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Vincent Présumey: Contribution à la discussion
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Qu’elles qu’en soient les motivations et les arrières-motivations supposées, l’appel Organisons-nous pour construire l’alternative (lancé, de fait, par le NPA dit « B » publiant l’Anticapitaliste, Ensemble, et le groupement « Rejoignons-nous »), a le mérite d’exister. Il est évident qu’il faut discuter largement entre militants de différents secteurs et que la volonté d’une « alternative » est plus vivante que jamais, en tout cas que depuis longtemps.
Je voudrais expliciter ici les raisons pour lesquelles Aplutsoc compte y participer. La première raison est ce qui vient de se passer, le mouvement pour les retraites et contre Macron, qu’on ne saurait séparer des développements immédiats : la dissolution des Soulèvements de la terre, et, depuis cette nuit, les émeutes urbaines suite à l’assassinat policier d’un jeune.
Le texte Organisons-nous …évite de tenter réellement un bilan de ce qui vient de se passer, et peut donc, une fois n’est pas coutume pour beaucoup de ses tout premiers signataires, donner une impression d’optimisme exagéré. Ce qu’il retient c’est le renforcement des liens par les mobilisations. Il a bien raison de retenir cela ! Car « l’union grandissante des travailleurs » (vrai résultat des grèves disait le vieux Marx) est bel et bien ce qui s’est produit, avec son contenu politique, en France ces derniers mois. Mais nous n’avons pas gagné, nous avons, encore une fois, subi une défaite revendicative.
Alors, la situation, ascendante ou descendante ? Concrètement les choses ne se présentent pas ainsi. Une situation n’est que rarement tout dans un sens ou tout dans l’autre. La situation française est instable et intenable, pour ceux d’en haut comme pour ceux d’en bas. C’est pourquoi Macron frappe. Toute latence, toute attente apparente, tout temps suspendu, ont été maintenant écartés par la dissolution des Soulèvements de la terre. Ils doivent attaquer pour ne pas reculer.
Par conséquent, de larges secteurs de la jeunesse intègrent, sentent, qu’on va vers des affrontements – physiques. Que ces affrontements, comme à Sainte-Soline, vont de plus en plus porter sur la défense du vivant, contre le capital. Des grèves spontanées éclatent comme à Disneyland, ou encore, sans médiatisation, des milliers d’enseignants dans les collèges rejettent le « Pacte » que veut leur faire avaler Macron. C’est l’affrontement politique « central » qui n’a pu aboutir durant le mouvement pour les retraites qui se cherche à nouveau, directement, par divers canaux.
Nous avons un point d’accord avec la critique, qui se veut impitoyable, faite par le camarade Morsu, de cet appel : il fallait une marche sur Paris, Elysée ou Assemblée, pour le retrait, et l’intersyndicale a tout fait sauf ça – on pourrait même dire qu’elle a tout fait pour ne pas faire ça.
Mais ce point d’accord nous l’avons, du coup, aussi avec le NPA « B » qui, à un moment donné entre fin avril et fin mai, a formulé la nécessité d’une telle manifestation centrale, et même la perspective de chasser Macron et d’imposer une constituante par en bas. Ce fut, certes, assez fugitif et espérons que les camarades qui ont pris cette position s’en rappellent. Mais cela est assez rare pour être souligné. Et cela pèse, par conséquent, dans la volonté d’Aplutsoc d’être dans la discussion que le 2 juillet doit ouvrir.
Une deuxième chose pèse beaucoup pour nous, qui n’est qu’évoquée furtivement, trop furtivement, dans le texte d’appel : c’est l’Ukraine. Depuis le crime de Nova Kakhovka nous entrons dans une nouvelle phase, qui est aussi celle de la marche sur Rome avortée (la 3° Rome) de Prigojine. Ces questions doivent être mises, si l’on se veut révolutionnaire, au centre des discussions et actions en France, avant qu’elles ne s’y imposent d’elles-mêmes, par exemple en cas … d’irradiation du continent.
Nous savons que l’existence même du RESU doit beaucoup au réseau international formé par l’organisation héritière du nom de IV° Internationale, et, oui, cela pèse, cela ne peut pas ne pas être pris en compte.
Si j’ai des réserves à émettre sur le texte Organisons-nous …, que j’ai signé, c’est qu’il n’est pas assez concret de manière immédiate sur les urgences politiques et sur les urgences internationalistes. L’Ukraine est une urgence internationaliste qui, d’emblée, si on en tient compte, permet et nécessite des reclassements politiques. La situation française est une urgence politique. Précisons.
La première chose à attendre, le BA-ba mais sans cela il n’y a rien, c’est un appel à la mobilisation partout, sans préalable ni conditions idéologiques particulières, à la défense des libertés démocratiques, contre la dissolution des Soulèvements de la terre.
Ceci fait, quel est l’enjeu ici et maintenant ? Il n’est pas de préparer, et donc d’attendre, 2027, ni même 2024 (les Européennes). La question du pouvoir se pose maintenant. Elle s’est posée pendant le mouvement sur les retraites et si Macron attaque c’est parce qu’il sait qu’elle n’est pas réglée, mais que la voie de la solution est barrée par les directions mêmes des organisations et partis qui se réclament des travailleurs et de leur émancipation. Unir et centraliser les mobilisations contre lui, c’est aller vers son renversement. Cela il faut le dire.
Cela requiert, de la part de beaucoup des initiateurs du débat qui s’ouvre, de surmonter une ancienne antinomie entre « les luttes » et « les institutions ». Les luttes réelles affrontent les institutions réelles, c’est-à-dire Macron et la V° République, ses préfets, ses commissaires, ses recteurs, ses directeurs d’ARS …
C’est pour cela qu’il faut « une nouvelle force démocratique et pluraliste, pour la justice, l’égalité et la démocratie, pour les solidarités internationales … », mais ceci n’est pas un objectif « à terme ». Que veut dire « à terme » ? 2024 ? 2027 ? La fin du monde ?
Non, c’est un objectif qui se construit dans l’action commune et la discussion tout de suite, pour stopper et donc pour renverser Macron. Et c’est ainsi et pas autrement que, si on n’y est pas arrivés mais qu’on a toutefois avancé en menant cette bataille, il sera possible d’aborder les « échéances électorales » autrement qu’en passant d’un pôle de la dichotomie « les luttes et les institutions » à l’autre, justement par la formation d’une force politique visant réellement à détruire l’Etat de la V° République.
C’est pour cela, d’ailleurs, que les organisations actuelles ne « suffisent » pas. C’est pour cela que, sans chèque en blanc et en n’en demandant pas pour nous-mêmes, nous voulons être dans cette discussion.
Je dois ouvrir encore une petite parenthèse par rapport à une question soulevée par P. Morsu, celle de la thématique concernant l’ « islamophobie » et tout ce qui tourne autour. J’ai écrit bien des choses là-dessus, que je peux contresigner à nouveau. Mais jamais que l’appareil d’Etat, en France, ne serait pas raciste : car il l’est. Pas parce qu’il est « blanc », certes, parce qu’il est l’Etat, l’Etat capitaliste, l’Etat capitaliste de la V° République.
De plus, il y a l’Ukraine – oui, l’Ukraine et les camarades ukrainiens nous poussent à refonder nombre de questions pratiques et théoriques, et celles que désigne le vocable bien maladroit d’ « intersectionnalité » en font partie. Je rassure Pascal, je ne fais pas de coming out à la sauce Vatican II (lol !), mais je me base, là comme sur les autres sujets, sur la lutte des classes.
Agissons concrètement, tel est le sens de la discussion, telle est sa nécessité.
VP, le 28/06/23.




