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Coup d’état rampant
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Coup d’état rampant. Éditorial du 14 juillet 2023. – Arguments pour la lutte sociale (aplutsoc.org)

Jetons un coup d’œil sur le semestre écoulé sous l’angle du droit.
La loi Macron contre le droit à la retraite a été abusivement mise dans la catégorie « financement de la Sécurité sociale » – instaurée par le plan Juppé de 1995 : auparavant le budget de la Sécu, qui appartient aux salariés, ne relevait pas de l’État – pour pouvoir contraindre le calendrier parlementaire au moyen de l’article 47-1.
Après avoir recouru à divers artifices de procédure à l’Assemblée nationale et même au Sénat, Macron s’est engagé, contraint et forcé, vers le refus d’un vote parlementaire sur sa loi, remplacé par le recours au 49-3. A 9 députés près, compensés par les achats de votes dans le groupe LR, la motion de censure n’est pas passée, confirmant ce qui était archi-clair dans tout le pays : Macron et sa loi sont minoritaires, rejetés.
Le lundi 20 mars 2023, cette adoption de la loi minoritaire contre les retraites a vu le pays en effervescence confronté à l’irruption généralisée des violences policières, ordonnées par l’exécutif. Une nouvelle fois, après ses prestations contre les Gilets jaunes, une milice d’hommes en armes de l’appareil d’État s’est alors fait connaître contre les grévistes pour les retraites : la BRAV-M.
Le tournant violent s’est concrétisé le samedi 25 mars à Sainte-Soline, où Macron et Darmanin ont provoqué, décidé et systématisé la violence de masse, visant, au-delà de leur loi anti-retraites, à imposer la destruction des milieux de vie au compte du capital, affirmant que contre le soulèvement pour la vie, ils feraient « la guerre » – c’est leur terme.
Le 14 avril, le Conseil constitutionnel, protégé de la population par des hommes en armes, sachant qu’il disposait des moyens légaux d’invalider la loi Macron, partagé entre la peur de lui donner l’estocade et la peur de le laisser au pouvoir, a opté pour son maintien.
Le 31 mai, la « commission des Affaires sociales » de l’Assemblée nationale a réécrit une proposition de loi d’un groupe parlementaire qui abrogeait la retraite à 64 ans en retirant ce point, montrant que dans cette assemblée, les députés n’ont aucune liberté, aucun pouvoir de faire la loi.
Pendant ce temps, dans tout le pays, pleuvent les arrêtés préfectoraux interdisant les « Dispositifs Sonores Portatifs », c’est-à-dire la vaisselle et les casseroles qui accueillent chaque déplacement gouvernemental !
Pendant ce temps, dans le territoire colonial de Mayotte, Darmanin engage l’« opération Wuambushu » (d’un mot mahorais signifiant « Tuez-les » !), visant à détruire des habitations précaires et expulser les migrants ou supposés tels, en fait les plus pauvres, vers la partie indépendante et plus pauvre encore des Comores. C’est une ratonnade à grande échelle.
Le 15 juin, le gouvernement a annoncé la dissolution des Soulèvements de la terre, mouvement informel de masse de plus de 150.000 adhérents. Cette décision, vraie déclaration de guerre aux générations futures, annonce que l’exécutif veut maintenant interdire des organisations à grande échelle.
La dissolution est officialisée le 21 et précédée, la veille et l’avant-veille, de dizaines d’arrestations !
Le mardi 27 juin, un policier, formé dans la BRAV-M et médaillé pour ses exploits antérieurs, assassine le jeune Nahel à Nanterre, mais la scène est filmée et enregistrée, provoquant une protestation de masse.
Le 29 juin, à la fin de la « marche blanche » massive organisée à Nanterre, les forces dites de l’ordre provoquent délibérément des affrontements qui ne s’arrêteront plus et se généraliseront à toutes les « banlieues ».
On a alors une semaine de « violences » et d’ « émeutes » qui voient une partie de la jeunesse attaquer commissariats et bâtiments publics, et voient se former ce que ses tenants appellent par antiphrase un « arc républicain » : Macron, Ciotti, Le Pen, Cazeneuve, appelant à la répression, préconisant de punir les parents, affirmant que le problème n’est pas social, mais vient de la mauvaise éducation des jeunes qu’il faut punir énergiquement – à mot couverts ou allusifs, ces jeunes sont les « arabes ».
Combien de morts ? C’est une vraie question. C’est ainsi que l’on n’apprend qu’aujourd’hui qu’une enseignante du 93, militante CGT, a été très gravement agressée et tabassée par les hommes en armes de l’appareil d’État le 28 juin dernier
Plus encore : Macron, Darmanin, décident de n’avoir pas un mot à l’encontre des appels publics à la guerre civile armée lancés par les ligues factieuses de la police, qui ne sont pas des syndicats, « Alliance » et « UNSA-Police ». Inversement, ils lancent une campagne contre toutes celles et ceux qui n’appellent pas avant tout à la répression en les faisant passer pour des complices des violences, particulièrement contre LFI, accusée de manière ridicule de ne pas respecter l’ordre institutionnel.
Les interdictions de manifestations se multiplient. Bien que l’appel de dizaines d’organisations, titré « Le pays est en deuil et en colère », loin d’appeler à affronter l’exécutif, demande au gouvernement de « prendre ses responsabilités », plusieurs des manifestations et rassemblements appelés sur sa base sont interdits.
Les groupes de la minorité présidentielle à l’Assemblée nationale viennent de demander que les députés ayant participé à la manifestation interdite à Paris le samedi 8 juillet soient privés de leurs droits de députés. La présidente de l’Assemblée ne les aurait pas suivis, mais ceci n’est pas rassurant pour autant, car elle prétend que leur cas relève de la « justice ». Très clairement, tout député voulant faire la loi ou voulant contrôler les forces armées de l’exécutif devient, en France, un élément suspect à neutraliser, sans considération pour le vote des citoyens.
A la veille du 14 juillet, où l’invité d’honneur de Macron est le plus important chef ethno-nationaliste du monde, Narendra Modi, son meilleur client pour les armes, le ministre Darmanin déclare que doivent être interdites toutes les « manifestations ayant un lien avec les violences urbaines ». Ce « lien » est défini par M. Darmanin, lui qui a préparé et déclenché « la guerre » à Sainte-Soline puis suscité et amplifié les « violences urbaines ».
Au fait, le 14 juillet 1789, c’était quoi ? Louis XVI avait dû reculer ! Darmanin le regretterait-il ?
Probablement. Voila où nous en sommes. Mais attention : cette fuite en avant de l’exécutif Macron-Darmanin est tout le contraire d’une ascension. C’est une descente. Ils sont minoritaires, ils le savent et c’est pour cela qu’ils foncent.
Une chose est claire : eux n’attendront pas 2027. C’est dans la période immédiate que se joue la nature du régime :
- Soit le bonapartisme au carré, appuyé sur la police, les ligues factieuses, l’appareil d’État, enfonce le pays dans la dictature,
- Soit la démocratie prévaut, mais la démocratie, c’est l’affrontement avec Macron pour sa destitution et pour un changement de régime.
Le 14 juillet 2023.




