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Face à la grève, la répression sévit dans les entreprises
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Face à la grève, la répression sévit dans les entreprises - Rapports de Force
Non content de réprimer les manifestants dans la rue, le gouvernement réprime aussi les grévistes dans leurs entreprises. Répression des syndicalistes, réquisition des grévistes… une chose est sûre : si le gouvernement réprime autant, c’est parce que la grève lui fait peur.

« Nous avons vu des scènes indignes d’une démocratie : des policiers exerçant des violences illégitimes contre des manifestants et des street medics, des interpellations collectives de manifestants enjoints de s’asseoir par dizaines à terre, mains sur la tête…» et la liste établie dans ce communiqué du syndicat de la magistrature continue.
Publié à peine quelques jours après les premières manifestations spontanées s’opposant à l’utilisation de l’article 49-3, ce texte résume la situation : le gouvernement utilise, comme cela avait été le cas lors du mouvement des gilets jaunes, les force de police et de gendarmerie pour réprimer des manifestants.
Pour appuyer son argumentation, le syndicat s’appesantit sur un chiffre, plus pratique à manier peut-être que les nombreuses vidéos de violences policières diffusées sur les réseaux sociaux. « A Paris, après la manifestation de jeudi [16 mars] place de la Concorde, sur 292 gardes à vue de manifestant·es, seules 9 ont donné lieu à des poursuites pénales. » Et conclut : « ces chiffres montrent que les forces de sécurité intérieure utilisent très abusivement la garde à vue, déclinaison concrète d’une volonté politique de museler la contestation en brisant les manifestations en cours et en dissuadant – par la peur – les manifestations futures. »
Une manuel pour réprimer les syndicalistes
Les violences policières pourraient n’être que la face visible de la répression du mouvement d’opposition à la réforme des retraites. Plus discrètes, quoique toutes aussi efficaces, des pratiques de répression des grévistes se mettent en place dans les entreprises. Sur ce coup, les patrons peuvent s’assurer le soutien du gouvernement – et vice versa.
Le journal l’Humanité révèle ainsi un document que la DGT (Direction générale du travail) a adressé, le 13 mars, à ses relais hiérarchiques au sein de l’inspection du travail. Pour la CGT du ministère du Travail :« ce document est un véritable manuel juridique pour faciliter les licenciements en justifiant des décisions d’autorisations pour motif disciplinaire des grévistes ». Ce dernier explique comment licencier un syndicaliste – salarié protégé – pour des faits de grève. Elle encourage par exemple « le recours des employeurs à des constats d’huissier de justice qui doivent emporter le jugement de l’inspection du travail ».
Répression de la grève : casser les piquets
Et effectivement, la pression mise sur les syndicalistes s’intensifie depuis quelques semaines. A Nantes, 7 syndicalistes postiers ont reçu, une assignation de leur employeur pour « entrave à la circulation des biens et des personnes ». Élément notable : la plainte de La Poste n’a ciblé que des responsables syndicaux, alors que 60 personnes étaient présentes sur le piquet. Si La Poste a finalement retiré sa plainte le jour de l’audience, alors que plusieurs centaines de personnes étaient venues soutenir les postiers, la victoire des grévistes a un goût amer. « [Le retrait de la plainte] est un soulagement, mais ils ont quand même brisé la grève en faisant de la répression syndicale », déplore Pascal Frémont, syndicaliste Sud-PTT 44, à la sortie du tribunal.
Sur de nombreux piquets, l’épée de Damoclès judiciaire pèse sur la tête des grévistes. C’est par exemple le cas à Gidy, dans le Loiret, où 44 salariés d’Amazon, en grève pour des augmentations de salaire, sont poursuivis pour « exercice illégal du droit de grève ». Pourtant, les constats d’huissier montrent bien que les grévistes ne bloquaient pas réellement le transport de marchandise. L’audience des grévistes a eu lieu ce vendredi 24 mars, un délibéré est attendu.
Réquisitions des grévistes
Enfin l’autre arme implacable contre la grève c’est évidemment la réquisition des grévistes. Bien qu’elle soit strictement encadrée, le gouvernement en abuse largement lors de cette séquence de mobilisation contre la réforme des retraite. Contre les raffineurs mais aussi contre les éboueurs.
Pour établir ces arrêtés, toute la subtilité juridique consiste à évaluer combien de salariés sont nécessaires pour que les entreprises puissent assurer le fonctionnement de services jugés essentiels. Si le compte n’est pas bon, les réquisitions peuvent être retoquées par le tribunal administratif. Pour l’heure, les récentes réquisitions résistent aux attaques juridiques des syndicats. La fédération CGT de la chimie (FNIC-CGT) a par exemple attaqué l’arrêté de réquisition des raffineurs de Fos-sur-mer, sans obtenir gain de cause.
Mais outre l’arme juridique, l’opiniâtreté des grévistes, qui continuent à bloquer et à tenir des piquets à proximité des raffineries, ainsi que les grèves dans les dépôts pétroliers connexes (ex : la CIM au Havre) et dans les ports, pourraient finir par avoir raison du passage en force gouvernemental. Une chose est sûre c’est que si l’on réprime la grève, c’est parce qu’elle fait peur.




