait beaucoup plus de monde, amenant Jean-Luc Mélenchon à prophétiser au début de l’après-midi une journée de mobilisation historique depuis 50 ans.
La question du plan de bataille pour gagner dans toutes les têtes
Au cœur des mobilisations, une question est revenue à de nombreuses reprises : celle de la nécessité de durcir le mouvement. Un enjeu soulevé par de nombreux manifestants, constatant l’écart entre la massivité des démonstrations successives depuis le 19 janvier et l’inflexibilité du gouvernement.
C’est le cas de Paul, travailleur dans un entrepôt logistique, interviewé par Le Monde à Douai : « faut que les routiers entrent dans le mouvement, faut que tous les transports s’arrêtent, faut paralyser le pays pour que Macron comprenne. En 1995, contre la réforme Juppé, on y est arrivés ». Même son de cloche dans la manifestation parisienne du côté de travailleurs d’Air France ou de l’énergie.
Une pression à la base qui a conduit les directions syndicales, confrontées au refus de bouger du gouvernement, à durcir leur ton lors du communiqué présenté ce samedi matin. Dans son dernier texte, l’intersyndicale menace d’appeler « les travailleurs et les travailleuses, les jeunes et les retraité.e.s à durcir le mouvement en mettant la France à l’arrêt dans tous les secteurs le 7 mars prochain » si le gouvernement et les parlementaires refusent d’entendre « la contestation populaire. »
Un communiqué validé par Laurent Berger, malgré l’insistance de ce dernier depuis 1 mois sur son refus de « bloquer le pays ». Une expression de la nécessité, y compris pour la CFDT, de répondre à une situation bloquée malgré les mobilisations massives, mais qui reste lointaine et déconnectée d’un plan pour construire non seulement une mobilisation forte le 7 mars mais une véritable grève reconductible, indispensable pour gagner.
7 mars : il faut préparer la grève reconductible !
En dépit des discours relayés par certains médias, c’est bien une nouvelle journée isolée, aussi forte soit-elle, que prépare l’intersyndicale pour le 7 mars. « On n’est pas dans la logique de la grève reconductible » et « ce n’est pas un appel à la grève générale » a ainsi insisté Laurent Berger ce samedi, notant que la date fera l’objet d’un « appel à la grève de 24 heures mais pas forcément davantage ». Des déclarations cohérentes avec le refus répété du dirigeant de la CFDT de construire un rapport de forces dur avec le gouvernement.
Du côté de la CGT, Philippe Martinez se dit favorable à des grèves reconductibles mais botte en touche en expliquant que « la question de la reconduction ne se décide pas au niveau des confédérations syndicales, mais dans les entreprises et les services ». Même son de cloche du côté de la direction de FO pour qui « le 7 mars au soir, dans les différentes branches ou syndicats, ils feront des assemblées générales et décideront ce qu’ils voudront faire ». Des discours qui refusent de se positionner jusqu’au bout en faveur de la grève reconductible.
Un durcissement de ton qui reste donc incantatoire et délié d’un plan pour construire « par en bas » les conditions d’une grève reconductible. De ce point de vue, cette semaine a été marquée par deux appels à la grève reconductible à partir du 7 mars : le premier émanant de la CGT Cheminots, qui devrait être rapidement rejoint par SUD Rail et d’autres syndicats de la SNCF, le second d’une intersyndicale de la RATP. Des appels qui constituent un point d’appui importants et ont l’intérêt de poser la perspective d’en finir avec les journées isolées.
Un objectif qui implique cependant de refuser le risque d’un isolement de quelques secteurs, et de chercher à construire une grève reconductible large, qui permette d’entraîner l’ensemble des secteurs du monde du travail et de la jeunesse qui se sont mis en mouvement depuis le 19 janvier. Pour cela, les grévistes doivent prendre en main leur grève et s’organiser à la base afin de préparer un départ en reconductible.
Trois semaines pour construire une grève reconductible large à la base ?
Cela implique d’organiser des AGs dans tous les lieux de travail d’ici au 7 mars pour préparer la grève, mais aussi aller chercher les autres secteurs, en renouant avec les « grèves marchantes » de 1995 ou 2010. Une tâche qui incombe particulièrement aux secteurs en pointe comme les transports, les raffineurs, l’énergie ou l’éducation, convaincus de l’enjeu de la grève reconductible, qui doivent tenter de regrouper autour d’eux des grévistes venus de plus en plus d’entreprises possibles vers cette perspective.
En outre, un tel travail implique de commencer à développer un programme qui aille au-delà de la simple revendication du retrait portée par l’intersyndicale. Depuis le 19 janvier, c’est une colère profondément politique qui s’exprime dans les rues, mettant en cause le gouvernement, la dureté du travail, la faiblesse des salaires, la destruction des services publics. Il faut un programme à la hauteur de cette colère, qui donne envie de se battre, pas seulement pour se défendre mais pour passer à la contre-offensive.
Dans les trois semaines à venir, l’ensemble des dates de mobilisation doivent être mises à profit autour de cette perspective. Si les obstacles à un tel mouvement, inédit depuis des décennies, sont nombreux, les potentialités de le réaliser n’ont jamais été aussi fortes, alors que la réforme des retraites a agi comme un catalyseur d’une profonde colère ouvrière et populaire. Il y a urgence à travailler dans cette direction, c’est la condition pour gagner.




